Publié le 17 Mai 2013

 

    Pim découpe, Pim désosse, Pim s'enivre de l'animal et le tue. C'est une écriture fine, mais qui détaille en grandeur nature, une écriture qu'adopte Joy Sorman dans son nouveau roman intitulé Comme une bête.
    Peut-on appeler ce roman une histoire ? Pas vraiment : disons que ce livre nous plonge dans cette chute qu'est la descente vers la folie, et l'obsession de la viande dont la victime est Pim. Pim, ce jeune apprenti boucher banal, celui que l'on croise dans la rue sans y prêter attention ; Pim, à la vue duquel on ne se retourne pas.
    Dans ce roman, on lit la viande, on mange la viande, on aime la viande et celle-ci vient à nous écœurer. On est alors emporté nous aussi par la folie de la viande,  de la bête tout comme Pim, ainsi que l'auteur, qui plonge elle-même dans cette obsession. L'obsession du découpage excessif et sanguinaire de ce roman à sujet particulier. Dans ce livre, on retrouve des zestes de documentaires, d'histoires sur l'agriculture ainsi que sur le vieux métier artisanal du boucher, les pensées et les actions de notre héros sanguinaire, ainsi que celle de Joy Sorman, absorbée par son propre roman. Ce livre est un brouhaha, un écho qui perdure, qui s'amplifie mais qui reste sur le même objectif, la même idéologie : nous faire voir la viande comme on verrait un être cher. Idée saugrenue et complètement folle, mais on est vite prit au piège. On remet alors la place de l'animal dans la société : ce même animal que l'on adopte, que l'on aime, que l'on engraisse et que l'on dévore, goulûment. Aimer la bête au point de la manger ? Terrible ironie du sort.
    Lorsque l'on repose ce livre, c'est le malaise qui s'installe : qu'est-ce que l'on va manger ce soir ? Une côte de bœuf, un rôti de porc, ou bien la pauvre bête sauvagement tuée ? Et d'ailleurs, le terme « tuer » convient-il vraiment ? Ne devrions-nous pas dire « assassiner » ?
    Un livre dérangeant, qui nous retourne le cerveau, qui fait de l'Homme une espèce peu scrupuleuse face à la mort des bêtes. Un roman qui nous laisse sur notre faim.

 

 

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Comme une bête, Joy Sorman - Pauline 1A

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Publié le 17 Mai 2013

Quel Trésor !

Gaspard-Marie Janvier

 

 

Tous les livres racontent une histoire, mais chacun raconte la sienne. Elle peut être réelle ou imaginaire, mais les auteurs essaient de nous plonger dans leur aventure, dans leur univers.

« Laisse les morts enterrer les morts » ainsi débute le roman de Gaspard-Marie Janvier, paru au éditions Fayard. Au départ, le lecteur n'y voit qu'une simple phrase mais c'est aussi un passeport vers une aventure prometteuse qui vous emmène dans un monde à part.

 

Il était une fois,

Un jeune homme prénommé Blair qui, dès les premières pages, nous fait découvrir son rêve: trouver le secret de l'île au trésor. Dans cet univers ou l'argent surpasse tout espoir, Blair croit en la possibilité de sauver sa famille de la faillite. Ce personnage, habitué aux mauvaises nouvelles en cascades, est bien déterminé à prouver que la carte, qui est en sa possession, est bien celle dessinée par R.L Stevenson.

Le parallèle entre son rêve et son devoir est très étendu. Si être l'héritier d'un éditeur Écossais l'oblige à « flatter un petit paon comme s'il était le roi de la basse-cour de peur de le voir filer chez le fermier voisin », David Blair est davantage tourmenté par la succession de son père. Mais cette carte, qui aurait servit de modèle au roman « L'île au trésor », est elle une arnaque ? Ou un incroyable signe du destin ? Les experts ne sont guère optimistes pourtant la carte serait authentique à « 75% ». Mais David Blair n'est « pas assez rationaliste pour croire au hasard ». Il décide de se rendre sur L'île de Farà dans l'archipel des Hébrides en Écosse. Une île aride, ou résident des habitants peu communs qui se retrouvent chaque soir dans le « Lord of the Isles », pub et hôtel local. Une île semblable à « un paquebot échoué que ses matelots continuent d'entretenir, contre vents et marrées, attendant qu'une eau vive relâche enfin l'épave. »

 

 

    Jusque là, l'auteur nous promet une belle aventure, entourée de personnages attachants et mystérieux comme Warluis, l'aviateur Français qui « charmé par l'île et ses habitants, avait décidé d'y demeurer ». On s'attend à vivre un voyage incroyable mais quelle erreur !   

