Publié le 26 Novembre 2013

 

1.5 kg à la Naissance


Dans Naissance, Yann Moix raconte sa venue au monde et sa venue « en » monde. Il nous transporte dans un univers décalé et rempli d’imagination. Il dresse un tableau de sa famille très original et inattendu. Au début nous nous mettons à sa place, dans le ventre de sa mère. C’est assez dérangeant car nous avons l’impression d’écouter quelque chose que nous ne devrions pas entendre. Nous partageons avec Yann Moix son histoire, celle d’un enfant maltraité et délaissé par des parents qui n’étaient pas faits pour avoir un enfant. Nous faisons aussi la connaissance de Marc-Astolphe Oh qui va être le modèle de Yann.

Ce livre est plus qu’une lecture, c’est un défi par sa taille, 1142 pages tout de même… ; et par son sujet qui est assez difficile.

Au début, le lecteur a du mal à suivre l’histoire mais au fil des pages, il se rend compte qu’il n’y a pas vraiment d’histoire à proprement dit. Moix nous entraîne dans un monde fait d’amis imaginaires, de personnages aux noms improbables, et surtout de rêves. Ce thème est bien différent des autres sujets abordés par Yann Moix dans Podium et Apprenti-juif, ses textes précédents ;  mais j’espère qu’il obtiendra autant de succès que Jubilations vers le ciel car c’est une œuvre qui mérite d’être lue, une histoire qui mérite d’être écoutée.

Quand nous lisons ce livre, nous nous rendons compte qu’il ne fallait pas moins de pages pour comprendre, car plus qu’une simple histoire, c’est le récit d’une vie.

 

Hélène, 1L

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Rédigé par Lettres

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Publié le 26 Novembre 2013

les évaporés  

Un voyage vers l'inconnu

 

La douce senteur des kimonos et des fleurs de lotus, l'odeur des jardins et des bars à sushis, c'est un parfum qu'on a appris à oublier au Japon, où le désastre de Fukushima a laissé un pays dévasté et endeuillé qui peine encore à se reconstruire. Les familles brisées par la perte d'un être cher n'ont plus aucun repère, mais doivent tout de même continuer à avancer dans un territoire ravagé, sans point commun avec le pays charmant aux grandes forêts et aux magnifiques lacs qu'il était.

 

Dans la pénombre d'une ville japonaise, Kaze fuit. Il le sait, il ne reviendra pas. Il s'évapore comme on dit. Certains penseront qu'il fait preuve de lâcheté. D'autres au contraire souligneront son courage sans précédent. Yukiko, sa fille, fait partie de ceux-là. Exilée aux États-Unis, elle revient au Japon, sa terre natale, accompagnée de Richard, détective privé et ancienne conquête de la jeune femme. Ensemble ils tentent de découvrir les raisons qui ont poussé le père de Yukiko à disparaître, à tourner le dos au passé. Mais alors que l'enquête avance, les sentiments de Richard pour la jeune femme deviennent de plus en plus équivoques

 

Dans Les évaporés, Thomas.B Reverdy racontel'histoire de ces hommes qui, ne pouvant plus subvenir aux besoins de leur famille, décident de fuir. Fuir leur quotidien pour ne pas décevoir leurs proches, ou fuir pour s'assurer un avenir meilleur. Il nous montre ainsi à quel point la catastrophe de Fukushima a bouleversé la vie de ces hommes et femmes qui doivent repartir de zéro et ne plus vivre, mais survivre dans ce champ apocalyptique qu'est devenu le Japon, loin des stéréotypes que les occidentaux lui connaissent.

 

L'écriture est fluide mais déplaisante : l'action met du temps à véritablement commencer et certains chapitres sont inutiles puisqu'ils ne contiennent que des descriptions sans intérêt. Pourtant l'auteur réussit à transposer l'amour impossible et non-réciproque qu'éprouve Richard pour Yukiko et la longue et périlleuse traversée de Kaze au fin fond du Japon. Mais cela ressemble à un roman à l'eau de rose sous couverture d'enquête et les personnages ne sont pas très attachants puisque l'auteur expose davantage leur côté négatif.

