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Publié le 14 Décembre 2013

      Le mardi 10 décembre, les 1L du lycée de l'Elorn ont participé à une table ronde littéraire, organisée par la région Bretagne et l'association Le bruit de lire, en marge du Goncourt des lycéens. La matinée a été consacrée à des échanges avec des camarades venus de quatre autres lycées finistériens, puis à la préparation des questions qu'ils allaient poser à deux auteurs, Romain Slocombe et Anne Bihan, à un critique littéraire, Alain-Gabriel Monot, et à un éditeur Florent Patron (éditions Locus Solus).P1060277

De gauche à droite : Florent Patron, Romain Slocombe, Anne Bihan, Alain-Gabriel Monot

 

       Les questions ont été l'expression d'une vraie curiosité. Par exemple, les élèves souhaitaient savoir si le critique perd la notion de plaisir de lire en rédigeant ses papiers, s'il s'imagine à la place de l'auteur critiqué et s'il se sent coupable lorsqu'il fait des critiques négatives. Des questions ont également été posées aux auteurs : Vous échappez-vous de votre propre vie quand vous écrivez ? Quels événements ou rencontres importantes ont marqué votre carrière ? Est-ce qu'une écrivaine a des thèmes plus féminins que les hommes ? Êtes-vous un écrivain voyageur ?...

 

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De gauche à droite : Romain, Océane et Gaétan désignés

par leurs groupes respectifs pour poser des questions.

 

Paroles entendues :

 

"Les mots de la langue ne me permettent pas de décrire le monde qui m'entoure. Alors j'essaie de créer ma propre langue." Anne Bihan


"Prendre un livre, c'est pour changer quelque chose à l'intérieur de soi." 

 

 

"Il n'y a rien de plus beau que de vivre de ce que l'on aime" R. Slocombe


"La littérature est un moyen efficace de liberté" Romain Slocombe

 

"Le lecteur français n'aime pas connaître, mais reconnaître", Alain-Gabriel Monot 

 

 

"On est nourri de ce qu'on a lu".


"Un artiste est souvent désarmé dans la vie,

la littérature a un pouvoir d'indignation", Romain Slocombe

 

 

"La vie et les mots ne sont pas séparés " Alain Gabriel Monot 

 

 

"Il s'agit de s'ancrer dans un territoire, un paysage et une relation pour pouvoir écrire " Anne Bihan

 

 

"Critiquer, c'est être citoyen"Alain-Gabriel Monot.

 

 

"Ecrire à son tour est difficile." Alain-Gabriel Monot


"J'écris avec le monde réel" Anne Bihan

 

 

"Tant que je serai vivante, j'écrirai." Anne Bihan 

 

 

 

"Entre le bourreau et le justicier, il n'y a que l'épaisseur d'un papier à cigarette." Romain Slocombe

 

"Être perméable aux sensations pour s'ancrer dans l'écriture."  Florent Patron

 

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Les 1L à l'entrée de l'amphi du lycée du Léon à Landivisiau

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Publié le 14 Décembre 2013

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Publié le 28 Novembre 2013

        On trouvera ci-dessous les critiques des 1L du lycée de l'Elorn dans le cadre du concours organisé par la Région Bretagne et par l'association "Le bruit de lire", en marge du Goncourt des lycéens.

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Publié le 27 Novembre 2013

 

 Le mensonge adoucit les moeurs 


 

Samir. Samuel. Deux hommes. Deux identités. Deux histoires.

L'un, à la tête du barreau New-Yorkais, est marié à la fille d'un des hommes les plus influents de la ville et jouit d'une certaine importance médiatique ; l'autre occupe un appartement délabré en banlieue parisienne, se dit écrivain et passe ses journées à se morfondre. L'un a un monde à ses pieds, l'autre peine à s'y accrocher.


L'un est musulman, l'autre est juif.


