Publié le 29 Mars 2019

Edition du 29 mars 2019

Edition du 29 mars 2019

Les élèves ont accroché leurs œuvres dans la cour du lycée. (Photo DR) © Le Télégramme

Les élèves ont accroché leurs œuvres dans la cour du lycée. (Photo DR) © Le Télégramme

Cette année encore, tous les élèves du lycée de l’Élorn, à Landerneau, ont été invités à participer à « La grande lessive », une installation artistique éphémère, proposée à tous dans le monde entier, au moyen de réalisations plastiques suspendues à l’aide de pinces à linge.

Il s’agit avant tout de créer « du lien grâce à un fil », pour reprendre le credo de ses promoteurs. Ainsi, des dizaines de dessins ont été suspendus ce jeudi, permettant une rencontre entre filières générales, technologiques et professionnelles. Une occasion rare de fédérer toutes les énergies et de dépasser les clivages disciplinaires dans un lycée si vaste.

Liens avec le Fonds Leclerc

Le thème de cette édition, « De la couleur », a été proposé aux élèves des bac pro, puisque leur parcours les amène à travailler sur le graphisme et les effets de couleurs. Comme leurs camarades de seconde générale, ils ont profité de l’occasion pour rendre compte en images de leur visite de l’exposition consacrée à Riopelle et Mitchell, au Fond Hélène et Édouard Leclerc pour la culture. Des liens plus forts chaque année se tissent ainsi entre le lycée et la fondation Leclerc, permettant au plus grand nombre d’élèves d’accéder à l’art contemporain et de s’initier aux pratiques artistiques.

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Rédigé par Lettres

Publié dans #FHEL 2019, #Printemps des poètes 2019 en 2de

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Publié le 29 Mars 2019

Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA
Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA

Dessins des 2D, 2H et 2de bac pro ERA

Le thème de l'édition 2019 de la Grande lessive, De la couleur, était une invitation à s'inspirer de l'univers de Mitchell et de Riopelle, exposés au FHEL. Les élèves de 2D, de 2H et de 2de bac pro ERA l'ont bien compris. Leurs oeuvres ont été accrochées dans la cour, ce jeudi 28 mars, pour une exposition éphémère.

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Rédigé par Lettres

Publié dans #FHEL 2019, #Printemps des poètes 2019 en 2de

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Publié le 28 Mars 2019

 Hier, les élèves de 1ES du lycée de l’Elorn, à Landerneau, ont eu  le plaisir de rencontrer Lancelot Roumier, auteur du recueil Les Paroles Communes.

Hier, les élèves de 1ES du lycée de l’Elorn, à Landerneau, ont eu le plaisir de rencontrer Lancelot Roumier, auteur du recueil Les Paroles Communes.

Landerneau : Rencontre avec un poète vivant

Dans le cadre du projet « le printemps des poètes 2019 ». Lancelot Roumier un jeune poète de trente ans est venu partager son expérience poétique avec les lycéens. Ces derniers ont eu l'occasion de lui poser de nombreuses questions et de satisfaire leur curiosité poétique.

 Sa vie en tant que poète :

Le poète a grandi dans une famille aisée dans laquelle la culture était très présente, mais il n’avait pas de lien direct avec la poésie. Il a commencé à écrire ses premiers poèmes dans ses années lycée. Il fait ses débuts grâce à la publication de quelques-uns de ses extraits dans la revue Décharge. Ces publications l’ont fortement encouragé dans la poursuite de son écriture. Cependant, il ne peut pas vivre de sa poésie. Ses études, ainsi que son envie de lire et de partager ses connaissances, l’ont emmené vers le métier de libraire. Roumier assure qu’ « il n’y a pas de liens entre son métier et la poésie. Je connais d’ailleurs un paysan qui parallèlement est poète, il n’y a pas forcément de lien entre les deux. »

Pour lui, il faut lire avant d ‘écrire. Les poètes qu’il a le plus appréciés sont Yves Bonnefoy, auteur du recueil Les planches courbes, Jean Périer et Eugène Guillevic qui l’a marqué à rebours. « Un jour, une dame m’a dit que j’avais dû beaucoup m’inspirer de Guillevic car nos poèmes avaient beaucoup de points communs, ce que j'ai pu constater ».  S'il pouvait rencontrer un poète, ça serait Baudelaire car il pense que ça serait « amusant ».

