Les Evaporés – Thomas.B Reverdy

Publié le 26 Novembre 2013

les évaporés  

Un voyage vers l'inconnu

 

La douce senteur des kimonos et des fleurs de lotus, l'odeur des jardins et des bars à sushis, c'est un parfum qu'on a appris à oublier au Japon, où le désastre de Fukushima a laissé un pays dévasté et endeuillé qui peine encore à se reconstruire. Les familles brisées par la perte d'un être cher n'ont plus aucun repère, mais doivent tout de même continuer à avancer dans un territoire ravagé, sans point commun avec le pays charmant aux grandes forêts et aux magnifiques lacs qu'il était.

 

Dans la pénombre d'une ville japonaise, Kaze fuit. Il le sait, il ne reviendra pas. Il s'évapore comme on dit. Certains penseront qu'il fait preuve de lâcheté. D'autres au contraire souligneront son courage sans précédent. Yukiko, sa fille, fait partie de ceux-là. Exilée aux États-Unis, elle revient au Japon, sa terre natale, accompagnée de Richard, détective privé et ancienne conquête de la jeune femme. Ensemble ils tentent de découvrir les raisons qui ont poussé le père de Yukiko à disparaître, à tourner le dos au passé. Mais alors que l'enquête avance, les sentiments de Richard pour la jeune femme deviennent de plus en plus équivoques

 

Dans Les évaporés, Thomas.B Reverdy racontel'histoire de ces hommes qui, ne pouvant plus subvenir aux besoins de leur famille, décident de fuir. Fuir leur quotidien pour ne pas décevoir leurs proches, ou fuir pour s'assurer un avenir meilleur. Il nous montre ainsi à quel point la catastrophe de Fukushima a bouleversé la vie de ces hommes et femmes qui doivent repartir de zéro et ne plus vivre, mais survivre dans ce champ apocalyptique qu'est devenu le Japon, loin des stéréotypes que les occidentaux lui connaissent.

 

L'écriture est fluide mais déplaisante : l'action met du temps à véritablement commencer et certains chapitres sont inutiles puisqu'ils ne contiennent que des descriptions sans intérêt. Pourtant l'auteur réussit à transposer l'amour impossible et non-réciproque qu'éprouve Richard pour Yukiko et la longue et périlleuse traversée de Kaze au fin fond du Japon. Mais cela ressemble à un roman à l'eau de rose sous couverture d'enquête et les personnages ne sont pas très attachants puisque l'auteur expose davantage leur côté négatif.

 

Quelques rares passages m'ont plu, notamment ceux parlant des conséquences du raz-de-marée et de Fukushima. Néanmoins l'ensemble du roman ne m'a pas convaincu. Une sorte de critique de l'ignorance et de l'ethnocentrisme américain nous est transmise par le personnage niais et insensé de Richard. Ce dernier est présenté sous le cliché absurde et habituel de l'Américain moyen, n'allant au Japon que pour satisfaire son intérêt personnel. La fin est également très peu subtile puisqu'elle donne l'impression d'une « fin bâclée ».

 

Dommage car l'œuvre résume tout de même assez bien les dégâts qu'un mélange de nucléaire et de catastrophe naturelle peut causer sur une toute une population innocente...

 

Romain - 1L

Rédigé par Lettres

Publié dans #Critiques littéraires - Goncourt 2013

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