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Publié le 5 Mai 2014

Le 20 février 2014, les élèves de 1L et de 1ES2 ont rencontré Albane Gellé, auteure de Si je suis de ce monde.


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Ils l'ont accueillie en lisant ses textes à plusieurs voix.

 

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Puis Albane Gellé s'est prêtée au jeu des questions-réponses

après une présentation de la maison de la poésie de Rennes par Matthieu.

 

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Publié le 4 Mai 2014

 

      Le jeudi 20 février 2014, nous avons rencontré la poète Albane Gellé, dans le cadre d'une découverte de la poésie contemporaine. Les élèves de 1ES2 et 1L, un membre de la Maison de la poésie de Rennes, les documentalistes et deux professeurs de français étaient aussi présents. Durant son intervention de deux heures, l'auteure a répondu à des questions, préparées en classe, et posées de façon aléatoire comme lors d'une conversation. 

 

***

     Albane Gellé nous a confié qu'elle écrit « depuis toujours », et qu'elle a commencé par la poésie en vers, plus conventionnelle. Sur certains sites Internet, elle parle d'une « blessure du langage », expression signifiant qu'elle était une enfant réservée et mal à l'aise en public. La poésie a « réparé » ce rapport à la langue, et lui a permis de s'exprimer librement. Plus concrètement, avant de devenir poète, Albane Gellé a fait des études de Lettres, durant lesquelles elle a découvert de nouveaux poètes et des éditeurs. Après cela, elle a travaillé comme enseignante remplaçante pour finalement décider de se consacrer entièrement à l'écriture poétique. Elle répartit son temps entre les moments où elle écrit, et les temps de rencontres, par exemple dans les écoles, les maisons de retraite ou encore dans les prisons. L'auteure écrit la plupart du temps chez elle, s'inspirant de ce qui est autour d'elle, de ce qu'elle voit ou entend, de choses intimes comme de sujets d'actualité. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, elle ne qualifie pas son écriture d'« écriture automatique ». Elle laisse venir ses idées, mais veille tout de même à faire un travail sur la langue et fait l'effort de construire ses poèmes (même si elle en perd parfois le fil). On ne peut cependant pas la rattacher à un courant littéraire, puisqu'elle se sent elle-même «entre deux». Enfin, Albane Gellé a fait de la poésie son métier, mais c'est avant tout quelque chose de nécessaire, qui doit faire partie de sa vie.


      Ensuite, Albane Gellé nous a fait part de sa vision de la poésie. Elle avoue ne jamais pouvoir s'en détacher, car c'est une richesse, un rapport qu'elle entretient avec le monde. De son point de vue, la poésie offre la liberté de tisser les mots et de manipuler le langage comme elle se sent. Elle a d'ailleurs ajouté que la poésie souffrait de clichés et a cité l'exemple des poémes en vers qu'on apprenait à l'école primaire. Selon l'auteure, la poésie doit être reliée au réel, à la vie et ne doit pas être « systématique ».

 

      Enfin, la poète nous a éclairés sur son recueil de poèmes Si je suis de ce monde, en commençant par expliquer l'origine du titre. Dans le cadre de l'exposition « Tenir debout » au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, on lui a demandé d'écrire autour de deux mots : "tenir debout". Il s'agissait donc d'une sorte de commande, mais cela lui a finalement donné envie d'écrire d'autres poèmes. Elle avait en tête, depuis plusieurs années, l'expression « Si je suis de ce monde », et a trouvé qu'elle conviendrait parfaitement comme titre à son nouveau recueil : il faut bien tenir debout, malgré un monde qui n'est pas toujours rose,explique-t-elle. Si l'on s'intéresse maintenant au contenu du recueil, on peut s'interroger sur la grammaire désordonnée de tous les poèmes. Albane Gellé explique que l'absence de ponctuation n'était pas un choix de départ, mais au fur et à mesure qu'elle écrivait, elle a trouvé que ses poèmes « respiraient » mieux ainsi. Par ailleurs, le poème de quatrième de couverture est un choix de son éditeur, mais il s'agit de l'un des poèmes préférés de la poète. Les poèmes qu'elle aime le plus sont ceux qu'elle est en train d'écrire, parce qu'elle s'en sent plus proche. Elle écrit en fonction de son état d'esprit du moment, mais une fois qu'ils ont été publiés, ils ne lui appartiennent plus. Le choix de l'ordre des poèmes est l'étape finale. Albane Gellé a sa façon à elle de procéder : elle éparpille tous les poèmes sur le sol d'une grande pièce vide, et construit le recueil comme un « chemin ». Elle préfère d'ailleurs appeler son recueil un livre, puisqu'il possède un début et une fin.