 

La place de la poésie dans sa vie :

« Tout d’abord, pour moi la poésie ne sert à rien et c’est justement pour cela que j’en fais » répond-t-il quand les élèves lui demandent dans quel but il fait de la poésie. Lancelot Roumier consacre vingt heures, par semaine à l'écriture, ce qui ne l’empêche pas d’y penser à longueur de temps. Il est resté très humble lorsque lui a été demandé : « Pensez-vous devenir célèbre ? » Ou encore « Que pensez-vous apporter à la poésie ? » A cela, il a répondu qu’il n’apporte qu’un « petit cailloux » à la poésie, mais il espère pour autant que ces poèmes puissent parler à quelqu’un.

 

Son recueil Les paroles Communes :

Les Paroles Communes est son premier recueil paru en 2017. Il est composé de trois grandes parties : « Les paroles communes », « La carte des eaux » et « Album photo ».
Les élèves s’interrogeaient beaucoup sur le choix de son titre, c’était d’ailleurs une des premières questions, auxquelles il a répondu : «Mon éditeur voulait un titre plus poétique, mais je voulais absolument celui-ci  avec le mot « parole » qui est un thème central du recueil. Le mot « communes » représente les rencontres avec un lectorat à qui mon recueil allait parler et bien sûr la communauté est mon point de départ, du fait de mon séjour en Ardèche, avec mes amis ».

Par la suite, il a expliqué son choix de l’organiser en trois parties : « Les deux premières parties se sont suivies naturellement, j’y voyais une évolution logique entre les deux. Cependant je trouvais que la partie « Album photo » n’y avait pas sa place, car ce n’est pas le même projet mais mon éditeur trouvait que ça apportait quelque chose en plus, c’est donc par hasard qu’elle se retrouve ici. », dit-il en souriant.

Les élèves ont pu remarquer que le « on » était omniprésent dans le recueil et se demandaient dans quel but il était utilisé. Lancelot Roumier a répondu « pour moi, ça rejoint le titre. De plus, visuellement je trouvais que ça rendait bien et en l’utilisant je voulais parler du groupe auquel j’ai appartenu en Ardèche, je voulais m’inclure dedans ».

Dans ce recueil on peut aussi remarquer que le silence a une grande place, c’est par ailleurs le thème le plus abordé. D'après Lancelot Roumier «  Le silence n'est pas si silencieux, il exprime parfois plus de choses que la parole et est aussi très naturel. »  Ainsi, pour l’écriture de son recueil il s’est inspiré de son quotidien, ne voulant pas parler de sujets qui le dépassaient, il s’est basé sur son voyage en Ardèche qui l’a beaucoup inspiré. Au fil de la rencontre, il a partagé avec les élèves les difficultés qu’il a pu rencontrer, comme le fait d'être dans un doute permanent et de redouter la réaction de ses amis face à son recueil. Quand les élèves lui ont demandé s'il avait peur de la « page blanche » il a répondu « non car pour moi c’est quelque chose d’inévitable, ça fait partie du jeu et ce n’est pas toujours négatif ».  

Ses projets futurs :

Pour  clore cette rencontre, les élèves lui ont demandé s’il avait un nouveau projet d’écriture en cours ou un autre thème qu’il  aimerait aborder.  A cela il a répondu qu’il voudrait évoquer la fiction et en particulier son pouvoir et faire prendre conscience à ses lecteurs de l’énorme place que la fiction prend dans leur vie pour qu’ils puissent s’en méfier, quitte à en avoir peur. 

C’est donc par ces mots que s’est terminée cette belle rencontre poétique.

 

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Publié le 28 Mars 2019

Le Journal Culturel

 

Lancelot Roumier : la poésie pour enfin réussir à se parler

Et si un peu de poésie permettait de se parler, de s’écouter, de se comprendre, de se respecter et de respecter la nature ? La rencontre avec le poète Lancelot Roumier nous apporte de nombreuses réponses et un message d’espoir.

A l’heure des réseaux sociaux, dont le plus connu vient de dépasser la barre des 2 milliard d’utilisateurs, les élèves du lycée de l’Elorn, ont rencontré, le jeudi 28 Mars 2019, Lancelot Roumier, poète installé à Roscoff dans le Finistère et auteur du recueil Les paroles communes. Cette rencontre a permis d’ouvrir les yeux sur nos difficultés à réellement dialoguer, à nous écouter, à s’interroger sur le monde qui nous entoure et à prendre le temps de réfléchir à une réponse. Le poète a parfaitement synthétisé dans son recueil Les paroles communes l’importance du dialogue réel entre les individus et du respect de la nature.

