Interprétation

Publié le 22 Mars 2016

p 21 de Nous, le ciel

Dans la première moitié du poème, il y a une accumulation d'attributs du sujets choisis judicieusement : par exemple sur deux lignes ils ont tous le suffixe -able ou plus bas ils se terminent par -ique. Ainsi le poète joue avec les sons, cela donne un rythme à son poème et c'est une forme de rimes intérieures. De plus, à la première ligne, on a une paronomase : il n'y a qu'une lettre qui change entre « rage », « nage » : il joue encore avec les sons.

Tout le poème est une personnification du ciel : il est « en colère », « en larmes », « pas content », etc. C'est, en effet, indiqué par : « on dit le ciel avec les mots pour l'homme ». Chaque sentiment qui lui est associé renvoie au climat météorologique. Lorsqu’il est « en colère » ou « en rage » il y a de l'orage. Ici le poète a même peut-être choisi le mot « rage » parce qu'il rimait avec orage. Lorsqu’il est « en larmes » il pleut ou quand il est « impénétrable », il y a du brouillard, etc.

Le poète essaie de définir le ciel tout le long du poème. On peut voir que c'est difficile pour lui lorsqu'il se contredit : « le ciel est trop, pas assez, tellement trop et vraiment pas assez » : c'est délicat de définir le ciel car il est vaste, infini. Le poète le compare de plus en plus nettement à l'Homme : au départ ce n'est qu'un sous-entendu en lui attribuant les sentiments de l'Homme puis cela devient plus clair : « on dit le ciel comme on dit l'homme, on dit le ciel avec les mots pour l'homme » : on a une forme de gradation dans l'ensemble du poème.

« le ciel est contre nous, le ciel est avec nous » : lorsqu’il fait beau le ciel est avec l'homme car on préfère quand il fait beau. Donc quand le ciel est « sympathique » ou « aimable », cela peut être sous-entendu : « sympathique » ou « aimable » avec l'Homme.

L'attribut du sujet « allégorique » est utilisé car le ciel peut représenter beaucoup de choses abstraites comme Dieu, le Paradis.

« le ciel brûle ses sentiments, brûle de ses sentiments » : ici le poète se corrige en ajoutant « de » et cela n'a plus le même sens. Il joue aussi avec les différentes constructions grammaticales : il utilise un complément d'objet direct puis le transforme en complément d'objet indirect. Ainsi les sons et les constructions grammaticales permettent de jouer sur le sens.

Enfin, à la fin du poème, il ne parle plus du ciel mais de l'homme, en disant qu'il y a « tout un tas de choses » comme l'homme, et pas que le ciel. Le poète parle d'un gros large nombril qu'on étale partout ». Il fait sûrement référence aux deux expressions : être le nombril du monde et se regarder le nombril, ce qui signifie être très prétentieux. Ici il fait une sorte de dénonciation. Il veut dire que notre ego « gonfle », « grossit » et aussi que l'Homme est partout, qu'il « se colle partout sur tout ». Cela peut nous renvoyer à la page 9 qui peut aussi être comprise comme une dénonciation. Pour finir, dans ce poème, il nous compare à de la colle et utilise un langage familier avec « glu à gogo » et « à tire-larigot » : il fait sourire le lecteur et joue encore avec les sons.

Mathilde, 1ère S2

Rédigé par Mathilde 1ère S2

Publié dans #Printemps des poètes 2016 en 1ère

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