Atelier d'écriture poétique, 2007-2008, page 1

Publié le 31 Mai 2008

            Dans le cadre d’un projet Karta financé par la région Bretagne et le lycée de l’Elorn, les élèves de 2A et de 2B ont travaillé sur le livre et la création littéraire contemporaine.

            Dans cette perspective, ils ont rencontré un certain nombre d’acteurs du monde de l’édition et des bibliothèques : invitation à la bibliothèque d’étude de Brest où ils ont été reçus par le conservateur, M. Le Tocquer, et visite de l’imprimerie éditoriale Cloître à Saint Thonan.

 

            Ils ont aussi participé au projet Voix d’aujourd’hui organisé par le CDDP de Brest. Ils ont rencontré le poète Linda Maria Baros dont ils ont lu le recueil La Maison en lame de rasoir.

 

            A leur tour, ils se sont lancés dans la création poétique et plastique autour du thème de la maison, qu’ils ont évoqué en l’associant à une matière de leur choix. Les travaux ici présentés sont le fruit de plusieurs réécritures.


Ma maison en terre
  


Ma maison me rappelle les odeurs épicées et fruitées de mon pays,

Elle vit dans un fouillis constant, mais les gens paraissent contents.

Autour de ma maison s'érigent les barrières où règne le malheur. 
 

Ma maison est un refuge d'argile.

A l'aube, on pourrait croire qu'elle a disparu

Et au crépuscule on dirait qu'elle s'est enfuie.
 

Quand on s'y promène, c'est comme si on se promenait dans mon cœur :

Il y a des larmes, des cris, mais aussi des sourires.

Elle est comme le ciel, imprévisible et mystérieuse.

Elle est aussi magique que n'importe quelle étoile,

Elle brille, réchauffe et fait rêver ses habitants,

Elle est étrange et passionnante à la fois, 
 

Ma maison est comme un être humain :

Elle n'a pas choisi ses origines ses couleurs ni sa culture ;

Elle peut-être noire ou blanche, sucrée ou salée,

Mais ce que je sais, c'est qu'elle est en Terre d'Afrique

 Mathilde - 2B

 




































La bonbonnière cousue de couleurs


C’est l’endroit que tu préfères,

                                                            n’est-ce pas ?

Bonbonnière aux murs couleur chocolat

                                         semblable au paradis

                                          paix et tranquillité

                                          tu t’y réfugies

                                     afin de rendre tes armes

                                     dans ta chambre couleur

                                                                   parme.

 

                                                                    Tu sors, tu t’aères. 

                                                                     tu la quittes pour aller mieux

                                                                     elle n’est pas rancunière

                                                                      la petite pièce

                                                                                      bleue.

 

La porte sera toujours ouverte

Sans goût amer d’abandon

Tu ne la laisseras pas tomber

                                tant que ses fenêtres vertes

                                éclaireront tes journées

                                tu la nourriras de bonheur

                                                                et d’amitié.

 

                                                                        Manteau cousu de mille couleurs

                                                                                                                   ensoleillées

                                                                        Arc-en-ciel de toute enfance

                                                                        Aujourd’hui tu es grand

                                                                                                      tu as mué.

Au fond de toi tu le sais

Tu useras de dizaines de ruses

Juste pour vérifier qu’au fils des années

Ton refuge ne s’est pas envolé

Laissant une place vide                                                      

                                      et froide.      

                                                                                              Agathe    2nde  A





















La maison en tronc de chêne


 


La maison de glace

La maison glacée a beau être inoffensive,

Des stalactites sont prêts à vous tomber dessus.

Ici un lance-flamme serait utile,

Mais faut-il prendre le risque de se brûler les mains ?

La maison de glace risquerait de fondre,

Laissant sa place à une flaque d’eau.

 

La maison de glace me fait froid dans le dos.

On y raconte certain mythe,

Dans lequel une jeune femme serait morte de chaud.

Dans cette maison, les souliers doivent être des patins,

Pour que vous puissiez glisser dans un bonheur enfantin.

 

-  Pourtant la maison de glace est une pure merveille,

Elle est comme un vol de chouette sous le taillis au crépuscule.

Il y fait tellement froid que du coton tombe des murs,

Pour me recouvrir d’un fin bandage.

 

La maison de glace est toujours ouverte.

Malgré le froid elle me réchauffe le cœur,

Vous y serez toujours le bienvenu.

 

J’ai dû utiliser le lance-flamme,

Ma maison de glace a eu chaud.


Elle est devenue eau.
  

                                                Maxime - 2B 


Mon palais en bambou

   


La maison de cendre 
 

La maison de cendre n’est pas un lieu de bonheur,

mais un lieu de peur,

idéale pour les menteurs,

idéale pour les voleurs.

 

La maison de cendre n’est pas un palais ;

seigneurs et paladins

n’y vont pas pour s’incliner,

mais plutôt pour s’y brûler.

 

La maison de cendre n’est pas en or,

elle représente la mort.

Au moindre signe d’imprudence,

les diables avancent en dansant.

 

La maison de cendre est le lieu d’une épreuve,

et aussi un endroit de souffrance

dans une ambiance

de décadence.

 

La maison de cendre, on la craint :

on y entre

comme dans un antre

et là tout devient incertain.

 

La maison de cendre est un gouffre,

c’est un lieu insondable,

où le diable t’attend,

au plus profond des enfers. 

                                                                                                     Fabien – 2B

 


  La maison aux fougères enfouies  



Etirés dans ces fougères humides

Quelques brins d’herbes rigides

Ou plutôt transgéniques

Laissent entrevoir un muscle bâti de briques...

Rendant ma raison élastique...

Te souviens-tu de ce battement tragique ?

Un vent fugace chasse l’odeur âcre des pâquerettes

Je t’arroserai d’onomatopées fleuries !

Laissant exploser ma jalousie...

Tous ces mots empilés devant ton nez

Comme autant de branches cassées...

Les coquelicots délaissés

Se transforment en sang séché...

 

Le temps coule et toutes les choses te frappent               Emilie 2nde A

   

 

 

 

 


































La maison de roche mortuaire 

 

La maison est bâtie en marbre de nuit .

Sur la porte est enfoncée une scie

D'où le sang coule,

Comme les larmes sur ma joue.

 

C'est une maison qui respire la douleur,

Insufflée par le silence nocturne.

En un battement de cils,

La mort pénètre ton âme.

 

Signer un bail pour cette maison de la nuit

C’est vendre son âme au Diable.

Les murs sont tapissés des signes de la mort,

Ils te transpercent avec les pieux du désespoir.

 

La porte se ferme sur tes larmes.

Les fenêtres sont closes comme mon cœur,

Refermé avec la clé du malheur.

Johnny - 2B


La grotte de papier

 

Rédigé par Lettres

Publié dans #Atelier d'écriture poétique - 2007-2008

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