 

Quelques rares passages m'ont plu, notamment ceux parlant des conséquences du raz-de-marée et de Fukushima. Néanmoins l'ensemble du roman ne m'a pas convaincu. Une sorte de critique de l'ignorance et de l'ethnocentrisme américain nous est transmise par le personnage niais et insensé de Richard. Ce dernier est présenté sous le cliché absurde et habituel de l'Américain moyen, n'allant au Japon que pour satisfaire son intérêt personnel. La fin est également très peu subtile puisqu'elle donne l'impression d'une « fin bâclée ».

 

Dommage car l'œuvre résume tout de même assez bien les dégâts qu'un mélange de nucléaire et de catastrophe naturelle peut causer sur une toute une population innocente...

 

Romain - 1L

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Publié le 19 Novembre 2013

  Dans l'esprit d'un homme d'acier

 

 

Sosso. Koba. Staline. Le petit père des peuples. Au début du Divan de Staline, on pourrait ajouter «le jardinier», ou bien «le cultivateur de roses». Surprenant ? Certes. Dans ce roman, Jean-Daniel Baltassat nous montre Staline tel qu'il était réellement, à la fin de sa vie, en 1950. Staline est vieux, usé et à bout. Il réside alors dans sa Géorgie natale, au château de Mikhaïlovitch, entouré de serviteurs, de soldats et de politiciens de tous âges. Staline n'a pas le moral, ses « bien, bien » rassurants laissent très vite place à des «bon» de mauvais augure. Il y a bien sa maîtresse, la belle Vodieva, mais que faire de celle-ci quand les souvenirs de son ancienne amante, Nadejda Allilouïva reviennent lui tourmenter l'âme ?

 

Alors elle joue la psychanalyste et lui le patient. Les œuvres de Freud l’intéressent de plus en plus, à tel point que Staline et Vodieva reproduisent la technique de lecture des rêves du «charlatan de Vienne» sur le même divan, avec les mêmes coussins.

 

Quant au jeune artiste Danilov, il piétine. Staline ne semble pas s’intéresser à son projet d’œuvre monumentale en l'honneur du Nouveau Monde Soviétique, et le terrible homme de main Vlassik semble prendre un malin plaisir à le questionner longuement...

 

Loin du Staline fier et plein de bonhomie des affiches de propagande, on découvre un Staline acariâtre, plus humain, qui ne semble suivre les nouvelles de l'empire Soviétique qu'avec un morne désintérêt.

 

Dans ce chef-d’œuvre, Jean-Daniel Baltassat nous offre une réelle opportunité de comprendre le terrible homme d'acier. Le Divan de Staline nous plonge dans un envoûtant mélange de politique, de haine, d'intrigue mais aussi d'amour et de compassion.

 

 

Marc 1L

 

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Publié le 13 Novembre 2013

 

La métamorphose

 

Palladium est la première autobiographie écrite par Boris Razon. Il y raconte son séjour à l’hôpital et la réflexion qu'il va mener pour comprendre quand il a été condamné à ce processus de « métamorphose ».

 

Souffrant, il consulte un médecin qui lui prescrit de nombreux tests. Son état se dégrade de jour en jour jusqu'au point de non retour. A ce moment, la « métamorphose avait eu lieu. Immobile, imperturbable, impénétrable,derrière [ses] yeux paralysés, [il] était devenu le Sphinx ». La métamorphose lui demandait «  de tout lâcher : [s]on corps mais aussi les [s]iens ». Mais avant, il prend le temps de nous raconter son histoire et ses « derniers » plaisirs, la valeur des choses simples. La routine devient rassurante, l'hôpital devient le seul endroit où il se sent en sécurité.

 

Le roman débute par un compte à rebours qui démontre l'importance de ce qui va se passer. Cela donne un effet de situation irréversible. Il alimente les réflexions et les doutes mais aussi l’intérêt. L'auteur prend le temps de nous décrire ses états d'esprit. Il prend aussi pour témoin le lecteur, il s'adresse directement à lui : «  et cette peur là, mon ami, efface tout, elle raye les souvenirs d'un trait ». Le diagnostic des médecins nous ramène constamment à la réalité. Nous passons d'un monde imaginaire au monde bien réel et effrayant. Ce monde est fait d'hallucinations à la fois violentes telles que les cocktails de maladie, leurs ravages et la brutalité des propos, ainsi que la guerre qu'il va créer. Mais c'est aussi un monde merveilleux avec un carnaval coloré et des artificiers. La violence est cependant dominante : lui « boiteux, handicapé, insensible, perdu dans d'insondables abîmes, allaité par la conscience du meurtre, de la haine, de la violence, [lui] et ses putes, [lui] et ses monstres, les démons qui s'épanouissaient dans [s]on corps] sortent rescapés de ce combat. »


 

Il explique la mort et sa vision. Il raconte la présence de la maladie. Il écrit le long trajet qu'il a dû subir pour s'en sortir. Mais aussi le souhait de quitter ce monde pour ne plus supporter cette présence malsaine en lui. Et malgré sa perte d'espoir, et sa faiblesse face à la maladie, sa femme l'encourage dans ses hallucinations, sa femme le sauve. Et grâce à elle, il construit un nouveau monde, un monde de couleurs. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?