 

***

 

      J'ai trouvé cette rencontre très intéressante, d'abord parce qu'on pouvait échanger librement avec la poète, et qu'elle répondait spontanément. Elle est arrivée sans notes, sans discours préparé et a répondu en toute sincérité à nos questions. Elle nous a dévoilé sa vision de la poésie, nous a fait découvrir sa passion et pourquoi elle a fait de la poésie son métier. Par ailleurs, en classe nous étudions uniquement des poètes disparus, dont on peut contester le sens des textes puisqu'ils ne sont pas là pour nous éclairer. Le fait d'échanger avec une poète de son vivant, capable de nous expliquer elle-même ce qu'elle a voulu dire était donc très enrichissant.

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Rédigé par Lettres

Publié dans #Printemps des poètes 2014 - Albane Gellé

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Publié le 3 Mai 2014

 

     Dans le cadre du Printemps des Poètes, la classe de première ES2 a eu le privilège de rencontrer le poète Albane Gellé, accompagnée d'un représentant La Maison de La Poésie de Rennes.


     Durant cette entrevue, les élèves ont d'abord proposé un travail de lecture dynamique de certains poèmes du recueil Tenir Debout, puis ils ont pu poser des questions sur le métier d'écrivain, sur la poésie et sur le recueil lui-même.

 

     Albane Gellé ne considère pas la poésie comme son métier, mais comme une passion survenue autour de 7-8 ans, suite à une « blessure du langage » qui a pris une grande place dans sa vie. En effet, petite, le poète avait beaucoup de mal à s'exprimer à l'oral. L'écriture de ses poèmes fut donc, pour elle, un moyen de contrer cette gêne. La poésie lui permet de tisser le langage comme elle le sent. Le déclic de rédiger ses propres recueils se fit à la lecture d'un des recueils d'Antoine Emaz.

 

     Ensuite, le poète nous a confié que, pour elle, la poésie est une forme d'expression qui concerne tout le monde. Elle dit « la poésie est non éphémère, elle s'impose dans le temps ». Les poèmes d'Albane sont bâtis sur ses expériences ; elle affirme n'appartenir à aucun mouvement littéraire précis et suivre les registres lyriques et formalistes. Le poète est toujours en quête d'amélioration de ses poèmes.


     Pour finir, les questions se sont portées sur son recueil Si je suis de ce monde écrit en marge de l'exposition Tenir Debout au musée des Beaux-arts de Valenciennes. Les poèmes écrits pour l'exposition comportent tous le mot « Tenir » au début des poèmes et le mot « Debout » à la fin. Dans ses poèmes, elle nous présente un monde pas toujours joyeux, avec l'idée de résister face aux difficultés. Albane Gellé nous a expliqué qu'après l'écriture de plusieurs poèmes pour l'exposition, elle a décidé de continuer et d'en faire un recueil.


     L'absence de ponctuation est voulue, car elle permet au lecteur de faire sa propre interprétation. L'ordre des textes est un peu dû au hasard, puisqu'elle a placé tous les poèmes dans une pièce vide et les a assemblés de manière à ce qu'il n'y en ait pas qui se ressemblent par le sens. Elle a accordé beaucoup plus d'importance aux poèmes d'ouverture et de fermeture de son recueil.

 

     La rencontre s'est terminée avec un petit atelier dirigé par Albane Gellé : il s'agissait de chercher différents mots de différentes catégories et de construire un poème en cherchant un sens ou un lien entre les mots, ce qui était plutôt sympathique !

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Publié le 3 Mai 2014

 

 

albane-gelle.jpg          Albane Gellé est une poète française, née à Guérande en 1971. La publication d'oeuvres comme Nous valsons, Je te nous aime, L'air libre, ou encore De père en fille s'accompagne de rencontres, et d'animation d'ateliers d'écriture. Elle publie, avec le soutien de l'association Tenir, Debout, un recueil de poèmes intitulé Si je suis de ce monde.