L'idée de départ est pourtant originale et épique mais, l'histoire manque de rythme. Les phrases sont, certes, courtes mais trop compliquées. Le lecteur se perd dans les anecdotes et cherche à tout prix les liens conducteurs de l'aventure dans laquelle Blair souhaite l'emmener. Malgré, des paysages enchanteurs et des scènes qui valent le détour (comme les vols en avion avec Warluis), la quête du trésor ne décolle pas du sol.

Le lecteur pense que le vent va tourner mais il reste à l'ouest. De plus, la forte présence de liens farfelues n'aident en rien la progression de l'intrigue, pourtant bien pensé. Ce roman, aux allures de récits de voyages, est principalement destiné aux garçons. Pour commencer, le livre est dédié « à tous les fils à leur père », et puis il y a les grandes descriptions ou se trouvent des « carcasses de véhicules » et autres thermes techniques.

 

Suivre les traces de Stevenson semble un travail plus dur que prévu pour l'auteur qui arrive tout de même à introduire des citations réussies comme celle qui dit que « le sombre océan, ou l'esquif s'aventure, t'épouvante et te plait ». L'acheteur hésitant lira certainement la quatrième de couverture et sera tenté de participer à cette aventure. Patience et détermination seront ses armes pour venir à bout de ce livre et de son mystère.

On admire tout de même la prise de risque prise par l'auteur. Gaspard-Marie Janvier doit en avoir que faire des mauvaises critiques: « Je les broie comme la poussière qu'emporte le vent, le les dissipe comme le fer qui ronge la rouille ».

FIN ...

 

Aziliz, 1ère A Littéraire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 17 Mai 2013

Un titre intrigant.

 

Derrière se cachent Mathieu et Libero, deux grands gamins qui ont grandi ensemble en Corse. Un jour, une décision. Ils reprennent le bar du coin qui est à la dérive. Pas si facile quand on est aussi jeune et pas assez mature, même entouré de sa famille et de ses amis. Là commencent des retours dans le passé, voyages au cours desquels on apprend à mieux connaître Marcel, touchant grand-père de Mathieu, qui nous confie une partie de sa jeunesse et de sa vie d'adulte. On fait aussi la connaisance d'Aurélie, grande soeur de Mathieu, et de l'homme qui partage sa vie. Pourtant tout nous ramène toujours au bar. Pas si féérique que ça d'ailleurs. Après la joie du début font surface disputes, tensions et règlements de compte. Mais alors pourquoi les clients sont-ils toujours là ? Pour les caresses d'Annie, les chansons de Pierre-Emmanuel, le sourire d'Izaskun ou encore la naïveté et la timidité touchante de Virgile. Pour la vie, présente dans les rires rauques et gras, pour le pastis qui coule sans fin dans les verres, pour l'amour qu'on retrouve dans certains regards, pour la haine que l'on devine dans les coups de poing quotidiennement échangés.

 

Mais alors, quel rapport avec le titre ? A vous de le découvrir. Avec une plume sans retenue, un vocabulaire cru et sans non-dits, Jérôme Ferrari nous rapporte au fil des jours tout ce qu'a vu le bar. Des scènes de vie et parfois de mort, des destins croisés, emmêlés, qui se défont parfois. Sombrant régulièrement dans le genre vulgaire, ce livre ne plaira sûrement pas à tout le monde, et sans savoir pourquoi, on sait déjà que l'auteur s'en moque. Il nous bouscule tout au long du livre, il ne nous ménage pas, nous contant des détails sordides, intimes, dérangeants, nous balance tout à la tête. Et si on n'est pas content, c'est pareil.

 

A propos du Sermon sur la chute de Rome.

Julie, 1A.

 

http://lewebpedagogique.com/ccfclujmediatheque/files/2012/12/goncourt-2012-le-sermon-sur-la-chute-de-Rome.jpeg

 


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Publié le 17 Mai 2013

Critique littéraire

 

Qui l'aurait cru ?

