Publié le 19 Avril 2013

 

Blandine Kervern 1A



Un mal pour un bien



Faut-il marcher à béquilles pour mieux apprécier les choses de la vie ?

C’est bien involontairement que Vassilis Alexakis se retrouve perché sur deux

cannes suite à une opération. Ce handicap lui donne le temps de mieux apprécier

la vie et notamment de tout identifier, tout analyser. En effet, ce dernier raconte

avec une certaine fantaisie « ces jours un peu longs et tristes » de sa

convalescence, réanimant les héros de son enfance comme Tarzan, Don Quichotte

et bien d’autres. Il semble vouloir combler sa solitude. Ce livre original nous explique également une crise économique et évoque son pays d’origine, la Grèce. Mais un ancien critique littéraire lui assure que « les héros de nos romans ne sont pas attachés à l’argent ». Ce roman nous fait prendre conscience que la vie est courte, qu’on en a qu’une seule et qu’il faut en profiter du mieux que l’on peut.


De quoi parle ce livre ? demande l’un des personnages. « C’est un livre sur la vie et la mort […]. Sur la santé et la maladie, le mouvement et l’immobilité, le geste et la parole. » Il continu en haussant le ton : « Le mensonge et la vérité, le rêve et la réalité, la mémoire et l’oublie, la richesse et la pauvreté, la naïveté et la ruse. »

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Publié le 19 Avril 2013

 

Chère Maria,



Je t’écris pour t’annoncer mon départ imminent. Je pars. Où ? Je ne sais pas. Loin. De l’autre côté de la Méditerranée. Pourquoi ? Plusieurs raisons. Je me suis peut être trompé, garde côtes ce n’est pas fait pour moi. Je ne peux plus. Je ne veux plus. Voir ces innocents essayer désespérément de passer cette frontière, leurs yeux exprimant la déception la plus fatale seront gravés dans ma mémoire. Jamais je ne pourrai oublier leurs visages si tristes, si décomposés quand ils voient au loin les lumières de nos bateaux. Je ne veux plus être la cause de leur désespoir, je veux changer. Partir est la seule solution. Je souhaiterais tout oublier, recommencer une nouvelle vie. Je ne veux plus me tromper. Je pars pour me reconstruire, je veux passer de l’autre côté, changer de camp. Je veux me réveiller de ce cauchemar interminable. Qui sait ? Peut être que je vivrais heureux, ou bien peut être l’inverse, je vivrais péniblement sans personne à qui parler ni même Angelo, mais ce sera toujours moins pire que ma vie d’ici. Et puis je veux être sur d’avoir tout essayé. Cette lettre, je vais la signer, la poster, et ensuite, je partirai à l’assaut de cette mer. Sera-t-elle fatale pour moi, comme elle l’a fait pour ces nombreux clandestins ? Je n’ai rien à perdre. Je tente l’inconnu. Adieu.

SP.

 

Blandine Kervern 1A(L)

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Publié le 19 Avril 2013

 

Ceuta, 13 octobre 2005

 

Je suis de nuit, ce soir. Mes compagnons et moi sommes recroquevillés dans l'abri du poste tant l'air dehors est glacial. Je ne sais pas si c'est le froid ou le vent qui engourdissent les feuillages mais tout est terriblement calme. Nous jouons aux cartes en fumant du vieux tabac payé moitié prix sur le marché. Je me prépare à passer une longue nuit à attendre. Attendre qu'un autre bateau clandestin ne sonne l'alarme et nous fasse affronter ce froid mordant.

 

L'horloge vient de sonner trois heures lorsque c'est le moment pour certains de prendre quelques heures de repos. Le camion avec de nouveaux hommes, tous reposés et en forme arrive. Je mets mon gros manteau et suit les autres à l'extérieur, délaissant les cartes éparpillées sur la table et nos cigarettes qui se consument. Je suis étonné par tant de calme, même la mer semble pétrifiée de froid, ou endormie. Nous accueillons les collègues qui arrivent, et saluons ceux qui partent.

