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Publié le 5 Décembre 2014

         Les élèves de 1L et quelques élèves de 1ES1 ont participé à un concours de critique littéraire organisé par l'association "le Bruit de lire". Une dotation de la région Bretagne a permis d'acquérir l'ensemble des titres qui ont fait l'actualité de la rentrée littéraire 2014. 

Venez les découvrir au C.D.I. et laissez-vous tenter...

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Publié le 3 Décembre 2014

De la bestialité des hommes

 

       Parce que né en captivité du viol d'une femme par un ours, le narrateur est habité d'une double identité : il est mi-homme mi-animal. Alors que les hommes ne voient en lui que la bête, les femmes « ont vu l'homme et ont vu l'ours réunis sous la même peau. » Une force mystérieuse les attire mutuellement... Cependant, la lâcheté des femmes laisse libre place à la brutalité des hommes auxquels notre héros est soumis. Exploité par différents maîtres tous plus barbares les uns que les autres, cet « hybride monstrueux » nous raconte sa triste histoire d'ours de foire, de combat, de cirque, de zoo et, pour finir, de laboratoire. A travers son existence, il nous livre ses réflexions avec un regard neuf et unique sur la nature humaine et le sentiment animal.

        Dans ce roman en forme de conte, Joy Sorman cherche à montrer l'humanité chez les animaux et la bestialité chez les hommes, ou comment la frontière est poreuse entre le monde animal et la condition humaine. Dans ce cas, comment expliquer notre attitude envers nos « frères animaux » ? Elle nous offre l'occasion d'une remise en question en posant le délicat problème du traitement des animaux. Plus encore, l'auteure nous pousse à nous interroger sur l'existence de la conscience animale dont l'étude intéresse de plus en plus la communauté scientifique. La peau de l'ours dérange notre conscience, bouleverse nos certitudes et nous oblige à nous remettre en question : qui des hommes et des animaux sont les vraies « bêtes » ?

        Le titre évoque la fin du récit dans un raccourci saisissant : il s'agit de la dépouille mortelle du héros, de ce qui subsiste de lui quand tout est fini. Ce titre cynique est trompeur, il en cache un autre car, en réalité, c'est dans la peau d'un ours que le narrateur explore, à la manière d'un ethnologue, le monde des hommes. Joy Sorman brouille les pistes et inverse les rôles dans ce troublant récit qui nous fait perdre nos repères traditionnels.

      Dotée d'une sensibilité presque animale, l'auteure utilise un style aussi efficace que riche et sensuel pour nous emporter dans ce conte cruel où le fantastique et le réalisme s'entremêlent.

             Anna, 1L

 

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Publié le 27 Novembre 2014

Le sang des Peaux Rouges.

 

        Éric Vuillard exerce deux métiers dans la Tristesse de la Terre. A la fois historien et romancier, l'auteur rend compte de faits avérés et apporte aussi des détails fictifs pour mieux nous transporter dans son univers. L’histoire principale se centre sur Buffalo Bill, de son vrai nom, William Cody.

Buffalo Bill était un cow-boy, c’est un fait. Il a combattu les Indiens durant de nombreuses batailles. Mais c’était aussi et surtout un employé de chemin de fer à qui on a un jour proposé de « jouer son rôle lui-même. » Il décide de mettre en scène des batailles opposant Indiens et Américains, dans le Wild West Show : la plus grosse machine à fric de l’époque minutieusement dirigée par un imposteur dont la « vie sera la parodie de sa vie. » Tous les jours, il rejoue sans cesse des combats qu’il n’a parfois pas vécus, devant un public qui en redemande encore et encore. « Ainsi on raconte que Buffalo Bill, ayant joué des dizaines de fois […] la bataille de Little Big Horn, croyait vraiment, à la fin de sa vie, y avoir participé. » Ce public ne pense pas une seconde qu’au moment où un acteur tombe de son cheval pour rendre la scène plus réaliste et attrayante, de vrais Indiens sont abattus. Ne pouvant plus se relever, ils mêlent leur existence à celle de la terre battue et sèche. Le titre, Tristesse de la Terre, parle de lui-même. Il est révélateur de toute la poésie présente dans le livre. Ce n'est pas tellement le mot « tristesse » qui conviendrait, mais plutôt « massacre de la Terre », une fois le livre refermé. Le plus ironique est sans doute la place des acteurs au sein du Wild West Show. Ils n’étaient pas recrutés au hasard, la plupart étaient Indiens et avaient vécu ce qu’ils mimaient. Ils rejouaient sans cesse leur mort pour un dollar par personne. Mais il y avait aussi de parfaits acteurs, au sens propre du terme, qui mettaient tout leur talent à rendre crédibles pour le public et pour eux-mêmes les « boniments qu’ils contaient » sans « jamais avoir mis un pied dans l’Ouest ».