 

 

http://www.franceculture.fr/sites/default/files/2010/04/23/62161/images/Joy%20Sorman.jpg?1347635681

http://3.bp.blogspot.com/-aj6gOUTPXnc/UE7VGMboB4I/AAAAAAAAF4Q/adFfXzsDBN8/s1600/Comme+une+bete,+Joy+Sorman.jpg

 

Je n'aurais pas cru que cette femme très classe au sourire malicieux puisse écrire un livre aussi violent. Comment a t-elle pu nous plonger dans cette histoire de chair et de sang ? Bien qu'elle évoque un fait divers paru dans un petit journal breton parlant de viande et de drogue , les raisons pour laquelle Joy Sorman a écrit ce livre restent tout de même très mystérieuses.

 

 

On sait que dans ce livre il est question d'un adolescent , Pim. Un jeune comme un autre qui cherche simplement sa vocation,ne sachant pas que faire de sa vie. Il va la trouver dans un centre d'apprentis aux métiers de la viande. Il va devenir boucher et nous immerger dans un monde qui nous est pour la plupart étranger. Avec le héros, nous avons un tout autre regard sur ce métier, une vision de la mort depuis les coulisses devant laquelle nous restons bouche bée. Une chambre froide avec un rapport entre l'homme en blouse blanche et l'animal sanglant dépecé, allant de l'abattement à la découpe de la bête... tout y est.

 

 

Y aurait-il un moment où Joy Sorman nous accorde un répit pendant ses descriptions macabres ? Non.

L'auteur nous laisse des images marquantes jusqu'à nous faire même ressentir un dégoût certain. Un vrai apprentissage du métier en 159 pages, centralisé autour de notre guide préféré. Terroriser devant ce monde immonde, le lecteur ne peut que se réfugier derrière Pim qui lui aussi est halluciné face a cette boucherie. Cette histoire est comme l'aurait dit celui-ci « A point ». J'ai adoré ce livre malgré des passages assez durs et répugnants. « Comme une bête » ne se tracasse pas du tabou , il nous saisit. Ainsi ceux qui ont lu ce livre gardent sur leur conscience ces images carnivores. A ne pas mettre entre toutes les mains, surtout celles des végétariens.

 

 

-Comme une bête de Joy Sorman.


Léo Tanguy 1L

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Publié le 23 Avril 2013

Écriture d'invention : Avant d'embarquer pour l'Afrique, Salvatore Piracci écrit une lettre à son ex-femme pour lui expliquer les raisons qui le poussent à tout quitter et ce qu'il espère trouver de l'autre côté de la Méditerranée. Écrivez cette lettre.
 
Dans la pièce froide, les rideaux sont tirés, la cheminée éteinte. Sur les pierres grises au milieu des cendres se consument lentement sous une fumée épaisse les derniers mots.
«                                                                                      Lundi 27 Décembre 2006, Catane.
                       Chère Anna,
 
                                          Déjà tant de temps s'est écoulé depuis ton départ. Ton absence m'a plongé dans un néant d'incertitudes.
Je m'en souviens. Tu t'es d'abord éloignée, puis m'as ignoré. Je t'ai croisé lors de ma première escale à Gênes, je n'ai pas osé t'aborder. Je sais maintenant que tu m'as oublié, tu es partie depuis trop longtemps.
 
Mais aujourd'hui je pars, Anna. Je quitterai la ville dans la nuit, sans me retourner. Seuls les bruits de mes pas déterminés résonneront dans les ruelles encore éclairées. Je ferai sans regrets mes adieux à cette ville endormie qui m'a emprisonné pendant ce temps anéantit. Je monterai alors à bord du Zephiro et laisserai sur la mer déchaînée mon identité, au rythme incessant du roulement des vagues. Les flots avaleront mon nom, ce nom qui m'a si longtemps collé à la peau, qui décidait à ma place qui j'étais et résumait mon existence. Mon souffle sera pétrifié en une fumée glacée dans la nuit claire.
 
Je ne veux plus être le visage affligeant de l'Europe, mais celui de l'honnêteté et de la dignité des hommes. J'envie les regards brillants de volonté de ceux qui tentent par tous les moyens de passer, Anna. Cet espoir, il n'en existe pas de plus forts.
 
Ne te fais pas de soucis pour moi. Dans quelques heures, je ne serai qu'un homme de plus sur la route de l'Eldorado. Et alors je serai libre.
 
Salvatore       »
 
Le jour se lève. Les rainures fines des volets clos laissent passer les rayons dorés. Dans la cheminée, les cendres ont été ramassées. Il ne reste plus rien.
Charlotte 1èreL.