Ces deux hommes n'ont rien en commun, et pourtant leur histoire est liée à jamais. Liée par une amitié révolue, liée par une femme destructrice, mais surtout par un mensonge. En effet Samir Tahar doit l'ascension de sa carrière à une usurpation... Qui l'eût cru ? Sam Tahar arabe, Sam Tahar musulman ? Non, pour la vie médiatique de New York, Sami -comme on l'appelle- est né la Torah à son chevet. D'ailleurs, Sam, Sami, ce sont bien des diminutifs de Samuel, non ?


C'est à travers le récit de cette vie dont le fondement repose sur une imposture que Karine Tuil dévoile le parallèle idéologique et sociétal de deux mondes qu'un océan sépare : la France, et les Etats Unis. En effet, cette lecture dure, parfois dérangeante, révèle le miroir d'un monde occidental inégalitaire, bourré de codes sociaux, de corruption, de non-dits et de discrimination. Ainsi, vous êtes respecté/admiré/aimé en tant que juif, mais pas en tant que musulman. Ainsi, une femme a statistiquement plus de chance d'être promue en préférant les jupes aux pantalons. Ainsi, un Samuel serait sûrement choisi face à un Samir. Ainsi, les riches/beaux/occidentaux exercent une hégémonie tacite sur le monde du travail, et sur le système en général. Oui, ce système si moderne ! Si remarquable ! Idéal ! Ce système où pourtant "il faut mordre après avoir été mordu, trahir après avoir été trahi, où il faut avoir de la chance, du pouvoir, ou les trois". Où le bonheur semble reposer uniquement sur la réussite sociale. "Réussir... Réussir... cet idéal social hallucinatoire ! Cette ambition grotesque !". En exposant le reflet de deux vies brisées qui courent après la promesse de cette réussite, l'auteur dépeint la vision d'une France où la marginalisation conduit au néant. Au-delà de cette critique, au fil des pages se dessine une histoire d'amour passionnée, où la genèse d'un triangle amoureux voué à l'échec permet à l'auteur d'exacerber une des préoccupations phares des gouvernements occidentaux d'aujourd'hui.


Karine Tuil,"écrivain à la langue heurtée, aux phrases destructurées, dont les mots s'enchaînent avec une puissance qui emporte tout, saccage ce qui était pur, ébranle ce qui était calme", dévoile ici un livre à l'écriture crue, oppressante, opprimante, où le pessimisme omniprésent s'oppose à l'utopie d'un monde multiculturel et tolérant... En quelques mots, une oeuvre brutale, actuelle et provocante.

 

Enna, 1L

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Publié le 26 Novembre 2013

 

L'amour d'une maladie

 

Mon premier est une métamorphose, mon deuxième sont les aventures d'un sphinx et mon troisième est un homme.

 

Ce livre parle d'un homme, Boris, « meurtrier sans âge » sous l'emprise de sa maîtresse, la maladie. Tout allait pourtant si bien, il était heureux, heureux de vivre, heureux d'avoir une famille, heureux de ce qu'il avait. Pourtant, la métamorphose a commencé quelque part. Où ? Il ne le sait pas. Nous revivons son histoire à la recherche de cette réponse, nous voyageons avec lui, en tant qu'ami, nous essayons de savoir ce qu'il s'est passé, pourquoi, comment et où. Pourquoi personne n'a réagi lorsqu'il se plaignait de ses douleurs, pourquoi l'avoir laissé tomber dans la maladie qui a fini par le paralyser, le ronger ? Tant de questions apparaissent au fur et à mesure de la lecture. Pourtant, sans rien y comprendre, nous continuons à lire ; en effet ce personnage est attachant, important, nous devenons son ami, nous suivons son aventure avec lui. Ensemble nous découvrons les aventures du sphinx, l'atrocité de la maladie au fil des hallucinations : des prostituées japonaises, des artificiers, des russes qui ramassent des malades tombé à la mer... Jusqu'à arriver à la découverte de cet homme, un autre homme, celui que l'on a appris à aimer. Nous finissons par assister à sa renaissance, à la renaissance d 'une autre personne.