 L’importance de « libérer la parole » est plus, pour Lancelot Roumier, le fruit d’une constatation que celui d’une longue réflexion. Et c’est la poésie qui s’est naturellement imposée. Il a choisi son propre style pour exprimer également les silences, le temps de l’écoute des autres, très important selon lui pour instaurer un bon dialogue.

Très modestement, l’auteur considère que « la poésie peut avoir l’air magique, mais ce n’est pas le cas ». Pourtant, dans la période perturbée due aux fortes mobilisations que nous connaissons, c’est presque par magie qu’il nous fait entrer dans son univers. Lui qui a dû enchaîner les petits boulots, bien qu’issu d’une famille aisée où la culture avait une place très importante, reconnaît que son écriture naît de manière intuitive. Les vers libres sont pour lui une forme de libération. La poésie lui permet d’exprimer ce qu’il ne pourrait pas dire autrement.

L’auteur, qui avoue passer presque tout son temps à l’écriture n’en est pas pour autant isolé du monde qui l’entoure. Son voyage en Ardèche a été une source majeure d’inspiration pour l’écriture du recueil Les paroles communes. Il a entrepris par la suite sa « guerre muette avec lui-même » pour écrire son recueil dans lequel alternent paroles et silences.

Comme si l’auteur avait envisagé la mobilisation de la jeunesse en faveur du climat, le poète crée un lien fort entre les hommes et la nature. L’eau est omniprésente dans le recueil. Elle éveille les sens. Il la considère comme une personne fragile. Lancelot Roumier revendique une place de plus en plus importante de l’écologie dans sa manière d’envisager le monde. Les doutes et difficultés qu’il rencontre dans son travail de poète se retrouvent dans ses doutes concernant l’avenir de notre planète. Il a même parfois l’impression que ce qu’il écrit ne va servir à rien . Il est bien conscient qu’« écrire c’est accepter l’incertitude d’être un explorateur »

Que Lancelot Roumier garde espoir, à la fois dans l’importance de bien communiquer et dans celui de protéger l’environnement. Les jeunes de Rennes l’ont exprimé, avec des vers et des rimes cette fois, sur une banderole lors de la Marche pour le Climat :

« Voyez-vous monsieur j’ai mal au monde

On pourrait faire mieux à chaque seconde

Vous fermez les yeux mais je l’entends qui gronde »

Marine - 03/04/19

 

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Rédigé par Marine - 1ES2

Publié dans #Printemps des poètes 2019 en 1ère

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Publié le 28 Mars 2019

“Etre à l’écoute des choses invisibles”, telle est la devise de Lancelot Roumier, poète de 30 ans originaire d’une famille plutôt aisée. Auteur contemporain, Lancelot Roumier est l’auteur du recueil Les paroles communes publié en 2017. Après avoir voyagé, de salon du livre en salon du livre, de Paris à Caen en passant par Marseille, ce poète est venu nous rencontrer un jeudi après-midi ensoleillé de mars pour nous décrire sa vision de la poésie contemporaine.

Devenu libraire après des études de littérature française contemporaine, ce jeune poète travaille dans une librairie bretonne. Anciennement professeur de français au collège, il  a côtoyé aussi l’univers scolaire et culturel une bonne partie de son existence. Libraire la journée, mais “poète pour la vie”, Lancelot Roumier ne gagne pas sa vie avec sa poésie aujourd’hui. Il aime son travail mais souhaiterait beaucoup devenir un poète “à plein temps”. Après son travail et même pendant, il imagine son propre univers poétique, et s’abreuve de toute forme artistique contemporaine pour écrire. D’abord publiés dans la revue La Décharge, ses poèmes ont conquis une maison d’édition, La Renverse. Celle-ci l’a contacté afin de les faire connaître au grand public. Les Paroles communes est un travail peaufiné sur plusieurs années, dont trois longues années de rédaction et de publication qui ont permis à l’auteur de travailler la mise en page de son recueil avec sa maison d’édition. Dans son recueil, le poète ne recherche pas le côté esthétique des poèmes, il ne recherche pas non plus à donner une morale mais plutôt une démarche. Il cherche seulement à que les lecteurs comprennent ce qu’il veut exprimer, ce qu’il veut nous confier, ce qu’il veut désespérément nous dire, à nous lecteurs. Donner un sens à ses paroles, c’est le but réel de sa poésie. Toujours à la recherche d’un nouveau projet qui donnerait un sens à sa vie, il nous dévoile une idée d’un prochain recueil qui serait porté sur la fiction et le pouvoir de la fiction pour modifier le rêve de la réalité. Il ne veut pour autant pas se presser, ni s’imposer des contraintes dans le temps, ainsi il prend son temps pour écrire et décrire la vie.

