Palladium , Boris Razon, éditions Stock, 2013.

Publié le 13 Novembre 2013

 

La métamorphose

 

Palladium est la première autobiographie écrite par Boris Razon. Il y raconte son séjour à l’hôpital et la réflexion qu'il va mener pour comprendre quand il a été condamné à ce processus de « métamorphose ».

 

Souffrant, il consulte un médecin qui lui prescrit de nombreux tests. Son état se dégrade de jour en jour jusqu'au point de non retour. A ce moment, la « métamorphose avait eu lieu. Immobile, imperturbable, impénétrable,derrière [ses] yeux paralysés, [il] était devenu le Sphinx ». La métamorphose lui demandait «  de tout lâcher : [s]on corps mais aussi les [s]iens ». Mais avant, il prend le temps de nous raconter son histoire et ses « derniers » plaisirs, la valeur des choses simples. La routine devient rassurante, l'hôpital devient le seul endroit où il se sent en sécurité.

 

Le roman débute par un compte à rebours qui démontre l'importance de ce qui va se passer. Cela donne un effet de situation irréversible. Il alimente les réflexions et les doutes mais aussi l’intérêt. L'auteur prend le temps de nous décrire ses états d'esprit. Il prend aussi pour témoin le lecteur, il s'adresse directement à lui : «  et cette peur là, mon ami, efface tout, elle raye les souvenirs d'un trait ». Le diagnostic des médecins nous ramène constamment à la réalité. Nous passons d'un monde imaginaire au monde bien réel et effrayant. Ce monde est fait d'hallucinations à la fois violentes telles que les cocktails de maladie, leurs ravages et la brutalité des propos, ainsi que la guerre qu'il va créer. Mais c'est aussi un monde merveilleux avec un carnaval coloré et des artificiers. La violence est cependant dominante : lui « boiteux, handicapé, insensible, perdu dans d'insondables abîmes, allaité par la conscience du meurtre, de la haine, de la violence, [lui] et ses putes, [lui] et ses monstres, les démons qui s'épanouissaient dans [s]on corps] sortent rescapés de ce combat. »


 

Il explique la mort et sa vision. Il raconte la présence de la maladie. Il écrit le long trajet qu'il a dû subir pour s'en sortir. Mais aussi le souhait de quitter ce monde pour ne plus supporter cette présence malsaine en lui. Et malgré sa perte d'espoir, et sa faiblesse face à la maladie, sa femme l'encourage dans ses hallucinations, sa femme le sauve. Et grâce à elle, il construit un nouveau monde, un monde de couleurs. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?

 

Comment réagir lorsqu'on nous apprend qu'il ne nous reste que peu de temps à vivre ? Que faire lorsqu'on perd tout contrôle de soi et que les médecins ne peuvent répondre à nos questions ?

 

Dans un monde sans artifice, la mort apparaît tel un spectacle coloré de costumes et de somptueux paysages. Ce sujet tabou est traité sans peur, et sans honte. Il nous explique comment réagir face à la maladie et à la mort.

 

Espoir, tristesse, manque, besoin. Tous les sentiments et le chemin suivi par les personnes hospitalisées et par leur famille sont décrits, racontés, espérés, expliqués, vécus.

 

Alison  1L

 

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Rédigé par Lettres

Publié dans #Critiques littéraires - Goncourt 2013

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