 

Lorsque l'on commence à lire ce roman autobiographique, on ne s'attend pas vraiment à cela. Au début tout est calme. Récit des jours avant la paralysie, avant la folie. Nous partons du commencement, nous apprenons à l'aimer, à le connaître. Pourtant, en commençant la deuxième partie, les aventures du sphinx, le roman commence à se faire lourd, oppressant, sans sens, incompréhensible, nous le suivons dans le malheur de Boris, dans sa maladie, dans ses hallucinations, et nous continuons à lire, nous apprenons à sourire, à pleurer et à souffrir avec lui, tandis qu'il nous soutient de temps à autre. Il nous rappelle de boire, de faire des pauses, de nous reposer de temps en temps. Il est avec nous, il est toujours là pour nous faire toujours plus aimer son histoire. Voilà un véritable chef d’œuvre plein de jeux de mots. Certains passages marquent plus que d'autres. Celui qui m'a marquée est la personnalisation de la maladie qu'il a attrapée : il a réussi à la rendre humaine, sexuelle, il l'a transformée en maîtresse qui le maintient au lit comme une experte, « tout ce qu'elle touche, tout ce qu'elle caresse, tout ce qu'elle embrasse a cessé de fonctionner. ».

 

De cette manière, Boris nous emporte avec lui, nous fait découvrir cet univers, son univers et nous fait avoir un tout autre point de vue sur notre propre vie. Ce roman à la fois autobiographique, fantastique, dramatique, comique et vulgaire serait capable de vous clouer à une chaise et de vous faire lire pendant des heures, des jours, des semaines.

 

Manon, 1L

 

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Publié le 26 Novembre 2013

 

L'Einstein oublié

 

Au temps d'une Allemagne où les salles de conférences d'Hitler sont « interdite[s] aux juifs et aux chiens », se joue le sombre destin d'une famille brisée.

 

Cette sombre destinée, c'est celle de la famille Einstein, celle du fameux Albert. Nous sommes au tout début des années 1930 quand commence cette histoire. Albert ne vit déjà plus avec Mileva, sa première femme. Leur premier fils, Hans-Albert fait sa vie, il est architecte, tout va bien pour lui. Ne vous en faites pas. Eduard, vingts ans, promis à une brillante carrière de psychanalyste, va mal depuis quelques temps. Il voit des choses étranges. Il entend des choses étranges. Il fait des choses étranges. Le jour où il frappe sa mère lors d'une de ses crises des démences, tout bascule. Cette « catastrophe » le mène au « Burghölzli », hôpital psychiatrique très réputé de Zurich, la « pension de famille » pour les intimes. « La pension de famille » car plusieurs membres de cette famille y sont passés. La schizophrénie est donc bien une question de gènes.

 

« Nous sommes le jouet du destin », nous confie Tete, Eduard si vous ne voulez pas l'appeler par son surnom. Cette notion de « jouet » prend une tournure différente selon les personnes. Pour lui, ce terme est approprié. C'est un lourd « fardeau » que de porter ce nom, Einstein. Il ne l'a pas voulut. « S'appeler Einstein nécessite un apprentissage ».

 

Hélas, la vie poursuit sa route. Albert s’exile en Amérique, où « tous les Einstein sont les bienvenues […] du moins ceux qui ont la tête bien faite », dixit un représentant américain. Mileva reste aux côtés de son fils. Plus le temps passe et mieux va Eduard. Par périodes. Des séances « d'électrochocs », s'ajoutent au désespoir, à la tristesse, à la douleur et à l'incompréhension de la maladie mentale.Mais il faut comprendre, d'après les médecins c'est le meilleur moyen pour se refaire une bonne santé. Mileva décide d'amener son fils en cure, il commence alors à guérir, même si il ne le sera jamais tout à fait. C'est une lueur d'espoir à prendre quand même.Malheureusement, l'Histoire s'écoule sans arrêt, et le temps aura sa victoire sur les proches du fils Einstein. Il triomphera même d'une autre manière de cet enfant perdu, pour qui « [s]on père est de l'histoire ancienne ».