Ce livre est bouleversant. Il s’agit moins de faire voyager le lecteur dans les contrées sauvages des États-Unis que de lui ouvrir les yeux sur ce que l’homme peut détruire, avant de se détruire lui-même. On est bien loin des contes pour enfants sur les Indiens et les cowboys, des arcs contre les fusils, des plumes contre les chapeaux… Là-bas, les « enfants pleurent » lorsque des policiers viennent décimer les dernières tribus indiennes qui ont fait ce que l’Amérique a de plus épique à raconter. D’une certaine façon, l'auteur dénonce les reality shows, ces spectacles qui abreuvent le spectateur de ce qu’il a envie de voir, sans jamais lui laisser le temps de réfléchir. Ils déshumanisent les acteurs alors que derrière les faux-semblants se cachent de vraies blessures. Il s'attaque aussi à l’industrie du spectacle en général et on ne sait plus vraiment qui est responsable : la demande toujours plus extravagante du public ou la soif d’argent des hommes d’affaires ? Éric Vuillard a la délicatesse des mots à résonance polémique. Il parvient à révolter le lecteur avec cette légèreté comparable à celle d'un danseur classique qui interpréterait la pire des tragédies. Tristesse de la Terre dérange nos certitudes et c’est sûrement ce qui en fait un bon livre.

Kelly, 1L

 

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Publié le 27 Novembre 2014

« Une légende vivante est une être mort. »

 

On connaît tous plus ou moins Buffalo Bill, de son vrai nom William Cody. C'est lui, qui a popularisé le chapeau stetson, le bandanna ou encore la chemise du cow-boy. Et contrairement à ce que l'on voit, les Indiens n'ont jamais fait « Whou ! Whou ! Whou ! » en se tapotant les lèvres comme le font tous les petits enfants qui jouent aux Indiens, « c'est une pure invention de Buffalo Bill ». Il est une figure mythique de la Conquête de l'Ouest.

 

Dans Tristesse de la terre, le romancier Eric Vuillard tire Buffalo bill de l'oubli. Cody, a été employé de chemin de fer et a fait naître le plus grand spectacle du monde nommé le Wild West Show. Il est devenu Buffalo Bill, et s'est effacé derrière les vestes à franges et les répliques de parades, oui, Cody était « mort ». Comme dit l'auteur, « une légende vivante est un être mort ». Cody

 

1883, début de la tournée du Wild West Show. Elle va se dérouler pendant une vingtaine d'années dans le monde entier. Une troupe de « huit cents personnes, cinq cent chevaux de selle et des dizaines de bisons ». Un spectacle fascinant où les vilains Indiens étaient vaincus chaque soir par d'héroïque cow-boys. Mais qu'est réellement ce show ? Quelle puissance attractive peut donc amener chaque jour quarante mille personnes à venir voir ce spectacle ? Comment révolutionner l'art du divertissement et stupéfier le public en racontant une histoire ? C'est ce que des millions d'Américains d'abord, puis d'Européens avaient envie d'entendre... Il y a du « mouvement et de l'action », la « réalité elle même ». Tout y est ! Le public vient toujours plus nombreux applaudissant, riant, criant, tout entier captivé », fasciné. Il faut surprendre ce public par une intuition de la mort qui ne quittera plus le spectacle. En un mot, c'est l'acte de naissance du show-business.

 

A travers ces lignes rythmées et aérées, Vuillard nous montre qu'à force de mensonges notre Buffalo Bill finit par croire aux siens et se construit une image de héros qu'il n'a jamais été. « Sa vie sera la parodie de sa vie, en quelque sorte, une autre vie fabriquée, promise à d'autres ». Les anecdotes attachées à ce livre sont passionnantes. Elles sont accompagnées de photographies de l'époque, ce qui nous émeut d'autant plus et nous procure des sentiments très forts.

 

Maryne, 1L

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Publié le 27 Novembre 2014

La beauté du diable

       Il est difficile de réinventer le personnage d'Aliénor d'Aquitaine mais c'est le défi audacieux que s'est lancé Clara Dupont-Monod. Elle se saisit de cette légende qui a souvent fait fantasmer et immerge le lecteur dans la complexité du personnage d'Aliénor. On se retrouve donc dans la vie de cette femme redoutée et respectée, qui a alimenté toutes les conversations du peuple et semé le trouble dans les mœurs. Mais c'est aussi un récit à l'allure médiévale qui retrace et réécrit les quinze premières années de la vie conjugale de cette reine. Enfin l'auteure nous dévoile un amour impossible entre ce duo improbable qu'est Aliénor d'Aquitaine et Louis XII. Ainsi, nous sommes plongés dans ce roman et libres de nous faire notre propre idée de cette femme qui a tenu en haleine l'Europe entière durant toute sa vie.