 

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Le recueil de poèmes Si je suis de ce monde



         L'association Tenir Debout a donné son nom à une exposition au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, de novembre 2011 à mars 2012. Cette association assure la promotion d'artistes, et de l'art en général. Son but est la création de formes contemporaines en promouvant la rencontre, la diversité et la formation artistique. L'exposition éponyme a proposé une interrogation sur l'Homme, sur le corps et les limites de l'être et sur le rapport à l'autre. L'exposition avait un double sens : "Tenir debout", au propre, sur ses jambes, ou au figuré dans le simple fait d'être humain. Elle soulèvait aussi la question de la dignité de l'homme. Cette exposition avait donc une intonation humaniste, et avançait l'idée que l'homme vit d'une élévation ; elle proposait aussi un discours sur la société. Elle était construite en cinq sections : "pointer", "se tenir", "faire face", "faire bloc", "éprouver". "Tenir debout" contient une critique, une idée de résistance contre quelque chose, une réflexion sur la vie. Elle avait pour ambition de faire descendre l'Homme de son piédestal. La volonté du commissaire d'exposition était de construire une exposition à partir de méthodes artististiques différentes, de dispositifs différents, et de nombreuses installations. La seule loi de l'exposition, c'était que les créations tiennent debout, toutes seules, comme celle-ci :


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Cette photographie a été réalisée par William Wegman, l'un des 35 artistes

contemporains participant à l'exposition. On y compte au total 80 oeuvres.


          Tout type de matériau, de figures étaient autorisés. Afin d'y inclure toutes  les formes d'art et d'artistes, le commissaire d'exposition voulait aussi y inclure la poésie, d'où la présence d'Albane Gellé. En voyant ces oeuvres, Albane Gellé a trouvé l'inspiration, et a commencé à écrire. Un, puis deux, puis trois poèmes. Si je suis de ce monde est le résultat de l'accumulation de ces poèmes. Le titre est symbolique, puisque la poète explique : "Si je suis de ce monde, il faudra bien tenir debout".



Albane Gellé, poète depuis toujours

         "Depuis toujours", répond-elle du tac au tac lorque l'on demande à Albane Gellé depuis quand elle écrit. Enfant déjà, elle écrit des poèmes. L'écriture, pour elle, est alors un rempart contre le silence, ce silence dans lequel la fillette, timide et mal à l'aise, s'enferme. Elle le dit elle-même, la poésie a été pour elle un refuge, un lieu sûr face au handicap de l'oral, soigné par les rimes et les alexandrins nés de sa plume. Très vite, elle a su que la poésie était le plus important, "quelque chose de nécessaire", un. En 1990, alors qu'elle a dix-neuf ans, elle rencontre Louis Dubost, directeur des éditions du Dé bleu, qui lui conseille de se rapprocher de la Maison de la poésie de Nantes, une association qui a pour but de diffuser la poésie auprès du grand public, d'en faire connaître la diversité, la richesse, et de promouvoir des échanges autour de la poésie. Ainsi, de ses vingt à vingt-cinq ans, elle découvre véritablement la poésie, entre lectures et rencontres. Le soutien de ses parents, qui l'ont encouragée à faire ce qu'elle aimait, a fini par faire d'elle une poète à part entière. Plus tard, Albane Gellé tentera par ailleurs de concilier poésie et métier d'institutrice, sans y parvenir : la poésie reste pour l'auteure "un axe, une colonne vertébrale, qui [la] fait tenir debout".



Le choix de la poésie, un domaine de liberté

           Parmi une palette très étendue de genres, Albane Gellé a choisi la poésie. Pourquoi ? Cela lui laisse le temps de penser, le temps d'être libre. La poésie pour elle, c'est "un domaine de liberté". En fait, la poésie n'a pas vraiment été une décision pour elle. Le genre l'inspire, c'est pour elle une "histoire de respiration, de souffle", que l'on ne trouve pas, ou moins dans d'autres genres littéraires, comme dans le roman. La construction d'une histoire lui demande un effort, alors que la poésie lui vient naturellement.



Une conception de la poésie, entre introspection et ouverture à l'autre

            Albane Gellé a une conception particulière de ce genre qu'elle a choisi : elle court à la recherche du bonheur, dans une introspection permanente. Cependant, au-delà de ce repli sur elle-même, la poésie lui permet grâce à des événements comme le Printemps des Poètes, d'échanger avec d'autres personnes lors de rencontres dans des maisons de retraite, des lycées, des prisons, des hôpitaux psychiatriques... C'est cet équilibre entre deux pôles, la solitude et l'extérieur, qui lui plaît dans le métier : selon elle, "la langue se nourrit du réel, de la rencontre".