 

Le camion redémarre et s'éloigne laissant échapper une fumée grise et une odeur d'essence. C'est alors qu'un mouvement et un cri brisent le silence de la nature et le notre avec. Je ne parviens pas à distinguer l'origine de ce cri lorsqu'une marée d'hommes, de l'autre côté, s'abat sur la grille. La mer semble avoir déversé des centaines de clandestins . Certains n'ont même plus la force d'avancer et son traînés par les autres. Ils ont la rage de vaincre et sont bien décidés à passer cette nuit.

 

Pour mes collègues et moi, c'est la panique. Notre commandant chef sort de sa cabine, et assiste, comme nous, au spectacle avant de nous hurler des ordres que nous ne percevons pas. Tellement transits par le froid et la stupeur, nous ne pouvons plus faire aucun mouvement. D'un seul coup, tout s'accélère, je sors mon pistolet de son étui et tire au hasard dans l'étendue du ciel, espérant une réaction du côté de l'armée en face de nous. Rien. Nos balles semblent ne jamais avoir été tirées.

 

Nous sommes dépassés. De l'autre côté, tout semble avoir été parfaitement orchestré, et chacun sait ce qu'il a à faire. Du nôtre, c'est le chaos. Nous avons été formés pour ça, en temps normal nous aurions réagi avec professionnalisme. Mais cette vue d'horreur me prend aux tripes et mon cerveau se bloque. Le commandant chef l'ordonne, il faut tirer.

 

Seulement je ne me sens pas prêt. Je ne peux pas. Un bon nombre de clandestins parvient aux sommets de la grille. Et la situation prend une toute autre tournure. Il y règne comme une ambiance de folie. Chacun tente de passer au détriment de l'autre. Certains se retrouvent piétinés et jetés au sol. Plus personne n'est dans aucun camp désormais. C'est l'adrénaline qui nous fait bouger. D'un geste brusque, je braque au hasard mon pistolet sur la masse en face de moi, et tire.

 

C'est à ce moment précis que je sais. Je sais que je vais tuer des maris, des pères, des enfants et des amis. Je vais tuer des semblables. Mais les ordres sont les ordres et l'homme est devenu gibier. Je tire trois balles dans la foule. Elle atteignent trois clandestins, trois Hommes, trois Frères. C'est l'instinct de survie qui prime.

 

Nous avons bloqué les forces ennemies un bon bout de temps. Lorsque que tout s'est enfin calmé. Au bilan, la moitié des Hommes d'en face ont pu passer au détriment des leurs, la plupart des autres sont morts, par nos balles ou leurs semblables et nous sommes maintenant face au reste de l'armée des clandestins, qui est vaincue. Nous nous occupons du côté administratif, identifions les victimes et les survivants. Nous estimons le nombre qu'ils étaient au départ (environ cinq cent), et ceux qui se sont échappés (deux-cent cinquante). Ceux qui sont morts (soixante-quinze) et le reste qui est là, devant nous. Le regard perdu et dépité.

 

C'était de la pure folie. Et je prends enfin conscience que stopper ces personnes qui affluent par la mer de l'autre côté du continent, ne fait qu'accroitre leur rage et leur détermination. Je suis paralysé, par la peur et l'étonnement. Plus aucun de mes membres ne répond, un de mes collègues me tire par le bras et m'entraîne à l'intérieur.

 

Nous nous retrouvons à l'endroit que nous avions quitté trois heures plus tôt. A l'exception faite que le jour s'est pratiquement levé, et que la nuit dans son départ a enveloppé le froid dans son sombre manteau et l'a emmené avec elle. Mon service prend fin dans une demi-heure. Je me laisse tomber lourdement sur la chaise où j'étais assis. Rien ne semble avoir changé. Le temps s'est suspendu à l'intérieur. Nos cartes sont dans la même position que lorsque nous les avions balancées et une odeur de tabac froid émane de nos cigarettes, dont il ne reste que des mégots et des cendres.

