Publié le 1 Décembre 2022

Ernest Pignon-Ernest, Derrière la vitre

Ernest Pignon-Ernest, Derrière la vitre

Ernest Pignon-Ernest pratique l'art urbain : il utilise les feuilles de papier journal et dessine au fusain. Ensuite il placarde ses dessins dans la rue à des endroits choisis méthodiquement. Ses œuvres sont donc éphémères, puisqu'elles sont au contact des intempéries du quotidien.

 

L'œuvre que j'ai choisie se nomme Derrière la vitre, c'est une photographie réalisée en 1996. Elle représente une femme dans une cabine téléphonique, qui se reflète plusieurs fois sur les parois en verre.

 

Ernest Pignon-Ernest défend des idées à travers ses dessins. La photographie est à la fois sombre et lumineuse, elle se passe la nuit ; on perçoit vaguement les feux des voitures et l'éclairage public. La jeune femme semble triste, elle a la tête appuyée contre la paroi vitrée, et son reflet produit une impression d'infini, comme lorsque deux miroirs sont face à face. Ernest Pignon-Ernest a dit que « les cabines téléphoniques pouvaient être le théâtre de drames quotidiens». Chacun peut s'identifier à cette femme et à sa tristesse. Certains y verront une mélancolie liée à la maladie, d'autres à la mort, à la souffrance, aux difficultés au travail, à la famille ou à des soucis financiers.

 

L'artiste laisse la possibilité aux spectateurs d'imaginer l'histoire de cette femme. Il plante un décor triste et l'imagination des gens écrit le reste en fonction de leur propre vécu. En cela, l'œuvre est puissante car elle touche un plus grand nombre de personnes. De plus, elle est située dans un lieu très fréquenté, ce qui permet aux passants de la voir.

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Publié le 1 Décembre 2022

Véronique Méduse, Naples, 1990

Véronique Méduse, Naples, 1990

Inspirée de la mythologie grecque, l'œuvre représente le visage de la seule gorgone mortelle. Elle prend aujourd'hui une signification moderne.

Selon l’une des interprétations ancestrales de Méduse, Poséidon l’a violée dans un temple qui appartenait à Athéna, et c’est pourquoi la déesse a donné un pouvoir défensif à la Gorgone. 

L’acte cruel de Poséidon a laissé une trace sur son corps. Habituellement, elle est de couleur verte. Pourtant, dans cette représentation, elle est grise, comme si une partie d’elle s’était effacée. Seule la forme de son corps persiste, comme si son âme avait quitté l’enveloppe corporelle après l'agression du Dieu de la Mer et des Océans. Les reliefs gris du drap, blanc à l’origine, expriment l’innocence prise par l’agresseur. Si l’on observe bien l'arrière-plan, le drap est plus large en bas qu’en haut, comme si on le tirait vers le bas. C’est une allégorie du prédateur sexuel tirant sa victime vers le bas.

Aujourd’hui, Méduse tatouée sur un corps symbolise le viol. De même le point-virgule personnifie la dépression et les tentatives de suicide. Ce mythe est devenu le symbole du mouvement #MeToo ; et le compte Instagram féministe @maedusa_gorgon a pris cette déité en effigie. C’est une façon de souligner le soutien psychologique nécessaire aux victimes.

Prémonitoire, Ernest Pignon-Ernest a donné une expression de choc et de terreur à cette femme. Les victimes peuvent se reconnaître à travers Méduse et ses serpents représentés par des espèces différentes. Réagissant indépendamment les uns des autres, ils cherchent un moyen de s’échapper de cette situation : chaque personne a sa façon de réagir face à une situation aussi angoissante et terrifiante.

Ainsi, non seulement l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest rend justice à un mythe qui remonte à l’Antiquité, mais, elle peut aussi representer la parole qui s’est libérée. L’art est une arme pour argumenter. Il permet d’affronter de façon pacifique un problème et de le marquer pour les générations à venir puisqu'une œuvre persiste et peut être réinterprétée au fil du temps.

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Publié le 1 Décembre 2022

Paris 1975,  photo prise par Ernest Pignon-Ernest

Paris 1975, photo prise par Ernest Pignon-Ernest

Une femme meurt d'un avortement clandestin : elle n'a pas de qualité distincte, ses yeux sont barrés, remplacés par de la peinture noire, dégoulinante. On ne voit pas ses jambes et sa main est posée sur son ventre, au niveau de l'utérus. Elle est affaissée et nue, du sang semblant sortir de son vagin. Le fait qu'on ne puisse pas l'identifier renvoie à n'importe quel être humain de sexe féminin, sœur, femme, fille, cousine ou mère. Sa mort force à prendre parti pour une légalisation, afin de les protéger toutes.