 

Grâce à ces lignes, Laurent Seksik nous transmet les pensées et sentiments d'Eduard, et celles des ses parents, à travers un délicat et subtil jeu de point de vue. L'écriture simple, fluide, qui ne s’encombre pas de jugement, témoigne de ce destin tragique, en révélant la vérité dans toute son horreur. L'effroi pour un père, de voir son fils « enserré dans une camisole » et qui « est le seul problème qui demeure sans solution », celui d'une mère qui « aurait préféré prendre la place d'Eduard » et se trouver « prisonnière, et lui un homme libre », et celui d'un fils que l'on « traite comme un demeuré ».

 

Le cas Eduard Einsteinpermet à ce « fils oublié », caché dans l'ombre d'un des plus grands noms de l'Histoire, de faire entendre sa voix. En l'écoutant, le lecteur, son confident, l'aide à comprendre, en parti, en l'accompagnant sur ce long chemin qu'est celui de la guérison, pourquoi et comment il en est arrivé là.

 

Un livre mélancolique, d'une simplicité touchante et émouvante, que l'on ne peut que relire encore et encore, pour faire exister ce fils délaissé.

 

Nolwenn, 1L

 

CRITIQUE

 

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Publié le 26 Novembre 2013

 

De l’obscurité à la lumière. 

 

Novembre 1918. Albert Maillard, comptable, et Edouard Péricourt, fils de la haute bourgeoisie et dessinateur prodige. Ils auraient  pu  se rencontrer dans une soirée mondaine, mais non… C’est dans les tranchées,  quelques jours avant l’armistice, sous  les bombes, la  peur  et  la  mort  que  le  destin  va  réunir ces deux  hommes, lors d’un ultime combat contre l’ennemi. Albert est  poussé dans un trou et  laissé pour mort  par son supérieur militaire, le lieutenant Pradelle ; Édouard, lui, va lui sauver la vie en lui tombant dessus. C’est  scellés  par leur douloureux passé, que  les deux hommes vont  devenir  amis, pour  le  meilleur  comme pour le pire. Et c’est poussés par l’amertume, la vengeance et  la  misère, qu’Albert et Edouard réaliseront  une « escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale » c’est ainsi, que ces deux  poilus  abandonnés et oubliés par l’Etat et leur patrie, feront payer à leur  Pays leur manque de considération et de gratitude envers eux et tous les soldats traumatisés par cette guerre des tranchées.

L’après-guerre  n’est  jamais  vraiment glorieuse  pour  ses  héros… Les  morts sont glorifiés, les rescapés, eux, sont  oubliés… C’est dans  cette  tranchante  vérité, d’une tristesse infinie et d’une cruauté macabre que Au revoir là-haut montre tous les aspects de la guerre, de  façon  sinistre  et  poétique  à  la  fois.  Ce  roman  est,  en  effet,  « une fresque  d’une  grande  cruauté », d’où se dégagent des  émotions  telles qu’on  en  voit  rarement… C’est  grâce  à  ces  émotions  que  Pierre  Lemaitre  a su conquérir le public de manière époustouflante.

Auteur à succès de polars, Pierre Lemaitre est de loin un des meilleurs romanciers noirs français, de Robe de marié à Sacrifice, il se démarque en faisant une peinture de l’après-guerre de 1914 qui nous emporte dans un voyage mêlant ironie et rebondissements. Ce titre, Au revoir là-haut, lui a été inspiré par la dernière lettre de Jean Blanchard adressée à sa femme : « Au revoir là-haut ma chère épouse », sous-entendu qu’il l’a retrouverait au ciel… Et c’est ainsi, dans mélange de mélancolie que s’achève ce roman.