 

Comment réagir lorsqu'on nous apprend qu'il ne nous reste que peu de temps à vivre ? Que faire lorsqu'on perd tout contrôle de soi et que les médecins ne peuvent répondre à nos questions ?

 

Dans un monde sans artifice, la mort apparaît tel un spectacle coloré de costumes et de somptueux paysages. Ce sujet tabou est traité sans peur, et sans honte. Il nous explique comment réagir face à la maladie et à la mort.

 

Espoir, tristesse, manque, besoin. Tous les sentiments et le chemin suivi par les personnes hospitalisées et par leur famille sont décrits, racontés, espérés, expliqués, vécus.

 

Alison  1L

 

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Publié le 13 Novembre 2013

 

 

Couleur chocolat

 

 

           Coup de foudre : amour soudain, contre lequel on ne peut pas lutter. Le corps s'enflamme. L'esprit est hanté par une seule pensée, par un seul rêve, par un seul homme, tout le reste n'est que futilité.

           Elle est blanche, il est noir. Solange, au corps délicat, au teint clair, est irrésistiblement belle. Kouhouesso, au regard de braise, à la peau bronzée, aux cheveux tressés est incroyablement beau. Cet homme débordant de volonté n'a qu'une idée en tête : réaliser un film sur le Congo, mais «pas n'importe quel Congo, pas le petit de Brazzaville, non, le grand de Kinshasa». Ce récit n'est pas seulement une folle histoire d'amour, c'est également un choc culturel. Il nous transporte de l'univers Hollywoodien à Kribi en passant par Paris et Clèves. Il survole l’Équateur, le Gabon, le Congo, le nord de la Zambie et passe par Yaoundé. Il dévoile la splendeur et la somptuosité d'un monde inégal. Ce grand bol d'air nous transporte dans «un énorme peuple d'arbres, aussi denses qu'une mer de nuages, gonflés, ondulants, serrés, mais verts de toutes sortes».

           L'écriture délicate de Marie Darrieussecq décrit la réalité d'un monde cruel, sous un nombre incalculable de questions. Dès le début nous plongeons dans la tête de l'héroïne : «Qui était l'homme sur la photo ?», «Qui est l'homme qui la regardait, qui la regarde dans sa mémoire ?». Nous voyageons à travers les pensées de Solange, perdue dans les méandres de l'amour.

            Ne mélangez pas exaltation et passion, chocolat noir et chocolat blanc, envie et désir, amour et lubie ; car vous vous plongerez alors dans une obsessionnelle histoire de sentiments. Vous naviguerez dans une harmonie de couleurs, dans un mélange parfait.

 

Loreena, 1L

 

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Publié le 12 Novembre 2013

Un drame familial

 

« Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution. » Cette histoire est celle du célèbre Albert Einstein. Le roman de Laurent Seksik Le cas Eduard Einstein est une histoire douloureuse : l'auteur va faire resurgir un passé véridique, un drame familial emporté par la tourmente de l'histoire.

 

 

Laurent Seksik écrivain et médecin, auteur d'un précédent livre Derniers jours de Stefan Zweig, revient sur l'affaire bouleversante d'Eduard Einstein, laissé à l'abandon parmi les fous et incompris de ceux qui l'entourent. A l'âge de vingt ans, il est directement transféré à la clinique Burghölzi par sa mère Mileva, la talentueuse physicienne.

 

 

Pourquoi le célèbre génie a-t-il abandonné son fils ? Avait-il peur de se confronter à la maladie dont Eduard était atteint ? Eduard, élevé seul par sa mère Mileva, avait commencé de brillantes études de médecine avant d'être interné à l'hôpital de Zürich pour schizophrénie. Mais où était donc Albert ? Il était en exil aux États-Unis pour fuir le nazisme ; les radios diffusaient des discours de haine appelant à l'extermination des juifs, Hitler était au pouvoir. Il n'a revu son fils qu'une seule et dernière fois en 1933 et l'abandonna encore une fois.