Le recueil Les Paroles Communes est composé d’une première partie “Les Paroles communes”, une seconde “La Carte des Eaux” et enfin la dernière “Album Photo”. Le titre évoque l’idée que le recueil est la retranscription de sa parole et qu’elle nous est commune à nous lecteurs. Il évoque aussi le silence qui nous est imposé et dont il veut se libérer. Grâce à ce silence non silencieux, le poète arrive à extraire des images et exprime son sentiment face à la cage qu’est le silence. En s’en libérant, on exprime tout ce que l’on a du toujours retenir. Et c’est grâce à la bouche, élément physique de la parole, que le poète parvient à s’exprimer, à faire couler la parole comme de l’eau. La partie finale, est en fait, la première section du recueil qu’il a écrite et qu’il a ajoutée à la fin à la demande de son éditeur. Là où le poète semble décrire des photographies, il décrit  en réalité des souvenirs de son voyage. Ce n’est donc pas un réel “Album Photo” comme son nom l’indique. La plupart des personnes réalisent après des vacances un album photo pour se souvenir, ici le poète souhaite nous décrire l’instant présent dont il a profité et où il n’a pas perdu de temps à prendre de photographies. L’ensemble de son recueil suit donc un fil conducteur de son voyage en Ardèche avec ses amis. Rédigé après son retour à Paris, aucun de ses amis n’a eu vent de ce livre. En effet il le trouve trop personnel pour le donner à lire à des personnes qu’il connaît et qu’il a côtoyées pendant son séjour. Mais pour autant, quelques membres de sa famille et amis l’ont apprécié et l'ont félicité pour son travail. Malgré cela, le “on” de ses amis d’Ardèche est beaucoup présent : selon lui il résume la beauté de l’endroit de ses vacances avec le rond du “o”, mais aussi l’idée du rassemblement autour de cette communauté, cette famille. Il nous avoue avoir particulièrement apprécié écrire la partie nommée “Estuaires” qui correspond à la libération de sa parole.

 

Une philosophie de vie particulière, c’est ce qui caractérise ce poète. Selon lui, “la poésie n’a rien de magique” et “elle ne sert à rien”. C’est un point de vue atypique pour un poète. Mais il nous explique, que, selon lui la poésie, n’est pas comme le travail ou encore l’école, elle n’est pas réellement utile pour nous. Il souhaite s’évader de son quotidien en traitant poétiquement des choses inutiles ou invisibles aux yeux de tous en les voyant sous un autre angle que le reste du monde. Sa vie ne serait pas intéressante s’il ne faisait que des choses utiles. Mais même si elle est jugée inutile, il aime jouer avec, l’utiliser, la modeler comme il le souhaite pour exprimer ce qu’il ressent au fond de lui. D’ailleurs sa source d’inspiration est le quotidien qui nous entoure, c’est le seul sujet dont il soit capable de parler : “je n’ai pas envie de parler de choses dont je ne saurais parler”. D’ailleurs en s’inspirant de la manière de Baudelaire, Lancelot Roumier transforme cette “bouillie” en un sujet intéressant et digne de l’attention des lecteurs.