Pierre Lemaitre parvient à nous enivrer part sa force d’écriture, mais aussi à nous émouvoir, et à nous faire vibrer.

Au revoir là-haut, est un bel hommage aux victimes de la guerre 14-18, qu’elles soient civiles ou militaires. Une pensée à ces familles de poilus qui ont vu revenir leurs enfants avec des traumatismes et des séquelles physiques et psychiques. Au courage qu’il leur a fallu pour réapprendre à vivre « comme avant ».

 

Marie, 1L

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Publié le 26 Novembre 2013

 

1.5 kg à la Naissance


Dans Naissance, Yann Moix raconte sa venue au monde et sa venue « en » monde. Il nous transporte dans un univers décalé et rempli d’imagination. Il dresse un tableau de sa famille très original et inattendu. Au début nous nous mettons à sa place, dans le ventre de sa mère. C’est assez dérangeant car nous avons l’impression d’écouter quelque chose que nous ne devrions pas entendre. Nous partageons avec Yann Moix son histoire, celle d’un enfant maltraité et délaissé par des parents qui n’étaient pas faits pour avoir un enfant. Nous faisons aussi la connaissance de Marc-Astolphe Oh qui va être le modèle de Yann.

Ce livre est plus qu’une lecture, c’est un défi par sa taille, 1142 pages tout de même… ; et par son sujet qui est assez difficile.

Au début, le lecteur a du mal à suivre l’histoire mais au fil des pages, il se rend compte qu’il n’y a pas vraiment d’histoire à proprement dit. Moix nous entraîne dans un monde fait d’amis imaginaires, de personnages aux noms improbables, et surtout de rêves. Ce thème est bien différent des autres sujets abordés par Yann Moix dans Podium et Apprenti-juif, ses textes précédents ;  mais j’espère qu’il obtiendra autant de succès que Jubilations vers le ciel car c’est une œuvre qui mérite d’être lue, une histoire qui mérite d’être écoutée.

Quand nous lisons ce livre, nous nous rendons compte qu’il ne fallait pas moins de pages pour comprendre, car plus qu’une simple histoire, c’est le récit d’une vie.

 

Hélène, 1L

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Publié le 26 Novembre 2013

 

Une amitié dramatique

 

 

Les personnages

 

Georges, ami de Samuel et metteur en scène

Samuel Akounis, ami de Georges et metteur en scène

Aurore, femme de Georges et comédienne

Louise, fille de Georges et d'Aurore

Marwan, chauffeur de Georges

 

La scène est à Beyrouth, ville du Liban.

 

Acte I

Scène 1

« L'idée de Samuel était belle et folle »: réunir des personnes de divers nationalités, venant de camps adverses d'un pays en guerre afin de monter l'Antigone de Jean Anouilh et même d'« offrir un rôle à chacun des belligérants ». Sam était grec et juif aussi. Nous sommes dans les années 80 au moment où survient la guerre. Le Liban est à feu et à sang... Cependant en 1982, Samuel tombe malade. Le cancer. Il fait appel à Georges, son ami, son frère en quelque sorte et lui demande d'assurer sa relève dans la mise ne scène de cette unique représentation, conçu comme une« trêve poétique ».

« Il a fait promettre » et il a accepté.

 

Scène 2

À travers Le quatrième mur,l'auteur, Sorj Chalandon aborde un sujet violent mais omniprésent dans la société, la guerre. On s'aperçoit au cours de l'histoire que le souhait de Samuel va s'avérer difficile avec l'horreur de la réalité. Cependant, la hardiesse ou encore l'engagement des personnages nous donnent envie de suivre leurs péripéties jusqu'à la fin de l’œuvre. La façon dont l'auteur présente son récit est assez inattendue puisqu'il commence par la fin de son histoire; cela entraîne une profusion de questions dans nos têtes et aussi quelques incompréhensions.