 

 

Ce roman nous dévoile la blessure d'un fils qui n'a jamais eu de lien avec son propre père. Un fils considéré comme aliéné et irrécupérable. A travers ce récit nous remarquons que cet homme a une conscience, il comprend que son père est dérangé par sa maladie et qu'il ne peut rien faire pour lui. Albert, « Le génie », apparaît faible et lâche envers son fils. Un père distant, qui a des relations familiales difficiles. Ce roman à trois voix est intéressant et touchant, car nous pouvons nous mettre dans la peau des personnages, principalement dans celle d'Eduard. Un être à part, certes, mais avec une sensibilité malgré tout.

 

 

Chloé 1ère L

CRITIQUE

 

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Publié le 12 Novembre 2013

 

« Ici, lorsque quelqu'un disparaît on dit simplement qu'il s'est évaporé ». Ici, c'est l'Amérique. Là-bas c'est le Japon. Deux cultures, des histoires plus ou moins liées par les paysages ou bien par le sang et les sentiments. Elle, jeune japonaise s'envole vers le Japon afin de retrouver l'être disparu, l'être évaporé, son père. Lui, Richard.B, détective raté, la suit parce qu'il l'aime mais pourtant il sait qu' «on ne devrait jamais aider une ex-petite amie». Malgré tout, pour elle, leur « premier baiser est à présent un fantôme », et ses souvenirs  « s'estompent vers l'oubli ».

 

Les évaporés effacent toutes les formes d'optimismes. Après des descriptions noires et négatives Thomas B. Reverdy arrive encore à assombrir son roman. Une histoire d'amour envolé, un père disparu, une famille évaporée... Et un garçon dont l'histoire semble si sombre que nous ne ressentons rien pour lui, ni peine, ni colère... Rien... Le néant.

 

Que fait ce garçon dans ce livre?

Quel est le rapport avec l'histoire de la « jeune fille, au cheveux japonais » ?

 

Je ne sais pas. L'histoire semble être un tourbillon de mots qui finit par un trou noir, dont la compréhension s'est totalement évaporée.

 

Les personnages sont si noirs et torturés qu'il m'a été impossible de m'y attacher. L'histoire entre deux continents efface toute compréhension de cette histoire bien trop lourde. Tout se mêle, les phrases, les mots, les lieux, les personnages, les sentiments... Tous devient futile et Les évaporés nous plongent dans les abîmes de l'insensibilité.

 

 

 Océane 1L

 

Les évaporés Thomas B. Reverdy

 

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Publié le 12 Novembre 2013

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  Imagine

Imagine Boris, un jeune homme voyageant aux quatre coins de l'Europe, heureux en amour et professionnellement épanoui. Imagine ce journaliste, déjà rédacteur-en-chef d'un magazine reconnu sur le web, à tout juste vingt-neuf ans, qui réussit pratiquement tout ce qu'il entreprend. Imagine ce brillant homme, au sommet de sa vie.

Toutefois, au fil du temps, il a commencé à se plaindre de douleurs atroces, dans le dos, au ventre, au bras...

Peut-être du surmenage, ou une rupture de fatigue?

Maintenant, imagine-le allongé sur un lit, dans un coma profond, « paralysé de la tête aux pieds » pendant plusieurs semaines.

Alors prisonnier de son propre corps et victime des hallucinations de son esprit, Boris va être transporté en mer, échapper à la mort ou encore se faire enlever par des « putes japonaises ». Mais ce qui est encore plus dur à imaginer, c'est que tout ceci est une histoire vraie.

 

Si tu veux ouvrir ce palladium qui garde les blessures de l'auteur, tu vas être transporté dans un autre monde, celui de Boris Razon. Tu vas traverser avec lui les dangers, le No Man's Land de cette guerre entre la vie et la mort, pour te perdre dans les méandres de son esprit. Prépare-toi à être à bout de souffle.

Dans cette autobiographie, Boris Razon nous livre un témoignage drôle, à la fois touchant et terrifiant, bien que la lecture soit interrompue par des dossiers médicaux froids. Une fois que Palladium est ouvert, il est difficile de le refermer.

 

 

Gaëtan 1L

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Publié le 12 Novembre 2013

 

La faiblesse d'un génie.