              La poésie pour elle est une expression de soi, et des autres. "Un poème est habité par quelqu'un", l'auteur, qui se dévoile. D'ailleurs, la publication de ses livres lui laisse toujours une part d'émotion, due à cette part d'intimité qui s'envole. Bien sûr, elle garde certains poèmes, trop intimes, pour elle, au fond d'un tiroir. Mais selon elle, l'intime est moins intéressant pour l'autre.



La poésie, entre inspirations et style personnel

              Albane Gellé tire son inspiration de domaines variés : tout ce qu'elle entend, tout ce qu'elle voit, sent, goûte est propice à l'écriture. Cette exploitation de tout ce qui l'entoure lui permet d'avoir un rapport au monde différent, ce qui est selon elle une richesse.

                Ses nombreuses lectures lui permettent de "se nourri[r] de ce [qu'elle] lit". En effet, vers vingt ans, elle rencontre Antoine Emaz, poète, dont l'écriture la fascine. Elle s'inspire alors beaucoup de son oeuvre, mais au fil des ans son propre style apparaît, même si les oeuvres qu'elle lit ou qu'elle a lues dans le passé laissent une trace dans son écriture, parfois sans même qu'elle s'en rende compte. "On a oublié qu'on savait, on a oublié qu'on a lu, on a oublié qu'on a vécu", glisse-t-elle à ce propos.

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Antoine Emaz, poète

 

              Son style, elle semble ne pas pouvoir le définir ; elle saurait décrire celui des autres, comme celui d'Emaz, mais pas le sien. Elle l'admet, on retrouve dans sa poésie des "tics, des choses qui reviennent", comme l'absence de ponctuation dans le recueil Si je suis de ce monde. Lorsqu'on l'interroge sur ce choix, elle précise que ça n'a pas été une décision de départ, mais plus un rythme qui s'est installé au fil des pages ; plus elle écrivait, plus les virgules disparaissaient. Malgré son style atypique, la poète refuse de s'inscrire dans un mouvement donné. D'ailleurs, peut on encore parler de mouvement littéraire à l'heure actuelle ? Pour elle, il y en a deux : un courant lyrique, et un autre plus formaliste. Albane Gellé se place entre les deux.



Un travail étape par étape

           "On pense à partir de ce qu'on écrit", écrit Aragon. Lorsqu'elle travaille, Albane Gellé applique cette règle. En effet, elle ne commence jamais un poème ex nihilo, à partir d'une simple page blanche. "C'est horrible !", s'exclame-t-elle lorqu'on évoque cette fameuse page blanche, qu'elle contre en tenant de nombreux carnets, griffonnant des notes par ci par là, écrivant au fur et à mesure, se laissant porter par son imagination. Quand elle commence à rédiger un poème, elle ne sait pas de quoi la suite sera faite. C'est à partir de cette écriture quasi automatique qu'elle retravaille ses textes. 


           On oublie parfois que la poésie, de l'Antiquité au XVIème siècle, était chantée et non lue. Albane Gellé elle, s'en souvient, en expliquant avoir besoin d'entendre ses poèmes après les avoir rédigés. "La poésie, il faut la réentendre, réentendre les mots", glisse-t-elle. Et comme preuve de cette affirmation, elle se plie volontiers au jeu de la lecture de quelque uns de ses poèmes. Cela fonctionne : certains textes, parfois difficiles ou mal compris, prennent sens lorsqu'ils sont prononcés par l'auteure.


            Albane Gellé considère son oeuvre Si je suis de ce monde comme un livre plus qu'un poème, par sa construction et son ordre. En effet l'étape finale consiste à choisir l'ordre des poèmes dans le recueil. Pour ce faire, l'auteure étale l'ensemble des feuilles sur le sol et choisit. Ce n'est pas un hasard si tel poème suit ou précède tel autre ; il y a une véritable recherche, en fonction des thèmes, des sonorités des différents textes, le choix du premier et du dernier poème étant bien sûr primordial.


            Ce poème, figurant sur la quatrième de couverture de Si je suis de ce monde, est le préféré de l'auteure. Pourtant, sa place est un choix de l'éditeur.

 

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              La publication du recueil marque l'achèvement du travail du poète. Malgré tout, Albane Gellé affirme que le meilleur livre est toujours celui qu'elle est en train d'écrire. Finalement, c'est dans une quête de perfection qu'elle se lance à travers la poésie...