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Publié le 19 Avril 2013

Mardi 2 aout 2006,

 

Ce soir, les hirondelles ont disparu. Les boulevards ont été désertés et le vacarme des klaxons n'est plus qu'un lointain et douloureux souvenir. Je gare la voiture sur la place de l'indépendance. Je suis entré dans notre café, celui où je venais tous les jours. Faycal lève la tête, son regard est vide. En me voyant, il acquiesce un petit sourire triste, puis baisse la tête. Les dès sont dans sa main, il les regarde. Je choisis une des tables qui donnent sur la terrasse comme à mon habitude, comme à notre habitude. Je reste dans la pénombre du café. Les orangers sont toujours présents sur la place, je les contemple une dernière fois. Je bois mon thé. Je déguste chaque goutte avec une lenteur mesurée. Je pose de l'argent sur la table. Je lance un dernier coup d’œil à l'assemblée puis m'en vais. Mon regard en dit long sur mes pensées. Ils comprennent. J'ai peur. Peur de la maladie, de la souffrance, du noir, de la solitude, de la mort, mais j'ai surtout peur pour mon frère. Où est-il aujourd'hui ? A t-il traversé la Libye ? La Tunisie ? L’Algérie ? Il me manque. Terriblement. Je repense à tous ces moments de bonheur partagé. J'ai envie de crier de douleur mais rien ne sort. Je suis trop faible. Je suis malade. Malade de savoir mon frère loin de moi, de ne plus pouvoir sourire, de ne plus avoir aucun rêve, malade tout court. Ça me détruit, je suis maigre. Je suis épuisé. Plus personne ne veut m'approcher, je suis seul. Je ne vis plus, je suis mort à l'intérieur. Je me dirige vers la voiture. Une fois assis au volant, je pleure. Je pleure toutes les larmes de mon corps. Je décide de faire un dernier tour de la ville. Tout est si différent depuis que mon frère est parti. Tout semble vide, sans sens, sans gaité. Je contourne les jardins de la grande avenue. Je m'arrête devant une épicerie. J'achète des dattes, ce goût la va me manquer. Je les déguste une par une, je prends mon temps. Je regarde la ville tout autour de moi. Les voitures. Les arbres. Les passants. Qu'est ce que je vais devenir, qu'est ce que Soleiman va devenir ? Plus frères que jamais. A tout jamais. Je ne vieillirai pas avec lui, j'en deviens fou. «je ne veux pas te perdre», telles sont ses paroles. Il va me perdre. Mais je serai dans son coeur pour toujours. Je veillerai sur lui d'en haut. Je dois m'en aller vers mon Eldorado. Je dois abréger ma souffrance. Il comprendra. J'ai peur, j'ai froid, j'ai mal, je meurs. C'est fini. 

 

 

 

Faycal replia ce bout de papier. Il en était tout bouleversé. Il avait trouvé cette page de journal près d'un oranger, ceux que Jamal aimait tant. Cet homme, son ami avait quitté ce monde et avait laissé son rêve pour d'autres. Il savait que Jamal veillait sur son frère Soleiman, sur les clandestins et sur ceux qui rêvaient d'Europe. Faycal se rappelait du bon vieux temps où Jamal et son frère se rendaient dans son café, où leurs yeux brillaient d'espoir. Ils lui manquaient. Mais cette époque était révolue.

 

 

Julie 1ère L 

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Publié le 19 Avril 2013

 

Blandine Kervern 1A



Un mal pour un bien



Faut-il marcher à béquilles pour mieux apprécier les choses de la vie ?

C’est bien involontairement que Vassilis Alexakis se retrouve perché sur deux

cannes suite à une opération. Ce handicap lui donne le temps de mieux apprécier

la vie et notamment de tout identifier, tout analyser. En effet, ce dernier raconte

avec une certaine fantaisie « ces jours un peu longs et tristes » de sa

convalescence, réanimant les héros de son enfance comme Tarzan, Don Quichotte

et bien d’autres. Il semble vouloir combler sa solitude. Ce livre original nous explique également une crise économique et évoque son pays d’origine, la Grèce. Mais un ancien critique littéraire lui assure que « les héros de nos romans ne sont pas attachés à l’argent ». Ce roman nous fait prendre conscience que la vie est courte, qu’on en a qu’une seule et qu’il faut en profiter du mieux que l’on peut.


