Lettre de Salvatore Piracci à sa femme.

Publié le 19 Avril 2013

 

Chère Maria,



Je t’écris pour t’annoncer mon départ imminent. Je pars. Où ? Je ne sais pas. Loin. De l’autre côté de la Méditerranée. Pourquoi ? Plusieurs raisons. Je me suis peut être trompé, garde côtes ce n’est pas fait pour moi. Je ne peux plus. Je ne veux plus. Voir ces innocents essayer désespérément de passer cette frontière, leurs yeux exprimant la déception la plus fatale seront gravés dans ma mémoire. Jamais je ne pourrai oublier leurs visages si tristes, si décomposés quand ils voient au loin les lumières de nos bateaux. Je ne veux plus être la cause de leur désespoir, je veux changer. Partir est la seule solution. Je souhaiterais tout oublier, recommencer une nouvelle vie. Je ne veux plus me tromper. Je pars pour me reconstruire, je veux passer de l’autre côté, changer de camp. Je veux me réveiller de ce cauchemar interminable. Qui sait ? Peut être que je vivrais heureux, ou bien peut être l’inverse, je vivrais péniblement sans personne à qui parler ni même Angelo, mais ce sera toujours moins pire que ma vie d’ici. Et puis je veux être sur d’avoir tout essayé. Cette lettre, je vais la signer, la poster, et ensuite, je partirai à l’assaut de cette mer. Sera-t-elle fatale pour moi, comme elle l’a fait pour ces nombreux clandestins ? Je n’ai rien à perdre. Je tente l’inconnu. Adieu.

SP.

 

Blandine Kervern 1A(L)

Rédigé par Lettres

Publié dans #Eldorado 1ère A (L)

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