 

Le travail d’écrivain n’est pas selon lui quelque chose qui porte une connotation de travail obligatoire négatif. Il n’y a pas de mauvais côtés dans le métier d’écrivain comme il n’y a pas que de bons côtés. C’est un métier difficile, qui demande de l’investissement et de la patience. Lancelot Roumier aime la poésie, il aime que ce soit difficile, pour avoir la satisfaction d’un travail bien fait. Lorsque l’écriture est difficile, le travail est plus long mais permet d’obtenir un résultat profond et recherché, c’est “quelque chose qui doit être creusé”. En prenant du recul sur son travail, il peut évacuer au fil du temps des paroles qui étaient restées “bloquées” dans sa gorge. Il a aussi sa propre définition personnelle de la poésie qui est un résumé de la démarche de son recueil : “la poésie permet d’exprimer ce que l’on ne peut exprimer autrement”. La parole est la clé de son œuvre. Outre la nécessité d’avoir un style d’écriture poétique développé, selon Lancelot Roumier, être un poète passe par trois étapes importantes. La première, il faut lire pour pouvoir écrire. S’il n’avait pas lu tous ces poèmes contemporains et même plus anciens, le poète n’aurait pas la culture littéraire qui transparaît dans son style d’écriture. La seconde, s’investir totalement dans la poésie tant par le temps que l’on y consacre, que par l’envie que l’on donne à le faire. C’est un choix à part entière d’écrire de la poésie selon lui, on s’y consacre ou on ne s’y consacre pas. La poésie est “un gouffre où on plonge”. Un poète doit “payer le prix à la réalité” pour pouvoir écrire dans sa vie personnelle, ce qui n’est pas facile. Un poète doit aussi faire et participer à la “guerre muette”, cette guerre que l’on fait contre nous-mêmes. On n’exprime pas ou jamais ce que l’on ressent, ce que l’on voudrait dire ou faire mais que l’on ne fait pas. Il faut “tout lâcher pour pouvoir tout dire”, exprimer et s’exprimer. Il admet tout de même que malgré sa volonté de vouloir dire ce que l’on pense il y a toujours une différence entre ce que l’on dit et ce que l’on pense réellement. Il définit cela comme de l’autocensure inconsciente, un phénomène qui nous touche tous. Il ajoute aussi que son style poétique n’est pas unique et il ne se revendique pas comme tel. D’ailleurs selon lui, la poésie n’est pas un luxe, elle est destiné à tout le monde et non à l’élite. Pour cela il utilise du vocabulaire simple, avec un message direct et immédiat comme s’il s’adressait à des enfants, qui comprennent parfois plus de choses que certains adultes... Ainsi il définit son style poétique comme “troué” car les lecteurs peuvent s’engouffrer et l’interpréter comme cela leur convient. Le silence, ennemi de la parole, mais aussi bruyant qu’elle, peut aussi s’y engouffrer ce qui lui accorde une certaine liberté d’écriture.

 

Lecteur d’auteurs contemporains, Lancelot Roumier s’inspire de légendes suédoises de Tomas Tranströmer. Il aime aussi de nombreux auteurs français tels que Yves Bonnefoy et son recueil Les Planches Courbes, ou encore Odilon Jean Périer ou Cédric Le Penven qui sont des sources d’inspiration pour lui. Le poète que Lancelot Roumier aimerait rencontrer est Baudelaire, qu’il a étudié au lycée et qui l’a profondément marqué. En s’inspirant de tous ces poètes, Lancelot Roumier enrichit son style d'écriture à chaque instant. Poète français née à Paris, ce trentenaire n’oublie pas de s’ouvrir au monde et à la culture du monde en lisant des haïkus. Grâce à ces multiples lectures au cours de sa vie, le style d’écriture du poète a évolué et s’est enrichi. Il nous avoue, en tant que jeune poète contemporain, il se considère comme qu’un “petit caillou” dans le monde poétique et dans l’histoire.

Un travail à plein temps d’être poète. Lancelot Roumier a un fonctionnement plutôt classique pour écrire ses poèmes. A l’aide d’un calepin, il note ses idées, ses poèmes tels qu’ils viennent dans sa tête. C’est en “roulant” dans la vie, dans la ville, qu’il écrit et qu’il absorbe les choses invisibles et inutiles de la vie quotidienne. Selon lui la page blanche n’est pas un problème, passer outre, c’est montrer qu'on est un véritable poète. Cette expérience de la page blanche, il l’a déjà vécue mais pour autant l’écriture chez lui est innée, les poèmes lui viennent tout seul.