De quoi parle ce livre ? demande l’un des personnages. « C’est un livre sur la vie et la mort […]. Sur la santé et la maladie, le mouvement et l’immobilité, le geste et la parole. » Il continu en haussant le ton : « Le mensonge et la vérité, le rêve et la réalité, la mémoire et l’oublie, la richesse et la pauvreté, la naïveté et la ruse. »

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Publié le 19 Avril 2013

 

Chère Maria,



Je t’écris pour t’annoncer mon départ imminent. Je pars. Où ? Je ne sais pas. Loin. De l’autre côté de la Méditerranée. Pourquoi ? Plusieurs raisons. Je me suis peut être trompé, garde côtes ce n’est pas fait pour moi. Je ne peux plus. Je ne veux plus. Voir ces innocents essayer désespérément de passer cette frontière, leurs yeux exprimant la déception la plus fatale seront gravés dans ma mémoire. Jamais je ne pourrai oublier leurs visages si tristes, si décomposés quand ils voient au loin les lumières de nos bateaux. Je ne veux plus être la cause de leur désespoir, je veux changer. Partir est la seule solution. Je souhaiterais tout oublier, recommencer une nouvelle vie. Je ne veux plus me tromper. Je pars pour me reconstruire, je veux passer de l’autre côté, changer de camp. Je veux me réveiller de ce cauchemar interminable. Qui sait ? Peut être que je vivrais heureux, ou bien peut être l’inverse, je vivrais péniblement sans personne à qui parler ni même Angelo, mais ce sera toujours moins pire que ma vie d’ici. Et puis je veux être sur d’avoir tout essayé. Cette lettre, je vais la signer, la poster, et ensuite, je partirai à l’assaut de cette mer. Sera-t-elle fatale pour moi, comme elle l’a fait pour ces nombreux clandestins ? Je n’ai rien à perdre. Je tente l’inconnu. Adieu.

SP.

 

Blandine Kervern 1A(L)

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Publié le 19 Avril 2013

 

Ceuta, 13 octobre 2005

 

Je suis de nuit, ce soir. Mes compagnons et moi sommes recroquevillés dans l'abri du poste tant l'air dehors est glacial. Je ne sais pas si c'est le froid ou le vent qui engourdissent les feuillages mais tout est terriblement calme. Nous jouons aux cartes en fumant du vieux tabac payé moitié prix sur le marché. Je me prépare à passer une longue nuit à attendre. Attendre qu'un autre bateau clandestin ne sonne l'alarme et nous fasse affronter ce froid mordant.

 

L'horloge vient de sonner trois heures lorsque c'est le moment pour certains de prendre quelques heures de repos. Le camion avec de nouveaux hommes, tous reposés et en forme arrive. Je mets mon gros manteau et suit les autres à l'extérieur, délaissant les cartes éparpillées sur la table et nos cigarettes qui se consument. Je suis étonné par tant de calme, même la mer semble pétrifiée de froid, ou endormie. Nous accueillons les collègues qui arrivent, et saluons ceux qui partent.

 

Le camion redémarre et s'éloigne laissant échapper une fumée grise et une odeur d'essence. C'est alors qu'un mouvement et un cri brisent le silence de la nature et le notre avec. Je ne parviens pas à distinguer l'origine de ce cri lorsqu'une marée d'hommes, de l'autre côté, s'abat sur la grille. La mer semble avoir déversé des centaines de clandestins . Certains n'ont même plus la force d'avancer et son traînés par les autres. Ils ont la rage de vaincre et sont bien décidés à passer cette nuit.

 

Pour mes collègues et moi, c'est la panique. Notre commandant chef sort de sa cabine, et assiste, comme nous, au spectacle avant de nous hurler des ordres que nous ne percevons pas. Tellement transits par le froid et la stupeur, nous ne pouvons plus faire aucun mouvement. D'un seul coup, tout s'accélère, je sors mon pistolet de son étui et tire au hasard dans l'étendue du ciel, espérant une réaction du côté de l'armée en face de nous. Rien. Nos balles semblent ne jamais avoir été tirées.

 

Nous sommes dépassés. De l'autre côté, tout semble avoir été parfaitement orchestré, et chacun sait ce qu'il a à faire. Du nôtre, c'est le chaos. Nous avons été formés pour ça, en temps normal nous aurions réagi avec professionnalisme. Mais cette vue d'horreur me prend aux tripes et mon cerveau se bloque. Le commandant chef l'ordonne, il faut tirer.