       En Aquitaine vit une légende, une princesse sans pareil. On l'a décrit libre, conquérante, sorcière aux pouvoirs uniques et à la perfide manipulation. Ainsi est dressé le portrait d'Aliénor. Mais avant de devenir ce personnage, elle n'était qu'une jeune fille qui, à l'âge de quatorze ans se voit obligée d'épouser Louis XII futur roi de France. Après avoir quitté ses terres, ses repères, elle est complètement déstabilisée. Arrivée à Paris, c'est la désillusion. Les premières années auprès de Louis se révèlent chaotiques. La jeune femme est ambitieuse, libre d'esprit, elle rêve de gloire et de domination. En revanche, Louis est un homme pieux. Il suit le pape et l’Église aveuglément. Il est destiné prématurément à la succession de son frère aîné, Philippe, mort trop tôt. Le roi « n'est pas un homme de colère mais de mots » : il rêve d'apaisement et de sérénité. Tout le contraire d'Aliénor. Elle vit le mariage comme une lutte. Pour elle, l'amour est un secret dont elle-même ne doit être mise au courant. Pour Louis, cette idylle est comme la conquête de celle dont il est tombé amoureux au premier regard.

       Ce roman est centré sur l'histoire d'amour de ces deux personnages, mais pas uniquement. L'auteure nous conte l'histoire de France au XIIème siècle, les joyaux de la couronne et ses contrastes. De plus elle décrit la place très importante qu'occupe la religion dans la société médiévale.

       Dans une langue somptueuse et ardente Clara Dupont-Monod exprime les sentiments des personnages principaux. Ainsi, dans Le roi disait que j'étais diable, il y a une narration à double voix, dissonantes et discordantes. Les personnages sont en lutte continuelle, le dialogue est impossible. «Je t'ai aimé aussitôt et, dans le même instant, tu m'as effrayé. C'était un mélange de perte et d'offrande. Un seul visage pouvait provoquer le ciel, attirer ses extrêmes. Mes guerres perdues, c'était toi. Et jamais je n'ai pensé qu'une défaite pouvait être aussi belle » Ce récit est un singulier portrait de cette femme, à la fois créature mythologique et créature avant-gardiste .C'est donc avec plaisir que l'on s'égare dans ce roman.

Janick, 1L

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Publié le 17 Novembre 2014

Un mariage dit impossible..

 

        Nous sommes au Moyen-âge. Aliénor d’Aquitaine épouse Louis VII. Le mariage amène parfoischacun des époux à tolérer l'insupportable de l'autre, maisce n’est pas le cas ici. Louis est un homme au caractère trop paisible qui préfère les paroles aux actions. Aliénor est tout le contraire : elle est forte et combative. On peut dire que c'est elle qui porte la couronne au sein du couple. Elle est détestéedu peuple etdevient la cible d'accusations : « La voilà, celle qui possède dix fois le royaume de France. Celle qui donne des ordres, chevauche comme un homme et ne craint pas le désir qu’elle suscite. Qui colore ses robes. N’attache pas ses cheveux ». Elle n’est pas la bienvenue etsa présence dérange. De plus, elle est décrite comme une fille ambitieuse, fragile,avec un amour impossible pour Louis VII. « On me dit jolie, turbulente, ambitieuse». Tout de suite, elle sait que cet homme ne lui convient pas.

        La façon dont est racontée cette période historique estfabuleuse,car elle mêleles éléments historiques auxémotions. Le récit est fait de courtes phrases rythméesqui lui donnent beaucoup de vie : « Il est venu me chercher. J’étais si jeune alors ». Les voix d’Aliénor et de Louis se chevauchent sans jamais se rencontrer. Cela entraîne peut-être la fin de leur couple, ils ne se comprennent pas et sont toujours en désaccord.

        Du haut de ses treize ans, Aliénor se rend compte qu’ils seront pour toujours ensemble. Tout s’enchaîne très vite, par la suite. Ils se marient malgré leurs différences. Mais la vraie question est de savoir s'ils se sont mariés par obligation ou s'ils sont tombés vraiment amoureux.