 

Zurich 1930, le second fils d'Albert Einstein, Eduard vingt ans, est conduit à l'asile par sa mère alors qu'Albert réside à Berlin depuis plus de dix ans. Un abondon au profit de la science qu'Eduard vivra très mal tout le long de sa vie. Il développera une telle rancune pour son père qu'il en deviendra fou.

 

Laurent Seksik, écrivain et médecin revient sur le destin tragique du fils d' Albert Einstein qui finit parmi les fous, délaissé de tous, dans l'hôpital psychiatrique de Zürich. Sa mère qui l'avait élevé seule après son divorce, l'avait conduit à la clinique Burghölzi.

 

Un étrange sentiment de solitude, d'abandon de tristesse, voilà ce qu'Eduard Einstein ressent depuis des années et qu'il arrive à nous transmettre dans ce récit. Cet enfant plein de vie, très pertinent, doté d'une intelligence héréditaire s'enfonce peu à peu dans un univers obscur, lugubre. Il développe une schizophrénie dangereuse, rythmée de sautes d'humeurs, de folie, de mutilations. Une vie passée entre quatre murs et dans l'ombre constante de son père.


Ici le vrai héros est Eduard Einstein. Son intelligence est remarquable. Malgré sa folie il perçoit les choses avec beaucoup de lucidité et d'ironie «  J'ai besoin de beaucoup travailler moi, je ne suis pas Einstein ». Son seul défaut en réalité est d'être né, fils d'Einstein. Il est en permanence en compétition avec son père qui ne lui laisse pas beaucoup de répit, et qui finit par l'abandonner pour toujours. Personne ne le voit, personne ne l'écoute, personne ne le comprend, excepté sa mère, trop aimante. Sa seule interlocutrice peine à l'envoyer à l'asile, elle ne perd non pas seulement son fils, mais aussi une partie d'elle en essayant de le guérir.
Ce livre est une extrême leçon de vie pour tout le monde. Quel est le vrai problème d'Eduard ? Sa tête dérangé où son père qui le renie et qui l'a rendu ainsi ? N
ul ne le saura, Albert choisi d'abandonner son fils pour toujours et de ne jamais le revoir. « Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution » Il choisit la facilité, la fuite plutôt que la compréhension, l'amour paternel. « Revenir à Zurich serait mourir. Voir Eduard serait mourir »

 

Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik.
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Publié le 12 Novembre 2013

 

   Le danger d'un rêve


           Une chimère, une utopie, un fantasme… de l'espoir : monter Antigone. Voilà la seule ambition de Samuel Akounis. De nationalité grecque et vivant à Paris, cet homme brave a connu bien des péripéties, comme le cruel camp d'Auschwitz, avant de débarquer à Paris. Metteur en scène, il est décidé à monter Antigone au cœur de la guerre avec le Liban. Samuel ayant « trop souffert pour être malheureux » n'a pas peur de revivre dans l'Enfer de la guerre.


           Malheureusement, en 1982, une mauvaise nouvelle tombe : Samuel est atteint du cancer. Faible et en piteux état, il ordonne à son ami Georges de lui succéder en tant que metteur en scène d'Antigone. Celui-ci « jure sur [sa] fille », Louise, le plus beau cadeau pour ce jeune père, marié à sa belle Aurore, comédienne. Georges part donc au Liban. Mais comment mettre en scène une pièce dans cette boucherie sans fin ?

 

          Sorj Chalandon, auteur de Retour à Killybegs, montre la souffrance et le mal que font les hommes. C'est le récit d'une utopie imparfaite où l'Enfer côtoie le Paradis, le temps d'une pièce de théâtre, la terrible histoire d'Antigone.


         Ecriture originale, style fluide, force et émotion : ce touchant récit ne laissera aucun lecteur indifférent. Sorj Chalandon est un auteur émouvant, je dirais même bouleversant. Cette histoire n'est pas comme les autres. Certains lecteurs diront : « Encore un roman de guerre... » ; mais il suffit de tourner quelques pages pour découvrir une histoire étonnante.


 

            Malgré la guerre, les milliers de morts et les bâtiments ruinés, Georges va tout faire pour réunir ses acteurs et être digne de son ami Samuel. Le temps d'un instant, chaque spectateur oublie la guerre, oublie les armes, oublie la violence pour laisser place à un instant de paix.

 

 

          Margot 1L417qvecBc9L._.jpg

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