Une valeur universelle et intemporelle

               Une question apparaît à chaque lecteur au cours de son existence : l'écrivain, qu'il soit poète, dramaturge ou romancier, pense-t-il toujours à tout ? Les figures de style, sensations, sonorités, rythmes, tons ont-ils été intensément réflechis au préalable ? Albane Gellé affirme que dans une oeuvre, il n'y a pas de sens unique, c'est au lecteur de ressentir la poésie. Pourtant, la poésie éveille aussi la peur chez de nombreuses personnes  : celle de ne pas comprendre, de ne pas se sentir concerné. Cette peur est due à l'aspect mystérieux, imaginaire de la poésie. Or elle concerne chaque lecteur. Chacun interprète un texte différemment ; une oeuvre, un poème, une ligne, peut donner de l'émotion à un lecteur et laisser son voisin de marbre ; on peut également ressentir de l'émotion, et aimer un poème que l'on ne comprend pas ! La poésie a donc pour Albane Gellé une valeur universelle, qui s'inscrit également dans la durée, même si le poète laisse une part d'éphémère. Mais l'auteure explique que "les livres vivent" : des livres sont publiés, d'autres, plus anciens, sont réedités... ainsi ce qui s'applique à la poésie est valable, selon elle, à la littérature en général.

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Publié dans #Printemps des poètes 2014 - Albane Gellé

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Publié le 3 Mai 2014

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      Albane Gellé est née en 1971 à Guérande et à Saumur ou elle anime l'association La maison des Littératures. Elle se déplace en France pour des lectures publiques et des interventions autour de la poésie.


      Elle a commencé à écrire très jeune et l'écriture "a fait suite à une blessure du langage". C'est à 19 ans qu'elle rencontre Louis Dubost, directeur des éditions du Dé bleu qui lui conseille de se rapprocher de la Maison de la poésie de Nantes. Elle y sera bénévole pendant quelques temps. Son objectif est de "dire au plus juste les émotions. Avec l'exigence de tenir l'équilibre entre l'intime et l'univers." Elle affirme que "la poésie parle de choses qui concernent tout le monde et avec les mots du quotidien. " Et elle ajoute : " Peut-être qu'aujourd'hui, on se rend compte qu'il est important d'aller à l'essentiel que l'on porte en soi, pour ne pas se perdre dans un monde qui va trop vite."


      Bibliographie

  • Nous valsons, éd. Potentille, 2012

  • Voilà, Contre-allées, 2012

  • Si je suis de ce monde, Cheyne, 2012

  • Je, cheval, Jacques Brémond, 2007

  • Je te nous aime , Cheyne, 2004

  • Quelques , Inventaire/Invention, 2004

  • Aucun silence bien sûr, éd. Le Dé bleu, 2002

  • L'air libre, le Dé bleu, 2002

  • Un bruit de verre en elle, éd. Inventaire-Invention, Paris, mars 2002

  • De père en fille, éd. Le chat qui tousse, Cordemais, octobre 2001

  • En toutes circonstances, éd. Le Dé bleu, Chaillé sous ormeaux, octobre, 2001

  • Hors du bocal, éd. Le chat qui tousse, Cordemais, Octobre 1997

  • A, partir d'un doute éd. Voie publique, Nantes, Mars 1993

 

      Nous avons rencontré Albane Gellé, le jeudi 20 février. Tout d'abord, nous avons pu mettre en voix quelques poèmes de son recueil Si je suis de ce monde ; puis nous avons pu l'interroger sur son métier, sa conception de la poésie et son recueil.

 

     Albane Gellé n'appartient à aucun courant en particulier. En effet, elle s'intéresse tout aussi bien à la poésie lyrique que formaliste.


      Elle écrit depuis son enfance. A ce moment-là, l'écriture était un refuge, un lieu sûr. En effet, elle avait des difficultés pour s'exprimer et dire ce qu'elle ressentait. La poésie était alors un passe-temps, puis elle s'est de plus en plus interrogée sur son utilité. Au fil des années, elle a compris que la poésie lui était indispensable. C'est donc à la fois un métier et une passion. Pendant ses années d'études, alors qu'elle était en faculté de lettres à Nantes, elle fréquentait la Maison de la poésie et c'est là qu'elle a rencontré de nombreux poètes et éditeurs notamment le poète Emaz qui lui a fait découvrir un nouvel univers.