          

Un cadre blanc entouré de tons noirs et gris l'isole. Impossible de l'ignorer. Pourtant l'homme qui passe ne la regarde pas. Il marche, tenant sa mallette à la main. Il tourne la tête, comme les hommes de l'Assemblée nationale qui votaient des lois régulant le droits des femmes à disposer de leurs corps, sans en voir les conséquences. L'installation, dans la rue, rappelle que les morts liées aux avortements clandestins se passaient dans l'espace public ou dans les domiciles.

        

La photo a été prise en 1975, juste après la loi Veil qui autorisait la contraception et l'avortement. Mais ce n'était pas remboursé, laissant la classe ouvrière démunie, si bien que les avortements clandestins et les risques de mortalité (infection, exsanguination) étaient fréquents. 

        

Par ce moyen, l'artiste rappelle aux générations suivantes la réalité d'avant la loi Veil, les morts et les blessés causés par l'ignorance des hommes. Ernest Pignon-Ernest est un militant dans sa création artistique, par sa façon de défendre les femmes et leur cause, de les mettre sous les projecteurs et de pointer l'hypocrisie sociale d'une époque. Son œuvre rappelle le passé sanglant de l'avortement. Revenir sur cet acquis pourrait mener à une nouvelle hécatombe : on n'arrête pas d'avorter, on le fait juste sans sécurité, ni aide.

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Publié le 18 Octobre 2022

Des 1ère de l’Élorn au Goncourt des lycéens
Vingt-trois élèves de 1ère du lycée de l’Élorn ont choisi un livre dans la liste du prix Goncourt des lycéens présenté à la médiathèque. | OUEST-FRANCE

Vingt-trois élèves de 1ère du lycée de l’Élorn ont choisi un livre dans la liste du prix Goncourt des lycéens présenté à la médiathèque. | OUEST-FRANCE

Cette année encore, la Région permet au lycée de l’Élorn de participer au concours de critique littéraire organisé en marge du Goncourt des lycéens.

 

Adeline Joly de la librairie Les Passagers du livre, Fanny Viale, bibliothécaire à la médiathèque et Véronique Delira, professeure-documentaliste à l’Élorn ont présenté la sélection du Goncourt 2022 à 23 élèves de 1ère générale, mardi.  Adeline Joly a expliqué l’importance de ce prix dans le paysage littéraire français puisque, parmi les 15 livres sélectionnés, l’un sera le plus vendu en France très prochainement. Elle a aussi rappelé ce qu’est le Goncourt des lycéens  ​note Christian Lardato, professeur de français à l’Élorn.

Ce prix, décerné par les lycéens eux-mêmes, permet à près de 2 000 élèves de lire et d’étudier la sélection de romans de la liste du Goncourt. Chaque élève va devoir produire  une critique du livre lu. Ils ont déjà travaillé sur le sujet à partir d’articles de presse par exemple , ​note Fanny Viale.

Parmi les livres choisis Le mage du Kremlin, de Guiliano da Empoli ou encore Les liens artificiels, de Nathan Devers.

 

Des QR codes pour entendre les critiques des lycéens

Comme les années précédentes, des critiques seront enregistrées et pourront être entendues à partir de QR codes imprimés sur des bandeaux des livres. « Ainsi les usagers du CDI, de la médiathèque ou les lecteurs de la librairie pourront découvrir ces critiques et avoir un éclairage sur les œuvres avant de les choisir », note Christian Lardato.

Pour revenir sur l'édition 2021,  la moitié des élèves a choisi de présenter cette lecture dans la deuxième partie de l’oral du bac. D’autres ont choisi le recueil de Stéphane Bouquet, le poète qu’ils ont rencontré en mars. Seuls quatre élèves ont préféré parler d’une œuvre patrimoniale. On ne peut que se réjouir de leur intérêt pour la littérature de leur temps ​.