 

Scène 3

Ce roman nous permet de réfléchir sur la conception du monde sanglant qui nous entoure à travers le blâme de la guerre alors que pendant ce temps, nous, citoyens de pays occidentaux, nous nous plaignons pour un oui ou pour un non... Le quatrième mur, nous aide à concevoir, par la même occasion le fort lien amical entre Georges et Samuel qui restera intact du début jusqu'à la fin.

 

Acte II

 

Scène I

Pour tenir une promesse faite à un ami, on s’étonne bien souvent de la persévérance qui nous envahit... Au travers de son sixième roman, Sorj Chalandon nous surprend toujours par l'émotion et la vie qu'il donne à son récit et à ses personnages.

 

Alizée, 1L

 

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Publié le 26 Novembre 2013

les évaporés  

Un voyage vers l'inconnu

 

La douce senteur des kimonos et des fleurs de lotus, l'odeur des jardins et des bars à sushis, c'est un parfum qu'on a appris à oublier au Japon, où le désastre de Fukushima a laissé un pays dévasté et endeuillé qui peine encore à se reconstruire. Les familles brisées par la perte d'un être cher n'ont plus aucun repère, mais doivent tout de même continuer à avancer dans un territoire ravagé, sans point commun avec le pays charmant aux grandes forêts et aux magnifiques lacs qu'il était.

 

Dans la pénombre d'une ville japonaise, Kaze fuit. Il le sait, il ne reviendra pas. Il s'évapore comme on dit. Certains penseront qu'il fait preuve de lâcheté. D'autres au contraire souligneront son courage sans précédent. Yukiko, sa fille, fait partie de ceux-là. Exilée aux États-Unis, elle revient au Japon, sa terre natale, accompagnée de Richard, détective privé et ancienne conquête de la jeune femme. Ensemble ils tentent de découvrir les raisons qui ont poussé le père de Yukiko à disparaître, à tourner le dos au passé. Mais alors que l'enquête avance, les sentiments de Richard pour la jeune femme deviennent de plus en plus équivoques

 

Dans Les évaporés, Thomas.B Reverdy racontel'histoire de ces hommes qui, ne pouvant plus subvenir aux besoins de leur famille, décident de fuir. Fuir leur quotidien pour ne pas décevoir leurs proches, ou fuir pour s'assurer un avenir meilleur. Il nous montre ainsi à quel point la catastrophe de Fukushima a bouleversé la vie de ces hommes et femmes qui doivent repartir de zéro et ne plus vivre, mais survivre dans ce champ apocalyptique qu'est devenu le Japon, loin des stéréotypes que les occidentaux lui connaissent.

 

L'écriture est fluide mais déplaisante : l'action met du temps à véritablement commencer et certains chapitres sont inutiles puisqu'ils ne contiennent que des descriptions sans intérêt. Pourtant l'auteur réussit à transposer l'amour impossible et non-réciproque qu'éprouve Richard pour Yukiko et la longue et périlleuse traversée de Kaze au fin fond du Japon. Mais cela ressemble à un roman à l'eau de rose sous couverture d'enquête et les personnages ne sont pas très attachants puisque l'auteur expose davantage leur côté négatif.

 

Quelques rares passages m'ont plu, notamment ceux parlant des conséquences du raz-de-marée et de Fukushima. Néanmoins l'ensemble du roman ne m'a pas convaincu. Une sorte de critique de l'ignorance et de l'ethnocentrisme américain nous est transmise par le personnage niais et insensé de Richard. Ce dernier est présenté sous le cliché absurde et habituel de l'Américain moyen, n'allant au Japon que pour satisfaire son intérêt personnel. La fin est également très peu subtile puisqu'elle donne l'impression d'une « fin bâclée ».

 

Dommage car l'œuvre résume tout de même assez bien les dégâts qu'un mélange de nucléaire et de catastrophe naturelle peut causer sur une toute une population innocente...

 

Romain - 1L

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