        Ce livre est captivant, car Clara Dupont-Monod nous fait découvrir une façon différente de voir le Moyen-âge. Elle sait nous faire oublier cette époque comme on se l'imagine, l'histoire européenne qui débute avec l’effondrement de l'Empire Romain d'Occident et se termine par la Renaissance et les Grandes Découvertes. Elle fait revivre le Paris d'alors, ses odeurs et ses habitants, mais aussi les campagnes. Elle sait parler decetteépoque tout en l’animant. Il s'agit moins d'un roman historique que d'une histoire d'amour non partagée. Et si finalement, leur amour était possible...

Marine 1L.

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Publié le 17 Novembre 2014

« Vie ? Ou Théâtre ? »

            Pour survivre, elle doit peindre son histoire. C'est la seule issue. Son unique échappatoire.

 

      C'est sur les notes douces d'un piano que l'on découvre la vie qu'a menée la jeune allemande nommée Charlotte Salomon. Charlotte, c'est un peu l'incarnation même du charme, de l'étrangeté. C'est l'allégorie de la beauté mélancolique.

      David Foenkinos a su, d'une écriture à la fois légère, poétique et cinglante, retracer le chemin bouleversant qu'a suivi l'artiste peintre juive, durant vingt-six ans. C'est d'une main de maître que l'auteur a jonglé avec les mots, donnant ainsi naissance à un théâtre où l'humiliation, la peur et la cruauté sont les personnages principaux. Et si les sentiments les plus noirs, les plus sombres animent et envahissent la scène de toute une vie – une vie courte, une vie brève – les pensées les plus nobles s'installent en nous, à mesure que les pages s'enchaînent.

       C'est ainsi que l'on reconnaît les belles œuvres, les œuvres utiles : lorsqu'elles révèlent au lecteur que l'amour, la compassion, l'admiration et le respect sont omniprésents et que même en traversant l'horreur, il faut être optimiste, essayer de se convaincre que la haine est périssable.

        Finalement, après avoir écoulé l'encre, épuisé la musique et vidé les pots de peintures qui accompagnent ce trésor littéraire... on replie l'histoire sur elle-même, on s'accroche une fois encore à la couverture, au titre rempli de mystère, pour enfin reposer l'œuvre sur sa table de chevet, la culpabilité au cœur.

Valentine, 1ES1charlotte-david-foenkinos-L-HZft1e

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Publié le 17 Novembre 2014

Long Mensonge Tranquille

 

La vieillesse semble la chute de notre vie. Elle provoque quelques rides, le dos courbé, la démarche lente et difficile. Parfois la mémoire, les souvenirs décident de faire leurs bagages. Mais certains, certaines veulent ne jamais devoir oublier. Alors quoi de mieux que d'écrire en quelques lignes, en quelques pages le souvenir de sa propre vie ? Gilles Martin nous invite à voyager à travers les jeunes années d'une héroïne de quatre-vingt-dix ans. En passant de la seconde guerre mondiale à la guerre d'Algérie, à travers ses déboires amoureux, il nous raconte la belle histoire de Marge, une anglaise si peu conformiste.

 

1938. Veille de la seconde guerre mondiale. Alors qu'Hitler devient tout puissant, l'Ile-aux-moines elle, ne semble pas entendre l'orage qui gronde au loin. C'est dans le Golfe du Morbihan qu'accostent la jeune Marge et son père. Mais, à seulement dix-huit ans, la politique est loin d'inspirer notre anglaise qui, malgré son côté masculin, semble bien attirée par deux beaux jeunes hommes qui bousculeront sa vie entière. Les deux sont bretons, mais l'un deviendra irlandais. C'est une histoire difficile, celle d'un triangle amoureux, rythmée par la situation politique changeante de l'époque. Entre sa belle-mère qui semble la détester et son fils qui semble s'éloigner, comment Marge survivra-t-elle à son propre mensonge ?

 

Que pensait Marge en arrivant par hasard sur cette île à l’abri de la modernité ? Jeune femme adorable, à la féminité masculine, tout semble évident pour elle ! Oui, une femme a le droit de travailler, oui une femme a le droit de s'amuser. Marge est bien plus qu'une « femme qui dit non » elle est le modèle de la femme moderne. Tout au long de l'histoire, elle conserve ses qualités comme ses défauts et son goût dangereux de changer les choses. Sa témérité se fond dans le calme et la douceur de Blaise, dont les silences suffisent à combler les dialogues. C'est un homme dont l'amour pour les mers et les océans n'a d'égal que celui qu'il porte pour sa femme, Marge, et son fils, Timmy. Mathias roux, grand, musclé, à l'allure de « rugbyman » ne restera pas de glace devant notre jeune « british ». C'est là le début d'un mensonge dont même le caractère acariâtre d'une belle-mère oppressante ne se doutera pas.