Lancelot Roumier n’est pas seulement un poète dans sa bulle, dans son monde. Il est ouvert sur le monde actuel, son actualité et les enjeux politiques et écologiques de notre monde. Cette écologie a une place dans sa poésie qu’il évoque de cette manière : “on répète des routes lourdes de plastique”. Il souhaite attirer l’œil de ses lecteurs sur ses sujets d’actualité que sont la pollution ou le réchauffement climatique. Cet écologiste dans l’âme a une relation forte avec la nature, c'est un besoin pour lui d’être en contact avec elle. C’est pour cela qu’il est venu habiter à Roscoff dans le Finistère. Il évoque aussi dans son recueil, de nombreux revendications politiques sur la guerre : “on voudrait faire des guerres par lâcheté / pour pas qu’on se parle”. Selon lui, les guerres seraient évitées si le dialogue entre les pays était présent. Il utilise ainsi la poésie comme une “arme”. Il s'intéresse aussi aux autres formes d’arts tels que la musique ou la peinture qui sont aussi des formes d’inspiration.

 

Lancelot Roumier est donc un poète contemporain qui s'intéresse à notre quotidien et au monde qui nous entoure. Même s’il est parfois difficile de comprendre certaines images, il est en général plutôt facile de comprendre les idées que veut exprimer le poète. Cette rencontre nous a permis de découvrir les poèmes modernes, ce qui est plutôt intéressant. J’ai apprécié rencontrer ce jeune poète pour enrichir mes connaissances personnelles.

 

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Publié le 28 Mars 2019

Le jeudi 28 mars, nous avons eu la chance de rencontrer le poète Lancelot Roumier afin d'évoquer avec lui sa vie d'artiste et son recueil Les Paroles communes. Cette rencontre nous a permis de découvrir cet artiste contemporain. Durant 2 heures, il a pris le temps de revenir plus en détail sur son parcours d'artiste et a répondu à nos diverses questions.

Son parcours jusqu'à la poésie :

Lancelot Roumier est né dans une famille plutôt aisée. Sa mère travaillait dans les musées Parisiens. Il a grandi dans un milieu culturellement développé qui était propice à son développement artistique et à son rapprochement avec la poésie.

Il a commencé à écrire au lycée, puis il a poursuivi des études de lettres jusqu'à passer un master de littérature Française (bac+5) à Paris. Ses études, bien qu'éloignées de la poésie par leur côté académique, lui ont tout de même apporté pour sa poésie. Elles l'ont forcé à écrire beaucoup et à lire de nombreuses œuvres à travers lesquelles il a découvert différents styles.

Il parle lui-même d'un chemin long et fastidieux, mais n'a jamais abandonné. Avant de publier son recueil, il a écrit sans véritable reconnaissance pendant longtemps, en ne publiant que de petits écrits dans la revue Décharge. Il est actuellement libraire. La poésie ne lui permet pas de vivre. De plus, il a exercé d'autres métiers très différents comme professeur de français ou valet de chambre.

 

Son recueil :

Le recueil est écrit avec un style propre. Son voyage en Ardèche, qui constitue l'inspiration principale de son œuvre, n’était pas prévu comme source d'inspiration, il a écrit de mémoire à son retour. « Estuaire » est la partie qu'il a préféré écrire, car il la voit comme une ouverture, un saut au fond de soi-même, une libération. Il a justifié son choix des vers libres car il aurait trouvé dommage de se brider en s'imposant des règles strictes pour exprimer des « paroles communes ». Il a aussi exprimé sa volonté d'un texte en mouvement. En effet on peut noter une évolution au cours du recueil, mais aussi une volonté de toujours garder une certaine relation entre les textes, une cohérence dans l'écriture. Il a choisi une mise en page toujours divisée en deux, pour montrer le parallèle entre ce que l'on dit et ce que l'on ne dit pas. L'auteur a aussi exprimé le fait qu'il ne veut pas faire de morale, mais une constatation sur la libération de la parole.

Pour ce qui est du contenu, il a expliqué qu'il avait la volonté de parler du quotidien, car il trouve qu'il est suffisamment riche pour ne pas avoir besoin de se pencher sur des sujets qui le dépassent. Il a écrit ses textes avec un vocabulaire très simple, compréhensible de tous, presque enfantin. Durant tout le recueil, Lancelot Roumier traduit une volonté d'inclusion, de convivialité et de partage. Il a exprimé la volonté de créer une « communauté » fictive dans laquelle il serait inclus et où le lecteur serait considéré comme une sorte d'ami. Il installe cette notion grâce à différents procédés comme la répétition du « ON » en début de vers ou le titre « Les paroles « communes ».