 

Fradin Dorine 1A (L)

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Publié le 19 Avril 2013

 

Échec et mat

 

Un grand père conte ses souvenirs , des personnages entendent , écoutent et se laissent transporter par ces réminiscences . Ce livre est une poursuite effrénée dans le but de découvrir la véritable vie d'un artiste (Duchamp) ,mais aussi une histoire de sentiments et de vie qui se déroule dans le présent .

 

Duchamp jeune artiste et amateur d'échec débarque à Casablanca , un certain 21 mai 1942 , il s'agit d'une escale pour ensuite repartir vers l'Amérique . Au cours de cette escale il se lie d'amitié avec un petit groupe d'hommes résistants , tous habitués au cercle de l'Eden , l'endroit de ces longue et fameuse heures de parties de cartes . Parmi ces hommes se trouve Zaffrani , le grand père du conteur de l'histoire ; Dans cette ville et avec ces personnes il connaitra de nombreuses péripéties et beaucoup d'inspiration poétique …

 

Nous parallèlement , lecteurs , découvrons l'histoire de la descendance de Zaffrani qui se passe à notre époque .Toby Vidal , romancier et avide d'informations sur Duchamp se rend au domicile de la descendance de Zafrani est écoute attentivement l'histoire et les anecdotes du grand père .Parallèlement un jeu de séduction à lieu entre deux acteurs de l'histoire .

 

Ce livre nous rappellent que tout ce qui est dit ou fait au cours d'une vie à une répercution sur le futur . Nous suivons et ressentons l'histoire , nous somme comme absorbé par le récit du grand- père ; un entremêlement de souvenirs et de vie écrit d'une main de maitre par Serge Bramly , Des centaines de descriptions , de petits fait , qui donnent envie de replonger dans ce superbe livre .

 

 

Romain.H

1ère A (L)

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Publié le 19 Avril 2013

 

Un imaginaire sans frontières

 

« Je suis moi-même un personnage de roman. Je fais partie d'une histoire inachevée, voilà pourquoi j'ai encore besoin de mes béquilles. »

 

      L'Enfant Grec est le récit décalé d'une époque troublée dans la vie de l'écrivain où rien ne va plus. Le monde tourne à l'envers dans ce lieu hors du temps. Pendant que la crise économique en Grèce prend de l'ampleur, Alexakis marche grâce à ses béquilles et ce sont les marionnettes, qui n'ont pas de pieds, qui s'emparent du pouvoir.

Même si le roman écrit à la première personne possède de forts accents autobiographiques, il se présente plutôt comme un mélange absurde dans lequel les personnages qui ont bercé l'enfance du petit Vassilis sont convoqués, sans d'ailleurs que l'écrivain ne fasse très bien la différence entre le réel et l'imaginaire. Cette histoire folle est en fait une exploration magique aux descriptions précises du jardin du Luxembourg à Paris, où l'auteur est immobilisé temporairement pendant ses journées de convalescence. On fait alors un va et vient entre ce jardin et le jardin de son enfance à Callithéa en Grèce qu'il a partagée avec son frère, partit trop tôt.

     C'est fou ce que sous l'autorité d'Alexakis Vassilis le jardin près de la gare est peuplé. On y rencontre des personnages fantomatiques et des marionnettes, passant par Robinson, Tarzan, Cyrano, ou Gnafron. A peine sorti des coulisses de Guignol, on croise D'Artagnan dans les allées du jardin entraînant avec lui la belle Elvire. On a l'impression de voyager dans un subconscient, la fiction prend le pas sur la réalité. L'imaginaire du lecteur s'envole ainsi tout au long de ces pages en trouvant assez de fantaisie pour échapper à l'ennui et à la solitude qui entoure l'écrivain dont les malheurs n'intéressent plus personne, à part peut-être la dame des toilettes ou le vieux monsieur qui ressemble à Jean Valjean.

