Critique Littéraire: Jayne Mansfield - Simon Libérati

Publié le 1 Mai 2012

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Une poupée de Satan.

 

Nuit du 29 juin 1967.


    Jayne Mansfield, "movie star" ou plutôt "bad movie star", droguée, alcoolique, aux nombreux amants, prêtresse au sein de l'Eglise Satanique, citée également comme cannibale par la presse, trouve la mort lors d'une collision dans sa Buick Electra bleu métallisé; à l'image d'une voiture de poupée.

 

    La poupée Jayne. Une poupée humaine aux dizaines de perruques blondes, aux multiples robes de soirée, toutes plus somptueuses les unes que les autres, qui trouve la mort comme une poupée: démembrée.

 

    C'est l'amour qui trace le destin de Jayne, qui ne fait ses choix qu'en se basant sur ses sentiments. Femme-enfant qui n'agit que sentimentalement, entre dans la vie comme l'on entre en prison: condamnée d'avance. "Imposteur et mythomane" lui disait sa mère. "Une pourriture alcoolo et bourrée de médocs" diront les critiques des années après. Simon Libérati dans Jayne Mansfield 1967 va à l'encontre de la légende autour de l'actrice, comme s'il l'avait connu, comme s'il avait été l'un de ses amants. Il a simplement compris que Jayne était incapable de faire ses propres choix. Qu'il s'agisse de ses mariages comme de ses films, de ses convictions religieuses comme de ses vêtements, elle allait naturellement à l'encontre de l'avis général.

 

    L'exemple le plus évident est Samuel Brody, celui qui partage avec Jayne ses journées et ses nuits. Samuel Brody et Jayne Mansfield, Al Capone et Marylin Monroe des décennies après. Sam, marié et avocat, entretient une liaison avec Jayne, mais pourquoi ? Sûrement pas pour son physique, car Jayne est chauve sous ses multiples perruques blondes platines, ni pour son corps, déformé, abîmé par des années de déboires. Peut-être l'apprecie-t-il pour sa personnalité d'adolescente masochiste ? Ou pour se sentir puissant face aux demandes en mariage à répétition que Jayne reçoit ? En tout cas, ce n'est pas par amour, car chaque jour Jayne s'éffondre sous les coups de son amant.

 

    En amour comme dans sa carrière, de sa relation avec Sam Brody et ses autres amants, à ses choix professionnels - elle fut représentatrice de boucheries lors de leur ouverture et "Gas Station Queen", ou " Queen of the Chihuahua Show"- Very Jane Ottaviano (son vrai nom), en veut toujours plus, toujours plus d'amants violents, et toujours plus d'argent, ce qui fini par lui pourrir la vie.

 

    C'est dans un crescendo inversé que Libérati nous conte son histoire, commençant par sa mort tragique et finissant par les moments glorieux de sa vie. Un choix d'écriture unique, pour l'histoire d'une femme si jeune, mais au corps et au coeur déjà tant abîmés par les années de sa vie tumultueuse.

 

Wendy Le Meur 1A.

Rédigé par Lettres

Publié dans #Critiques littéraires - Goncourt 2011

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