 

Seulement je ne me sens pas prêt. Je ne peux pas. Un bon nombre de clandestins parvient aux sommets de la grille. Et la situation prend une toute autre tournure. Il y règne comme une ambiance de folie. Chacun tente de passer au détriment de l'autre. Certains se retrouvent piétinés et jetés au sol. Plus personne n'est dans aucun camp désormais. C'est l'adrénaline qui nous fait bouger. D'un geste brusque, je braque au hasard mon pistolet sur la masse en face de moi, et tire.

 

C'est à ce moment précis que je sais. Je sais que je vais tuer des maris, des pères, des enfants et des amis. Je vais tuer des semblables. Mais les ordres sont les ordres et l'homme est devenu gibier. Je tire trois balles dans la foule. Elle atteignent trois clandestins, trois Hommes, trois Frères. C'est l'instinct de survie qui prime.

 

Nous avons bloqué les forces ennemies un bon bout de temps. Lorsque que tout s'est enfin calmé. Au bilan, la moitié des Hommes d'en face ont pu passer au détriment des leurs, la plupart des autres sont morts, par nos balles ou leurs semblables et nous sommes maintenant face au reste de l'armée des clandestins, qui est vaincue. Nous nous occupons du côté administratif, identifions les victimes et les survivants. Nous estimons le nombre qu'ils étaient au départ (environ cinq cent), et ceux qui se sont échappés (deux-cent cinquante). Ceux qui sont morts (soixante-quinze) et le reste qui est là, devant nous. Le regard perdu et dépité.

 

C'était de la pure folie. Et je prends enfin conscience que stopper ces personnes qui affluent par la mer de l'autre côté du continent, ne fait qu'accroitre leur rage et leur détermination. Je suis paralysé, par la peur et l'étonnement. Plus aucun de mes membres ne répond, un de mes collègues me tire par le bras et m'entraîne à l'intérieur.

 

Nous nous retrouvons à l'endroit que nous avions quitté trois heures plus tôt. A l'exception faite que le jour s'est pratiquement levé, et que la nuit dans son départ a enveloppé le froid dans son sombre manteau et l'a emmené avec elle. Mon service prend fin dans une demi-heure. Je me laisse tomber lourdement sur la chaise où j'étais assis. Rien ne semble avoir changé. Le temps s'est suspendu à l'intérieur. Nos cartes sont dans la même position que lorsque nous les avions balancées et une odeur de tabac froid émane de nos cigarettes, dont il ne reste que des mégots et des cendres.

 

Fradin Dorine 1A (L)

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Publié le 19 Avril 2013

 

Échec et mat

 

Un grand père conte ses souvenirs , des personnages entendent , écoutent et se laissent transporter par ces réminiscences . Ce livre est une poursuite effrénée dans le but de découvrir la véritable vie d'un artiste (Duchamp) ,mais aussi une histoire de sentiments et de vie qui se déroule dans le présent .

 

Duchamp jeune artiste et amateur d'échec débarque à Casablanca , un certain 21 mai 1942 , il s'agit d'une escale pour ensuite repartir vers l'Amérique . Au cours de cette escale il se lie d'amitié avec un petit groupe d'hommes résistants , tous habitués au cercle de l'Eden , l'endroit de ces longue et fameuse heures de parties de cartes . Parmi ces hommes se trouve Zaffrani , le grand père du conteur de l'histoire ; Dans cette ville et avec ces personnes il connaitra de nombreuses péripéties et beaucoup d'inspiration poétique …

 

Nous parallèlement , lecteurs , découvrons l'histoire de la descendance de Zaffrani qui se passe à notre époque .Toby Vidal , romancier et avide d'informations sur Duchamp se rend au domicile de la descendance de Zafrani est écoute attentivement l'histoire et les anecdotes du grand père .Parallèlement un jeu de séduction à lieu entre deux acteurs de l'histoire .

 

Ce livre nous rappellent que tout ce qui est dit ou fait au cours d'une vie à une répercution sur le futur . Nous suivons et ressentons l'histoire , nous somme comme absorbé par le récit du grand- père ; un entremêlement de souvenirs et de vie écrit d'une main de maitre par Serge Bramly , Des centaines de descriptions , de petits fait , qui donnent envie de replonger dans ce superbe livre .

 

 

Romain.H

1ère A (L)

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