 

     Ce roman, qui rassemble tous les personnages les plus chers à l'auteur, puise en grande partie son thème dans celui de la littérature. Elle est un sujet en elle-même, un personnage. Il défend l'idée de cette littérature qui transfigure le quotidien par l'imaginaire, qui fait redécouvrir des lieux et des aventures. L'auteur plante des protagonistes et des images dans les esprits. Vassilis ne s'oublie pas à manipuler ainsi les âmes créées par d'autres.

Alors ce mélange délicieux de vivant et de fantômes ajoute du charme à ce voyage nostalgique. « La vie ne laisse guerre de place à l'imagination. »

Après avoir lu ce roman, on veut voir le monde différemment, à la façon de l'enfant grec.

 

Charlotte 1èreL.

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Publié le 19 Avril 2013

Qu'est ce qu'un monde ?

 

   C'est dans son nouveau roman Le sermont sur la chute de Rome que Jérôme Ferrari aborde ce thème. Pour cela, il choisit plusieurs fils conducteurs, plusieurs histoires illustrant la difficulté de voir ce que l'on a construit s'effondrer. Ainsi, se mêlent le discours d'Augustin à Hipone pour réconforter ses fidèles lors de la chute de Rome; la vie de Marcel Antonetti qui observa tous ses proches mouri et enfin, l'aspogée d'un bar d'un petit village Corse, repri par deux adolescents ayant abandonné de prometteuses études philosophiques, suivi de sa destruction.

 

   Se mêlents alors deux registres d'écriture différents. Le premier, représentant des images antiques et le personnage  Marcel Antonetti s'illustre par d'interminables phrases sans paragraphes ni alinéas. Le deuxième au contraire associe aux deux gérants du bar de simples phrases et la précision de scènes très crues. Au fur et à mesure du texte, les discours se succèdent de plus en plus rapidement, provoquant parfois l'incompréhension du lecteur. De qui parle-t-on ? Que s'est-il passé aux cours des pages précédentes ? On se questionne, on oublie ... Les personnages deviennent des ombres, l'histoire devient chaos. Passé, futur et présent se mélangent dans un amalgame de mots, de lettres, de sensations. Le lecteur devient seul spectateur de ces hitoires improbables.

 

   Le livre terminé, on le pose, on le range, on oublie l'histoire autant que les personnages. Mais retenons tout de même que "Pour qu'un monde nouveau naisse, il faut d'abord que meurt un monde ancien" à l'image de la Rome Antique, du monde qu'elle laissa derrière elle et de tous ceux qui ensuite naquirent.

 

 

Ona. 1ère A ( Littéraire )

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Publié le 19 Avril 2013

 

                                                                                  Le Mur.

 

 Jérusalem, rue Al-Silsita.

     Après l'attentat du onze septembre deux-mille-un, Sarah, une jeune New-yorkaise, juive, d'origine polonaise, quitte son pays avec sa mère et ses frères pour Israël. Elle nous raconte avec émotion son parcours. Elle nous transporte à travers les rues, les murs qui par leur nombre infini, parfois, font que l'on s'y perd comme dans un labyrinthe. Ses descriptions sont si complètes que l'on voyage et découvre tout ce qu'elle voit et vit comme si l'on était à sa place. On découvre, "les petites rues qui dévalent vers le Mur, les places silencieuses plantées d'oliviers au feuillage immobile, les voûtes et les arcs brisés, les volées de marches débouchant vers le vide, les façades blanches aux fenêtres grillagées surplombées de réverbères, des globes laiteux, opaques, qui absorbent la lumière, des rues composites, faites de brises de shelt et d'Orient." Ce sont ces descriptions qui nous font découvrir un monde beau et simple.

     Mais ce monde est partagé. Et cette frontière entre le Bonheur et la Guerre, se réduit à un mot: MUR.

     Derrière ce Mur, se trouve le camp. Le camp juif, celui de Sarah et Leïla.