 

De la sorte, le lecteur semble transporté et devient figurant de chaque scène, à chaque moment. C'est un voyage poétique, attendrissant. L'auteur tente de nous raconter une vie compliquée, ce n'est pas seulement le personnage principal qui fait le chef-d’œuvre, mais aussi et surtout le contexte. Il nous montre à travers les yeux d'une étrangère, ce que nous sommes, ce que la singularité peut apporter de bon. Ce petit îlot breton est certes coupé des évolutions contemporaines, mais il semble alors si rare et si paradisiaque ! Le lecteur est exposé à de nombreux pans de l'histoire et c'est cela qui fait la richesse de ce livre. Il parle d'amour, de politique, d'humanité et de mensonges. Mais après tout, la vie n'est-elle pas un long mensonge qu'on essaie, malgré nous, de rendre doux ?

 

Mélinda, 1L

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Publié le 17 Novembre 2014

Une pléiade de destins brisés

 

« Oh! Combien d'actions, combien d'exploits célèbres

Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres. »

Pierre Corneille

 

27 octobre 1949, sur la piste de l'aérodrome d'Orly, le F-BAZN Constellation d'Air France se prépare au décollage, direction les États-Unis. À son bord, le fameux Marcel Cerdan, amant d'Edith Piaf. Mais aussi la prodigieuse Ginette Neveu, et de nombreux passagers. Connus ou non, seuls ou accompagnés, pauvres ou riches, en quête de gloire, de retour chez eux ou en voyage d'affaire, ils verront tous leur destin chamboulé.

 

2h51, Jean de la Noüe, le pilote de l'appareil au nom évocateur de Constellation, annonce: « I have the field in sight ». Concours de circonstance, « coïncidence forcée ou force du destin », nul ne sait, mais aucun des passagers n'arrivera jamais à destination. Trente-sept passagers, et autant d'étoiles subitement emportées.

 

65 ans plus tard, le mystère serait resté entier si Adrien Bosc, du haut de ses vingt-huit ans, ne s'était pas investi corps et âme dans cette enquête, pour reconstruire le puzzle de ces coïncidences qui se multiplient, et mettre à nu cette forme de hasard qu'il définit comme « objectif et omniprésent ». A travers ce livre, on comprend la définition même du terme « constellation », en découvrant les histoires de ces vingt-sept astres plus ou moins brillants, agglomérés tout au long du récit par l'œil et l'esprit de l’écrivain. Ce dernier nous livre l'histoire à la fois énigmatique, poétique et passionnante de cet ensemble d'étoiles voisines qui, reliées par des fils imaginaires, forment le cœur de son récit, sa Constellation.

 

Megan, 1ES1

 

Constellation d'Adrien Bosc

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Publié le 17 Novembre 2014

Embarquement immédiat pour l’œuvre d’Adrien Bosc

 

Le 27 octobre 1949, un avion nommé Constellation décolle de l’aéroport d’Orly à destination de New York. Il fera escale à Santa Maria puis à Terre-Neuve. Trente-sept passagers et onze membres d’équipage sont à bord d’un « grand et beau quadrimoteur au fuselage d’aluminium », au train démesuré qui lui donne « l’allure singulière d’un échassier ». Le lendemain matin plus de signal, l’avion n’a pas fait sa première escale, il a fini son vol sur le pic Algarvia. Aucun survivant. Mais qui étaient ces passagers et membres d’équipage victimes de ce drame? Et quelles conséquences succèdent à cette catastrophe ?

 

Que vous soyez grands lecteurs ou non, que vous aimiez l’aviation ou pas, que vous connaissiez l’histoire de cet oiseau ou que son nom ne vous dise rien, vous décollez vers diverses destinations sans jamais atterrir. Tout au long du roman, les anecdotes sur les passagers alternent avec la description des évènements qui suivent l’accident, ponctuées de curieuses coïncidences et d’aspects troublants.

 

L’auteur, Adrien Bosc, nous emporte dans les vies passées des victimes et laisse entrevoir l’avenir qui les attendait. La violoniste virtuose Ginette Neveu, le boxeur Marcel Cerdan ou bien des inconnus comme Amélie Ringler : pour tous ces passagers, l’auteur tient les commandes et les rend à nos yeux aussi attachants les uns que les autres par leur histoire poignante. Grâce à son travail de recherche, il relate les circonstances de la catastrophe. De la localisation des débris de l’avion au rapatriement des corps, la réalité des faits est pleine de rebondissements étonnants.

 

La tour de contrôle au lecteur : « Votre demande d’autorisation pour le décollage est accordée. Bon voyage !»

 

Juliette, 1ES1

 

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