Il nous a aussi apporté des éléments réponses sur la récurrence récurrents de certains mots comme « bouche » ou « eau », valeur essentielle pour la vie ce qui est à ses yeux une métaphore très importante.

La poésie pour/selon lui :

« La poésie sert à exprimer ce que l'on ne peut exprimer autrement. ». Elle est pour lui un moyen d’extérioriser, de mettre en forme des émotions qu'il ne sait pas « dire ». C'est aussi, selon lui, un moyen de voir le monde sous un autre jour, « c'est être à l'écoute de ce qui n'est pas dit ». Il évoque souvent le « regard », meilleur exemple de « paroles silencieuses ».

La poésie prend une place importante dans sa vie, il considère qu’être poète c'est un travail permanent, les idées viennent au quotidien. Cependant, Lancelot Roumier considère que la poésie n'est pas innée, c'est du travail, de l'observation, c'est faire le choix de regarder le monde sous un jour nouveau. « On ne peut pas forcer les idées » dit-il quand on le questionne sur la fameuse « page blanche » ; ce qui explique que chaque projet lui prend beaucoup de temps. Mais il se sent obligé de toujours avoir quelque chose en cours. Il ajoute aussi que si on a la passion et l'envie d'écrire la page ne reste pas longtemps blanche.

En ce qui concerne l'utilité de la poésie, il répond qu'elle ne sert à rien et que c'est pour cela que l'on s'y intéresse. « On cherche l’inutile pour ne pas s'ennuyer ». Et il nous confie que la modestie est une qualité pour un écrivain, mais qu'il espère tout de même y apporter son petit caillou.

 

Sa vie d'écrivain :

Au cours de la rencontre, il nous a parlé de sa vie de poète, de ses projets, de ses envies, de ses craintes de poète et des problèmes qu'il a pu rencontrer.

Il nous a parlé de son projet en cours. Dans celui-ci le langage n'est plus le thème principal. On y retrouvera à nouveau le thème du commun et du quotidien. Il s’intéresse cette fois à la fiction et à son pouvoir sur nos vies. Une de ses volontés serait de faire s'ouvrir les jeunes à la poésie, il est certain que la poésie contemporaine pourrait parler aux adolescents et il trouve dommage que la poésie garde un statut élitiste. En tant que poète, une de ses peurs est la réaction de ses proches dont il s'est inspiré, face à ce qu'il exprime dans ses textes.

Il a aussi pris du temps pour nous conseiller si l'on souhaitait se lancer dans la poésie, il nous a dit de lire le plus possible pour  nous imprégner de différents moyens de nous exprimer afin d'éviter toute autocensure, « chaque lecture est une arme pour libérer sa parole ». Il faut aussi être prêt à s’investir véritablement, à vivre dans l’incertitude. Pour lui le prix à payer fut le temps qu'il y a consacré.

 

Lors de la publication de son livre, il n'avait pas de réseau pour l'aider à être publié, bien que travaillant en librairie, (il s’agissait de petites enseignes et il en changeait régulièrement). Sans « contacts », il a passé beaucoup de temps avant de trouver un éditeur. Ensuite il était en désaccord, sur le titre avec son éditeur qui lui a demandé d'en changer ; mais lui ne voulait pas. Il a là aussi mis du temps à le convaincre de la logique de cette tournure du titre.

Sa manière de créer un poème :

Son inspiration, il la trouve dans le quotidien, les idées lui viennent à tout moment. Parfois il prend des notes, parfois il travaille de mémoire. Souvent, il utilise l'effet boule de neige, c'est-à-dire qu'il s’imprègne d'inspiration sur une longue période ou dans un moment très riche, puis une fois « rempli » d'inspiration, il se met à écrire. Il dit ne pas s'inspirer d'autres poètes, mais se nourrit de leurs écrits comme ceux d’Yves Bonnefoy, Odilon-Jean Périer, Thomas Vinau, Cédric Le Penven. Leurs poèmes se ressemblent étrangement alors que Lancelot Roumier n'avait pas connaissance de leur existence quand il a écrit les siens. S'il s’en inspire, ce n'est pas consciemment. Il trouve aussi son inspiration dans autres formes d'art comme le cinéma, la peinture ou le théâtre.