Leïla, cette fille qui lui ressemble tant et qui pourtant semble moins présente dans l'histoire. Au fil des pages,Leïla apparaît et disparaît, volatile comme une ombre. Qui est-elle? D'où vient-elle? Pourquoi la ressemblance entre ces deux jeunes filles est si frappante? Qu'est-ce qui les sépare? Autant de questions auquel seul le livre vous permettre de répondre.

Alors lisez-le, comprenez-le et les longues phrases comme des vagues agitées vous emporteront et vous mèneront jusqu'aux réponses.

     Sarah, lors d'une sortie de l'autre côté du Mur,découvre face aux miroirs, le visage de Leïla. Elle a eu de nombreuses péripéties avant de la retrouver.

 

 

      Dans ce livre, Partages. Gwenaëlle Aubry, nous transporte dans l'histoire de deux jeunes filles à travers Israël et Jérusalem plus particulièrement. C'est une histoire émouvante et surprenante à la fois. Elle fait passer en nous tous  les sentiments que peut ressentir un être humain. Que ce soit la joie, la peur, le dégoût, l'angoisse ou la tristesse.

 

                                                                                                                                          Marie-eve, 1A.

 

 

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Publié le 3 Avril 2013

Le 27 mars, Anne Jullien a rencontré les 1E et les 1S-SI pour parler avec eux de son recueil de poèmes, Dans la tête du Cachalot.

 

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Portrait d'Anne Jullien par Ilan et Ronan (1E):

 

 

           Anne Jullien, documentaliste de métier, écrit depuis l'âge de 16 ans. D'après ses dires, elle n'a pas progressé depuis. Simple, accessible à qui veut la lire, sa poésie est pour elle une véritable «guerre», avec ses hauts et ses bas. Il faut donc se «battre» pour être édité et apprécié du lecteur. Sa plus grande victoire a été lors de la publication de son premier recueil Dans la tête du cachalot, en 2011,  alors qu'elle était âgée de 50 ans.

 

 

          Le « je » dominant ses poèmes est en fait un «je philosophique», le «je de tout le monde». En effet, elle nous a rappelé que sa couverture exprime que l'on «n'est personne et tout le monde à la fois ». Le «nous» au contraire est presque banni de son vocabulaire, car elle refuse de «parler pour les autres», son avis n'engage qu'elle. La mer est omniprésente dans ses poèmes, pourtant, elle en est terrifiée, comme si elle décidait de dompter cette peur en écrivant dessus.

 

     Sa franchise transparaît à l'intérieur de ses textes, car la poésie «cul-de-poule» la révulse : «cela ne reflète pas la réalité». Selon elle, la poésie est une interrogation du monde, écrite pour être lue, à la manière d'un «boulanger faisant du pain pour le vendre». C'est parce que sa poésie vit avant, pendant, et après un poème, qu'on retrouve peu de ponctuation au fil de ses vers. Son écriture est cathartique, grâce aux liens avec les lecteurs, et confirme ses pensées. Elle raconte qu'à défaut de s'inspirer des poètes connus, elle s'en nourrit inconsciemment. D'ailleurs elle ne définit pas comme appartenant à un mouvement littéraire particulier, mais plutôt à une mouvance. Pour elle, écrire des poèmes est vital, et c'est son seul véritable moyen d'expression, comme sa langue maternelle. Pour finir, lorsqu'on lui demande où elle trouve son inspiration, elle répond qu'elle «est partout, car tout est matière poétique».

 

 

 

Rencontre avec Anne JULLIEN

par Enora et Axelle

 

         Le 27 Mars 2013, nous avons rencontré Anne JULLIEN, poète brestoise. Elle écrit des poèmes depuis l'âge de 16-17 ans. La poésie est pour elle son mode d’expression, mais elle a rédigé quelques nouvelles, des récits et ce qu'elle appelle des « trucs ». Quand on lui demande « Pourquoi écrivez-vous des poèmes ? », elle nous répond « Je ne sais pas […] c'est ma langue, c’est vital.» La poésie la libère et confirme ce qu’elle pense et ressent. Pourtant elle n'en vit pas ; elle est documentaliste dans un collège. Le temps qu'elle met pour écrire un poème est très variable : cela peut varier de quelques minutes à plus d'un an ! En ce moment, elle écrit moins, car elle participe à beaucoup de rencontres avec des lycéens.