 

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Publié dans #Critiques littéraires - Goncourt 2022

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Publié le 7 Juin 2022

Après plusieurs semaines de travail, le moment est venu d'enregistrer les poèmes de Prévert extraits de Paroles. Florilège :

Chanson dans le sang

Chez la fleuriste

Barbara

Le désespoir est assis sur un banc

La chasse à l'enfant

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Publié dans #Printemps des poètes 2022 en 2de

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Publié le 20 Mai 2022

Mercredi 18 mai : Martine Geffrault-Cadec est de retour pour un premier filage des poèmes de Prévert choisis par les élèves. Au menu, après l'échauffement de rigueur, un travail sur la répartition de la parole dans les groupes, puis les premiers essais. Une contrainte : mettre des images et une intention derrière chaque mot ou vers.

Lecture et interprétation
Lecture et interprétation
Lecture et interprétation
Lecture et interprétation

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Publié dans #Printemps des poètes 2022 en 2de

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Publié le 28 Avril 2022

La metteuse en scène Martine Geffrault-Cadec revient une nouvelle fois au lycée de l'Elorn. Première rencontre avec les élèves de 2E et de 2H à la veille des vacances de printemps. Il s'agissait de les faire réfléchir sur les enjeux de l'oral, de dépasser les peurs individuelles et de se poser des questions comme "D'où vient la voix ?", "Quelle position prendre pour qu'elle porte ?", etc.

Prochaine étape à la mi-mai pour un travail sur des poèmes extraits de Paroles de Jacques Prévert.

Première séance, un travail sur la voix
Première séance, un travail sur la voix
Première séance, un travail sur la voix
Première séance, un travail sur la voix
Première séance, un travail sur la voix

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Publié dans #Printemps des poètes 2022 en 2de

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Publié le 22 Avril 2022

Dans le cadre du programme de français, les élèves de 2E et de 2H ont travaillé sur le sonnet au XVIe siècle. Afin d'élargir l'idée que les élèves se font du genre, nous avons terminé par la traditionnelle balade poétique d'Hervé Eléouet dans les ruelles de Landerneau.

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Publié le 21 Avril 2022

Lorsqu'on entend le mot "poésie", on pense aux poèmes lyriques ou élégiaques, que nous avons pu étudier. Ils se rapportent souvent aux malheurs de la vie. Dans la balade poétique d'Hervé Eléouet, nous avons pu découvrir une approche plus légère.

Nous avons observé des alexandrins sur une boîte aux lettres ou sur des panneaux d'informations et de publicités. Par exemple : "Ne pas déposer de journaux dans cette boite". Même si le but de ces phrases est d'informer, leur forme correspond à un rythme agréable, comme dans les poèmes que nous connaissons.

Selon Hervé Eléouet, tout thème peut faire naître un poème. Il en a fait son métier. Contre deux euros, il écrit quelques vers en cinq minutes, sur un thème donné par le demandeur. 

Le mieux pour écrire un poème, c'est de regarder autour de soi. Chaque détail peut aider à le construire. Une porte, une fenêtre, des nains de jardin, un chat, etc., tout est source d'inspiration. Il nous a d'ailleurs montré plusieurs poèmes qu'il a écrits en s'arrêtant sur un parking, des places ou dans les rues.

Pour lui, un poème doit d'abord et surtout apporter de l'humour, de la vie, de l'espoir, plus que de la beauté. C'est pour cela que ce poète a toujours un poème sur lui : il le lit à voix haute, et fait sourire les personnes qu'il croise. Un humour particulier, souvent étrange, mais très divertissant.

Baptiste

Poésie et humour

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Publié dans #Printemps des poètes 2022 en 2de

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Publié le 21 Avril 2022

Hervé Eléouet nous a montré différentes manières de voir et d’écrire de la poésie :

Spontanée : Il propose des poèmes à la demande.

Imaginative : Il s’inspire de son environnement pour transformer un bout de phrase sur un mur ou un slogan en vers.

Fantaisiste : Il écrit sur n’importe quel support (panneau signalétique, rouleau de scotch…). Il conseille d’avoir toujours un poème sur soi et d’être curieux, car nous sommes entourés d’alexandrins.

Drôle et farfelue : Sa rencontre avec une poubelle l’a inspiré pour nous dire un poème composé de mots étranges.

Absurde : Il récite ses drôles de poèmes sans avoir peur du ridicule. Il s’est amusé à écrire à une marque alimentaire pour signaler que les pâtes n’avaient pas toutes la même forme.

Grâce à cette balade j’ai compris que la poésie est partout autour de nous, il faut juste être curieux pour la voir.

Ismaëlla

Un poète curieux

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