      Son inspiration se nourrit de tout ce qu'elle a lu (poèmes, romans...) et de son quotidien (son expérience personnelle et le monde qui l'entoure, les autres, les actualités...). Elle pense que la poésie vient du «moi intérieur», du subconscient (sans qu'elle s'en aperçoive forcément) et du conscient.


      Pour elle, l'écriture permet de faire entendre sa propre voix en lien avec toutes les autres ; elle explique que la « voix de soi » est une voix qui fait écho à toutes les autres. Pour cela, il faut un équilibre entre se déplacer pour rencontrer des classes, d'autres poètes et la solitude de l'écriture. Cependant, le voyage n'est pas, pour elle, un moyen d'alimenter son inspiration. La poésie est également une adresse à l'autre, elle est l'expression à la fois de soi et des autres. Elle change au cours du temps puisque, selon Albane Gellé, un poème est « habité » par quelqu'un, à travers les émotions qu'il transmet. Elle cite Aragon : « On pense à partir de ce qu'on écrit », il s'agit,  commente-t-elle, d'entendre ce qu'on écrit, de le ressentir, de le vivre.


     Mais la poète regrette que la poésie souffre de clichés comme le fait qu'elle soit considérée comme quelque chose d'abstrait ou de trop ancien pour être encore valable aujourd'hui. Elle cite JP. Siméon : « Il faut aimer ce que l'on ne comprend pas » : la poésie doit toucher toutes les générations. De plus, l'auteur peut voir, découvrir de nouvelles choses à travers le regard des lecteurs. Elle trouve plus intéressant de se demander ce que le lecteur pense et ressent lors de sa lecture parce qu'elle ne sait absolument pas ce qu'elle va écrire l'instant d'après ; les mots viennent d'eux-mêmes.

 

     Le musée de Valenciennes a contacté quelques écrivains dont A.Gellé afin d'écrire pour une exposition, la seule contrainte étant de faire naître l’œuvre de l'expression « tenir debout ». Cependant, elle a eu envie de continuer à écrire sur ce thème et ceci a donné lieu à son dernier recueil Si je suis de ce monde. Cette expression est une belle ouverture. En effet, à partir du moment où l'on accepte de faire partie du monde, de rester sur terre il faut tenir debout, tenir ferme malgré un monde à l'apparence assez effrayant.


      Chaque poème forme un petit bloc et contient peu de ponctuation parce qu'elle a l'impression que cela « sonne » plus juste et donne une sensation de mieux respirer ; seul le point final évoque la clôture du poème. Ensuite, l'ordre des poèmes dans le recueil forme comme un chemin.


      Elle aimerait bien écrire un roman mais elle trouve cela difficile, car elle a l'impression de perdre « sa petite voix » et la « tension du langage ». Au contraire, la poésie lui permet de "tenir debout".


      Dès que le dernier recueil est publié, A.Gellé commence à réfléchir au prochain. Le futur livre reste son préféré, puisqu'il est celui du moment présent.

 

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Publié le 27 Avril 2014

 

 

      A la fin de la rencontre, A.Gellé nous a lu quelques poèmes de son dernier recueil et nous a proposé un petit exercice poétique. Elle nous d'abord demandé de penser à un arbre, à un parfum, à un animal, à des mots qui nous venaient à l'esprit, à un mois, à un proverbe, à une couleur, une matière, une chanson,...Puis nous avons mis tous ces mots en poème.

 

Dans la royauté, le bois et la chapelle en calcaire,

vole l'oiseau bleu azur en mai,

un saule pleureur,

odeur de citron, image de dauphin gris, de jardin.

Carpe diem et plaisir.

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Publié le 27 Avril 2014

 

             Albane Gellé, en guise de conclusion, nous propose de nous essayer au métier de poète...




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Publié le 27 Avril 2014

Souvenirs des saisons, souvenirs de rires,

De novembre aux cerisiers dans la forêt,

La chouette chevêche blanc nacré, douceur soie,

Pense à souris et miel,

     Elle a un violon d’Ingres.

 

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Publié le 27 Avril 2014

Le chêne sucré et le cabillaud sous pression

ont des mémoires techniques

Les papillons pourpres de la plage

d’Hendaye en Août ont la couleur de la nuit

des galets et des mots

Merci qui ?

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Publié le 27 Avril 2014

Cerisiers aux fleurs rouges

écorce noueuse dans les monts

au milieu des brumes


calme contrastant

avec mon esprit embrasé.

 

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