 

           Elle affirme ne pas appartenir à un mouvement littéraire, seul le futur et les historiens en jugeront pour elle. De nos jours, il existe beaucoup plus de poètes qu'auparavant et elle pense que les poètes d'aujourd'hui seront moins connus ; avec humour, elle nous a donné « rendez-vous dans 100 ans ». En ce moment, elle cherche une nouvelle maison d'édition car elle a encore de nombreuses œuvres à faire découvrir ! C'est pour cela qu'elle a créé un blog. Elle trouve « extraordinaires » les personnes qui lisent ses poèmes car, pour elle, c’est une vraie reconnaissance ! Ses poésies ont déjà été traduites, mais le sens peut parfois être différent dans une autre langue que le français.

 

          Son premier recueil, intitulé Dans la tête du cachalot,a été publié en 2010. C'est Anne JULLIEN qui a proposé l'image de la première de couverture. Nous y voyons la mer et une chaise vide, parce que « nous sommes tout le monde et personne ». De plus il y a un rapport avec le poème La chaise.

 

         Anne JULLIEN a eu le sens de la construction des poèmes dès ses débuts, « la technique, [elle l'a] ingurgitée. ». Elle ne réfléchit pas pour écrire des figures de style ou des accumulations, c'est instinctif. Elle utilise le pronom personnel « je », ainsi tout le monde peut s'identifier Mais elle ne veut pas utiliser le pronom personnel «on», car elle ne veut pas parler au nom de tous. Elle utilise peu de ponctuation, hormis la virgule qui permet de souffler lors de la lecture. Le point n’existe pas pour elle, car sa poésie est sans fin.

 

            Elle aime lire les poèmes d'autres poètes, mais elle ne s’inspire pas d’eux. Cependant, elle n’aime pas la poésie « cul de poule », car pour elle la poésie c’est « toujours la guerre ». Elle ne connaît pas très bien la vie de Tristan Corbière car elle « n’arrive pas à lire sa poésie ». Cependant, nous avons trouvé un lien entre le poème Pot à Pot et le poème Le crapaud de Tristan Corbière : tous deux évoquent le rossignol.

 

          Pour finir, ses poèmes n’ont jamais été choisis pour un examen ou pour être mis en chanson.

 

                                                                    Axelle et Enora - 1E


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Publié dans #Printemps des poètes 2013

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Publié le 1 Avril 2013

          Après leur rencontre avec Anne Jullien les élèves de1ES et les 1S-SI se sont livrés à un exercice de création poétique. Ils avaient deux contraintes :

-  s'inspirer de la forme des poèmes "De la mer " et "Ingénieurs et fariboles"

-  se nourrir des titres donnés par Yann Kersalé aux installations présentées au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture.

 

 

des prairies de la mer je ne connais que ces fils où je me perds

je cherche l'équilibre dans les profondeurs,

mais je tombe, je tombe.

                                            Axelle 1E

 

 

 

des profondeurs, je ne connais que le noir

et l'âme des poissons qui résonne dans le fond.  


                                                         Lorine 1E



de l'enrochement d'ombre je ne connais que le chant des pierres, 

cet écho qui résonne en silence

et la lumière de l'ombre illuminant les rochers...

                                     Lauranne 1E

 

 

 

Vésuve en colère,

Chante sa chanson

Pompéi sous la terre

Italie sans raison.

                            David 1E

 

 

 

De la Chrysalide je ne connais que les chrysanthèmes chronophages à valeur de chrysolite ou de chrysomède

                     Pierre 1E

 

 

 

de la chrysalide je ne connais que la construction

amoncellement d'étoiles

dont la lune serait le point central.