Il nous a donné les différentes étapes pour écrire un poème. Il dit qu'il faut accepter dans un premier temps de se laisser submerger par ses émotions, trouver la volonté de faire différemment, être à l'écoute de soi, lâcher prise, aller au fond de soi-même « plonger au fond du gouffre, et encore creuser », puis « recracher » toutes ses pensées sur une feuille. Mais le travail ne s'arrête pas là, il nous explique que le premier jet est souvent bien plus long que le texte final. La première étape est inconsciente, c'est extérioriser sans réfléchir. Ensuite, il réalise un travail conscient sur le poème. Lors de ce travail conscient, il nous a expliqué rayer de nombreuses choses, il écrit peu mais chaque mot a son importance. Il a aussi brièvement évoqué le fait que dans la partie de son recueil « Album photo », les images qu'il décrit ne sont pas véritables, il s'est inspiré d'un mélange de ses souvenirs, c'est une interprétation de la réalité.

 

Mes impressions sur la rencontre :

Durant la rencontre, Lancelot Roumier a été très accessible, il a répondu à toutes nos questions de manière simple et toujours dans une ambiance conviviale et détendue. Il n'était pas dans le jugement ou la moralisation, mais plutôt dans une optique d'encouragement à la réflexion sur la libération de la parole.

Ariane - 1 ES2

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Publié le 27 Mars 2019

Dans un article consacré aux Paroles communes, Patryck Froissart (lien) écrit ceci sur la dernière section du recueil de Lancelot Roumier :

"Album photo :

De la description brève, concise, de petites scènes triviales, comme autant de photographies çà et là prises sur le vif, le poète tire sa musique, son univers, sa parole, son rêve, son imaginaire, sa dérive, son envol.

Les photos d’exposition traduites en lettres italiques forment didascalies, brossent à gros traits des décors concrets, d’où est exclue a priori toute probabilité de vision poétique. […]

Tout est anonyme, tout semble anodin, sans caractère, sans le moindre élément spectaculaire. Pourtant, à la suite de chacun de ces tableaux en gris et en mode banal, éclate en un texte de quelques lignes une vision flamboyante. […]

Avis aux amateurs de poésie : tout est à prendre ici."

 

A partir de cette analyse, nous avons proposé l'exercice d'écriture suivant aux élèves de 1ES1 et de 1ES2 : 

Choisissez un instantané de la vie quotidienne, un paysage banal, évoquez cette image brièvement, puis écrivez quelques vers à la manière de Lancelot Roumier dans « Album photo ». Vous déposerez la photographie et le texte dans l’espace « restitution de devoirs ». Vous n’oublierez pas de citer la source de l’image si vous l’avez empruntée.

 

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Rédigé par Lettres

Publié dans #Printemps des poètes 2019 en 1ère

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Publié le 27 Mars 2019

Un vieux bateau de pêcheur au milieu du fleuve. Un grand ciel bleu. Un grand homme blond avec une salopette jaune. Un filet de pêche lancé dans les eaux. Des bateaux accostés aux alentours.

 

une barque usée par les années

des milliers de poissons

au milieu d’un calme apparent

attendent impatiemment

le regard fixe

du filet de l’homme debout

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Publié le 27 Mars 2019

Un long passage couvert de pavés devant le lycée où se retrouvent de nombreux élèves à chaque pause. Quelques minutes après la sonnerie, la fumée envahit cet espace et s’y déplacer devient compliqué. À l’image d’un plan de classe, les groupes d’amis y occupent généralement les mêmes places. Le bruit lointain et proche à la fois se mêle et forme un brouhaha durant quelques minutes.

 

auto-condamnation

couloir de la mort où se scellent les destins

9 heures 55 dix minutes de promenade.

les voix peinent à purger le silence glaçant

je lève les yeux et vois du béton

j’entends la lumière je sens l’obscurité

15 heures 25 cinq minutes de promenade

à quoi bon respirer le bien si le mal m’encercle

le maillet frappe son socle il est trop tard pour moi

désormais mon destin est également scellé

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Publié le 27 Mars 2019

Agathe-1ES2

Jour. Une fille, debout, porte des chaussures noires. Quelques routes. La fille, debout, est au téléphone, courbée, un sac sur le dos. Un panneau. Elle a des mains crispées. Derrière elle, un abri bus. Des maisons.

ton parfum dans l’attente
frissonnante
laisse transparaître
des yeux froids 
des paupières livides
tu t’éveilles en ce lieu
embaumé de nos souvenirs
d’hier 

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