                             Pierre-Louis 1E

 

 

 

du chaos de feu je ne connais que les reflets

les courbes

mais pas les brasiers

ni le foyer ni les cendres mortes

s'écoulant dans l'air

comme le sable annonce la nuit

 

          Vincent 1E

 

 

 

aujourd'hui je vais prendre la parole

pour dire les profondeurs

je ne crois pas aux lueurs sombres

je crois en la pensée abyssale

 

je ne crois pas à l'obscurité

je crois tout simplement à la Voie lactée.

 

David 1E

 

 

du chaos de feu je ne connais que

la flamboyante cacahuète

un enfer sans flamme

un enfer sans âme

   

                                                                 Clément 1E


 

de sous l'eau je ne connais que la profondeur,
l'écho des vagues
les poissons nageant dans l'hadal

                                             Maïwenn 1E

 

 

 

De l'appel du large je ne connais que

  l'attente d'être à terre

De l'appel du large je ne connais que

  l'attente du prochain départ

De l'appel du large,

  j'ai fait ma vie.

                                                          Quentin 1E  

 

 

 

 

  De l'appel du large, je ne connais que les profondeurs infinies

qui accueillent les créatures les plus étranges et les plus extraordinaires...

  De l'appel du large, je ne distingue que l'horizon infini

  Puis, je sens le vent qui chatouille tendrement mon visage...

 

                                                              Yann 1E

 

 

           Une petite voix me dit

           Le Vide. 

                                           Enora 1E

 

 

 

de la dorsale des vents 

balise avant les abysses

je ne connais que

le conflit sans fin

la guerre fratricide et millénaire entre deux mondes

le roulis des galets et la puissance de la terre

affrontent les étalons blancs des vagues

qui s'entrechoquent avec fracas

tourbillons de fureur déchaînée

                                                       Ilan 1E

               

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Publié dans #Printemps des poètes 2013

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Publié le 25 Mars 2013

         Guidés par Hervé Eléouet, les élèves de 2A et de 2F ont fait une balade poétique dans Landerneau, les uns sous sous la neige, les autres un soleil radieux.

 

 

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            Les 2F, près de l'église de Saint Houardon,

prétexte à la lecture du Notre Père de Prévert


 

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            Même lieu avec les 2A...

 

Pater Noster


Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l'Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Eparpillées
Emerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles
Et qui n'osent se l'avouer
Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons.


Jacques Prévert

 


    Chaque halte devient l'occasion d'entendre des poèmes célèbres - ou pas. Il s'agit surtout d'apprendre à regarder le monde qui nous entoure...


 

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Parfois un alexandrin se cache sur une inscription ou une affiche publicitaire...

 

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  ... qui stimulent la plume du poète :

 

C’est le mois du bébé chez votre pharmacien
Ils sont à moitié prix, chacun voudra le sien
Il faut en profiter ! Chez le marchand de jouets
Jusqu’à mardi prochain c’est le mois du hochet

 

                                              Hervé Eléouet

 

 

      A partir de ce qu'il observe dans un parking en travaux, Hervé Eléouet compose le petit texte suivant :

 

Landerneau n’est pas Deauville
Sachez que c’est une ville
Où l’on marche sans façon
Merci de votre compréhension
Un chat dort à la fenêtre
Il a le coeur gros de n’être
Pas blotti dans son chausson
Merci de votre compréhension
Et la vierge dans sa niche
Se sent comme une potiche
Au pignon de la maison
Merci de votre compréhension
Au ciel passe un gros nuage
C’est qu’on y fait le ménage
 
Une éponge est au plafond
Merci de votre compréhension
Au sol dorment les voitures
Rangés en sages figures
Leur parking est en béton
Merci de votre compréhension
Landerneau n’est pas Deauville
Sachez que c’est une ville
Où l’on marche sans façon
Merci de votre compréhension

 
Hervé Eléouet

 

Maintenant, c'est aux élèves d'inventer leur balade et de la mettre en mots...


  Le blog d'Hervé Eléouet : http://hucheapain.free.fr/spip.php?article324

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